Le bilan des accidents de la circulation enregistrés au cours des dernières 24 heures vient une nouvelle fois rappeler l’ampleur du fléau routier en Algérie. Avec 13 décès et 285 blessés, dont plusieurs dans des accidents impliquant des véhicules de transport de voyageurs, la question de la sécurité routière demeure plus que jamais d’actualité.
Selon un bilan de la Protection civile, ses unités ont enregistré 215 interventions à travers différents axes routiers du pays, permettant notamment de prodiguer les premiers soins aux victimes avant leur évacuation vers les établissements hospitaliers.
Naâma, un nouveau drame impliquant un bus
Cette lourde journée a notamment été marquée par le grave accident survenu hier à Aïn Sefra, dans la wilaya de Naâma, où le renversement d’un bus de transport de voyageurs a fait six morts et 31 blessés. L’accident s’est produit sur la RN6 après que le bus a dévié de sa trajectoire avant de se renverser. Ce nouveau drame met en évidence la gravité particulière des accidents impliquant les bus et autocars. Au-delà du bilan humain immédiat, ces accidents touchent un nombre important de passagers et peuvent transformer, en quelques secondes, un trajet quotidien en véritable tragédie.
Dans ce cadre, il est important de savoir que si l’amélioration des infrastructures routières et le renouvellement du parc automobile constituent des leviers importants de la sécurité routière, ils ne sauraient, à eux seuls, mettre fin à l’hécatombe sur les routes. Le maillon le plus important de la chaîne de sécurité reste l’être humain. Le comportement du conducteur, son état de vigilance, le respect des limitations de vitesse, des temps de repos et du code de la route sont déterminants, particulièrement dans le transport collectif où le conducteur porte la responsabilité de dizaines de vies. La prévention doit ainsi occuper une place centrale, à travers le renforcement des campagnes de sensibilisation destinées aux conducteurs professionnels, mais également par des programmes réguliers de formation et de recyclage. La maîtrise de la conduite, la gestion de la fatigue, la prévention des comportements à risque et la connaissance des règles de sécurité doivent faire partie intégrante de la formation des chauffeurs.
Certe, la modernisation du réseau routier et le renouvellement des véhicules anciens sont nécessaires pour améliorer la sécurité. Mais ces efforts doivent être accompagnés d’un contrôle rigoureux de l’état mécanique des véhicules, notamment des bus, ainsi que d’un suivi plus strict des conditions de travail et de conduite des professionnels. Le respect des règles doit également être garanti par des contrôles réguliers et des sanctions effectives contre les comportements dangereux. L’objectif n’est pas uniquement de sanctionner après l’accident, mais surtout de prévenir les comportements susceptibles de provoquer un drame.
Le lourd bilan enregistré ces dernières 24 heures, aggravé par le drame de Naâma, rappelle ainsi qu’une véritable politique de sécurité routière doit reposer sur une approche globale : des routes sûres, des véhicules en bon état, des conducteurs correctement formés et sensibilisés, et un contrôle strict du respect de la réglementation. Car sur la route, la prévention ne se mesure pas seulement en kilomètres de chaussée rénovés ou en véhicules renouvelés : elle se mesure avant tout au nombre de vies épargnées.
Sarah O.













































