Les mesures sont nombreuses. Les institutions qui les prennent aussi. Le gouvernement est en ordre de bataille. L’objectif étant de protéger nos réserves de change et de moraliser le commerce extérieur. Le dernier Journal officiel ne comporte pas moins de 2 arrêtés pour un même objectif. L’un émanant du ministère de la Justice « portant nomination des agents de la Banque centrale habilités à constater l’infraction à la législation et à la réglementation des changes et des mouvements de capitaux de et vers l’étranger ». Ils sont 21 contrôleurs désignés nommément. Vu le nombre, leur champ d’action doit se situer entre la plateforme numérique du ministère du commerce extérieur, la Banque centrale, les Douanes et le fisc. Ils sont dans le rôle d’enquêteurs chargés de débusquer d’éventuels fraudeurs en compilant et en recoupant des données. L’autre arrêté est signé par le gouverneur de la Banque centrale et a trait « aux règles applicables aux transactions courantes avec l’étranger et aux comptes devises… L’exportateur doit rapatrier la recette provenant de l’exportation dans un délai n’excédant pas cent vingt (120) jours, à compter de la date d’expédition pour les biens ou de la date de réalisation pour les services. Néanmoins, lorsque le délai de règlement accordé par l’exportateur au client non résident est supérieur à cent vingt (120) jours et dans la limite maximale de cent quatre-vingts (180) jours… Le délai de cent quatre-vingts (180) jours constitue le maximum que peut accorder un exportateur à son client non résident. Le délai de paiement doit expressément être transcrit dans le contrat commercial. En tout état de cause, le rapatriement du produit de l’exportation doit intervenir le jour de son paiement par le client non résident». Ceci pour l’export qui veut se joindre à l’import dans le tripatouillage et le transfert illicite des devises du pays. Il faut dire que l’import a le plus longtemps sévi dans ce crime économique. Maintenant que la production nationale est en hausse, l’import est mécaniquement en baisse. Toujours mécaniquement, les excédents autorisent les opérateurs à exporter. Ce qui ouvre un nouveau « front » de surveillance des devises qui doivent être rapatriées après celui des importations qui consiste à contrôler les sorties de devises. À ces dépenses et recettes en devises fortes du commerce extérieur, s’ajoute l’autre phénomène de la « surfacturation » qui a son pendant de « sous facturation » dès que les exportations hors hydrocarbures ont commencé. Ce que le Chef de l’État, Abdelmadjid Tebboune, avait lui-même dénoncé. Ce sont de véritables sangsues qui saignent notre commerce extérieur. Et dire que c’est seulement depuis 2020 que ces réajustements pour la préservation des réserves de change du pays ont lieu. À voir tous ces anciens de nos cadres vivant à l’étranger sans travailler et menant une vie luxueuse avec leur famille, on comprend qu’avant 2020 c’était « Dar Khali Moh ». Tout le gouvernement est mobilisé contre ce fléau qui n’a que trop duré !
Zouhir Mebarki










































