Affaiblis par un maillage systématique aux frontières ouest : les narcotrafiquants se recyclent

Alors que la Gendarmerie nationale renforce son dispositif sécuritaire sur la bande frontalière ouest du pays pour étouffer les contrebandiers provenant du Maroc, ces derniers ne se découragent pas et inventent de nouvelles méthodes et «créneaux» de trafic. Ces troupes de contrebandiers, dont la Gendarmerie nationale à étouffé la plupart de leur tentatives d’acheminer du kif traité, se sont converties au transfert des grains et huile de cannabis destinés à être plantés en Algérie. À Maghnia, dans la wilaya de Tlemcen, les brigades du 1er groupement de gardes-frontières (GGF) ont réussi, récemment, à saisir des quantités importantes de graines et de l’huile de cannabis. Cette opération confirme les difficultés que rencontrent les narcotrafiquants à acheminer leurs produits sur cette bande frontalière. Ils se sont reconvertis à cette méthode de trafic dans l’espoir d’amortir les pertes financière causées par la saisie de plusieurs tonnes de drogue face à un dispositif sécuritaire de plus en plus vigilant. La tentative d’introduction de l’huile et des graines du cannabis en Algérie est une manière de déjouer la vigilance des éléments de la Gendarmerie nationale avertis sur toutes les méthodes utilisées dans ce domaine. Cette vigilance leur a permis, depuis le début de l’année en cours, et selon le bilan de la gendarmerie des wilayas de l’Ouest du pays, de récupérer plus de cinquante tonnes de kif traité. Ce chiffre représente un taux de 60% du total des saisies réalisées, par tous les services de sécurité confondus, depuis le début de l’année à travers l’ensemble du territoire national. Des chiffres qui dénotent du risque omniprésent et l’activité importante des contrebandiers au niveau des frontières algéro-marocaines. Les différentes tentatives d’introduction de nouveaux produits, les graines de cannabis notamment, visent, selon les spécialistes très au fait du trafic de drogue, à encourager la production sur le territoire algérien. Il est également question de prospecter de nouveaux marchés pour répondre à une éventuelle demande autre que celle des produits traditionnels (kif traité). Devant les obstacles terrestres auxquels ils font face, les trafiquants trouvent d’autres itinéraires à acheminer leurs marchandises, en bravant le risque même des voies maritimes. C’est dans ce cadre que le groupement territorial de la Gendarmerie nationale de Aïn Témouchent ait pu repérer, en six reprises, des colis de 20 à 30 kg chargés de kif sur les plages de la wilaya, rejetés par les vagues.

Des découvertes qui confirment encore que les trafiquants évitent les frontières terrestres, sous la loupe et cadenassées par la Gendarmerie. Toutes ces données montrent encore que les réseaux de trafic international du kif traité sont confrontés à une crise d’acheminement de leurs produits malgré l’innovation récurrente des réseaux et méthodes pour passer inaperçus. Outre le renforcement de l’effectif, des postes de surveillance et des unités de contrôle sur toutes les lignes frontalières, la Gendarmerie nationale maîtrise la répartition des brigades en patrouille, véhiculées et pédestres. Ces brigades veillent en permanence à l’occupation efficace de l’espace et du temps, et ce, en sus des tranchés et obstacles érigés, récemment, au long des frontières de l’Ouest.

800 baudets interceptés aux frontières
Parmi les méthodes utilisées par les narcotrafiquants, l’on signale le transport à bord des baudets. Ce moyen est très utilisé dans cette région qui connaît, ces dernières années, une forte activité du trafic de mazout, des produits alimentaires locaux subventionnés par l’État, causant une véritable saignée à l’économie nationale.
La réalisation des obstacles, découverts récemment par la presse nationale lors d’une visite organisée par le commandement de la Gendarmerie nationale, a coïncidé avec la pose, par le Maroc, d’une clôture à quelques mètres de la ligne séparant les deux pays. Cependant, il a été remarqué que cette clôture est loin d’être rassurante puisque des brèches ont été remarquées au niveau des zones réputées pour l’activité intensive de la contrebande. Signalons que cette contrée est marquée par sa topographie complexe facilitant la tâche aux trafiquants sur ces zones, tout comme au niveau des lieux d’habitations des deux bords de la frontière. Ces conditions topographiques facilitent le déplacement de convois entiers, chargés de jerrycans de carburant et de produits alimentaires subventionnés par l’État, destinés aux marchés à bas prix. À Bab el-Assa dans la wilaya de Tlemcen, les éléments du 19e Groupement des gardes-frontières (GGF) signalent l’utilisation des baudets pour le transport de ce produit énergétique. Cependant, ces bêtes entraînées, malgré elles, à suivre des itinéraires précis, arrivent tant bien que mal à atteindre leurs destinations finales. Elles font face aux difficultés de passer sinon, interceptées par le dispositif sécuritaire mis en place. Dans ce sens, les brigades des gardes-frontières de Tlemcen déclarent avoir réussi à saisir plus d’un demi million de litres de carburant durant les sept mois de l’année en cours, contre 320 000 litres l’année écoulée. Le bilan du 19e GGF de Bab el-Assa montre également que plus de 800 baudets utilisés dans la contrebande du mazout algérien ont été interceptés. Le recours aux baudets évite aux trafiquants les risques de tomber dans les filets des gendarmes, a expliqué aux journalistes le commandant de ce groupement, le lieutenant-colonel Abdelwahab Benaffia.
La gendarmerie de Bab el-Assa fait également état de la saisie de 82 véhicules utilisés dans la contrebande, alors que 43 trafiquants ont été arrêtés et déférés devant la justice. Sur un autre volet, 208 ressortissants africains, candidats à l’immigration clandestine, ont été également interceptés. Le même groupement déclare avoir traité, durant la même période, des affaires liées à la contrebande ayant touché des marchandises diverses, dont 11 tonnes de produits alimentaires et 4 tonnes de cuivre. Actuellement, les autorités de la wilaya de Tlemcen procèdent, à proximité du site balnéaire de Marsa ben-M’hidi, situé à quelques mètres de la plage marocaine « Saïdiya », à la pose d’une grille sur une distance de 2 km pour éviter tous risques de passage anarchique de la frontière entre les deux pays.
Salim Nasri et APS

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