Accueil ACTUALITÉ ALLEMAGNE : Le Réseau sahraoui réclame un référendum d’autodétermination

ALLEMAGNE : Le Réseau sahraoui réclame un référendum d’autodétermination

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À l’occasion du 50e anniversaire de la proclamation de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), plus de 80 pays ont reconnu l’État sahraoui et ont célébré ce cinquantenaire, témoignant d’une reconnaissance internationale croissante. La RASD entretient des relations de coopération et d’amitié avec de nombreux États et a noué des partenariats solides en Asie et en Amérique latine. Dans ce contexte, le Réseau de soutien au peuple sahraoui en Allemagne a réaffirmé le droit inaliénable du peuple sahraoui à organiser un référendum d’autodétermination sous l’égide des Nations unies. L’organisation a également dénoncé les violations des droits humains et l’exploitation des ressources naturelles par l’occupant marocain. Mohamed El Mamoun Ahmed, représentant du Front Polisario en Allemagne et membre du réseau, a souligné « l’urgence d’organiser un référendum comme solution démocratique pour la décolonisation du Sahara occidental », considérant cette étape comme essentielle pour garantir le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination. Le réseau, regroupant plusieurs associations européennes de défense des peuples menacés, a lancé un appel au gouvernement fédéral allemand pour « soutenir activement le droit inaliénable du peuple sahraoui et rejeter la prétendue souveraineté marocaine sur le Sahara occidental ». Laura Mahler, représentante de l’Association pour les peuples menacés (GfbV) pour l’Afrique subsaharienne, a dénoncé la prolongation de l’occupation marocaine depuis plus de cinquante ans. « C’est une honte », a-t-elle déclaré, rappelant que cette situation entraîne des violations systématiques des droits humains, l’exploitation des ressources et le déplacement forcé d’une génération entière, grandissant en exil ou sous occupation. Le réseau a appelé le gouvernement allemand à appliquer l’arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) de 2024 concernant les activités économiques des entreprises allemandes au Maroc et l’importation de biens provenant des territoires occupés, tout en condamnant publiquement les violations persistantes des droits humains. Thomas Schmidt, représentant de l’Association européenne des juristes pour la démocratie et les droits de l’Homme dans le monde (EJDM), a affirmé que « la lutte légitime du peuple sahraoui pour la liberté, la souveraineté et l’indépendance ne saurait être remplacée par des compromis artificiels visant à légitimer la poursuite de l’occupation » marocaine. Le 27 février 1976, le Front Polisario proclamait la création de la République arabe sahraouie démocratique, un État libre, indépendant et souverain, fondé sur la volonté libre du peuple sahraoui.

« Sahara occidental : État et colonie » met en lumière l’évolution juridique et institutionnelle de l’État sahraoui

Un nouvel ouvrage intitulé « Sahara occidental : État et colonie », signé par Manfred Heinz, professeur de droit à l’Université de Brême (Allemagne), Ahmed Mohamed Sid Ali, conseiller juridique à la Présidence de la République sahraouie, et Ama Lahbib, militante sahraouie établie en Allemagne, offre une analyse approfondie de l’évolution des institutions de l’État sahraoui dans leur volet juridique, au cœur de la lutte de libération nationale menée par le peuple sahraoui et le Front Polisario face à l’occupation marocaine. Les auteurs soulignent que ce livre constitue un apport majeur pour les études juridiques et institutionnelles sur le Sahara occidental. La présentation de l’ouvrage s’est tenue dimanche dernier à Alger, en présence de l’ambassadeur de la République sahraouie en Algérie, M. Khatri Addouh Khatri, ainsi que de présidents de partis politiques, de parlementaires et de militants soutenant la cause sahraouie, parmi lesquels Claude Mangin Asfari. Au cours de la présentation, Manfred Heinz a rappelé son engagement aux côtés de la cause sahraouie depuis la fin des années 1970, soulignant que cinquante années se sont écoulées alors que le peuple sahraoui poursuit sa lutte pour libérer son pays toujours sous occupation. Analysant le contenu de l’ouvrage, l’auteur allemand a affirmé que « le Sahara occidental demeure une colonie », en insistant sur la responsabilité historique de l’Espagne dans le non-achèvement du processus de décolonisation, qui a ouvert la voie à l’occupation marocaine depuis 1975. Parallèlement, il a rappelé que le Sahara occidental dispose de toutes les structures attendues d’un État, mettant en avant l’évolution de la Constitution sahraouie, notamment sa version de 2023, conforme aux standards constitutionnels internationaux. L’ouvrage comprend également une traduction en anglais de la Constitution sahraouie, les statuts du Front Polisario, ainsi que des extraits de trois arrêts de la Cour de justice de l’Union européenne, un résumé de la décision de la Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples, et un résumé du jugement du tribunal de Port Elizabeth (Afrique du Sud) ayant ordonné la saisie d’une cargaison de phosphate issue du pillage des ressources sahraouies. Enfin, le livre liste les États reconnaissant la République sahraouie et les conventions internationales dans lesquelles elle est partie. Les participants au débat ont salué ce type de publication, soulignant son rôle dans le soutien à la cause sahraouie et au combat du peuple sahraoui pour l’autodétermination et l’indépendance.

M. Seghilani

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