
À l’issue des travaux du 3ème Sommet Russie-Afrique qui ont pris fin, jeudi soir à Moscou, un mécanisme d’action visant à approfondir le partenariat dans 19 domaines a été adopté. Il concerne, notamment, la sécurité, l’intelligence artificielle, l’agriculture, le commerce et les soins de santé, dans le cadre du plan d’action du Forum du partenariat Russie-Afrique pour la période 2027-2029. L’importance d’un dialogue politique permanent, de la participation institutionnelle et de la coordination sur les questions régionales et internationales, y compris la coopération au sein des Nations unies, sont soulignées par le plan d’action qui réaffirme l’engagement commun à renforcer le dialogue et à promouvoir la coopération dans les domaines d’intérêt commun. Le partenariat russo-africain repose sur deux piliers essentiels : la paix et la sécurité.
Le plan d’action propose des activités portant notamment sur la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée transnationale, l’échange d’expériences et le renforcement des capacités institutionnelles, en soutien à l’initiative de l’Union africaine (UA) visant à « faire taire les armes en Afrique à l’horizon 2030 ». En outre, le plan d’action définit les sciences, les technologies et l’innovation comme des domaines importants de coopération, notamment l’intelligence artificielle (IA), la transformation numérique, la sécurité cybernétique et les technologies spatiales. Il prévoit aussi la réalisation de recherches conjointes et la mise au point de systèmes d’alerte précoce fondés sur l’IA pour prévenir les risques de conflits, les urgences de santé publique et les catastrophes naturelles. Autres points essentiels du plan d’action : la coopération sur l’énergie, les infrastructures de transport, l’agriculture, la gestion des ressources en eau, l’adaptation aux changements climatiques, la santé, l’éducation, le commerce et l’investissement ; renforcement des capacités, échange de connaissances, partenariats académiques et développement des compétences techniques dans les pays africains ; échanges dans les domaines de la culture, du sport et de la participation des jeunes ; protection de l’enfance et préservation du patrimoine culturel. Le Sommet Russie-Afrique a adopté également une déclaration commune axée sur l’édification d’un monde multipolaire, le renforcement de la représentation africaine au sein des organisations internationales et la promotion d’un partenariat équitable, ainsi qu’une déclaration sur les utilisations civiles de l’intelligence artificielle.
La Russie n’ayant pas un passé colonial, le président russe Vladimir Poutine était à l’aise pour parler de « pied d’égalité » dans les relations avec les pays africains, contrairement aux pays occidentaux, ex-puissances coloniales, qui tentent de perpétuer le pillage des ressources de leurs ex-colonies sous de nouvelles formes, néocoloniales. La démarche de la Russie converge avec celle de nombre de pays africains, dont l’Algérie. Le président Poutine a opposé le partenariat russe aux pratiques coloniales, affirmant que les entreprises de son pays contribuaient au développement des économies africaines. Les échanges commerciaux entre la Russie et l’Afrique ont dépassé 27 milliards de dollars l’année dernière. « Nos milieux d’affaires s’engagent toujours à coopérer avec leurs partenaires africains de manière honnête, respectueuse, consciencieuse et sur un pied d’égalité. Ils ne réalisent pas de profits dans l’esprit des pratiques coloniales des anciennes métropoles, mais investissent et contribuent au développement des économies de vos pays », a-t-il déclaré lors de la séance plénière du Sommet Russie-Afrique.
Le président russe a souligné l’intérêt de la Russie à ce que les pays africains se développent, défendent leur souveraineté et assurent leur croissance économique. Il a noté les liens solides d’amitié et de partenariat étroit qui unissent Moscou et le continent africain. D’après lui, la Russie et l’Afrique sont des alliés naturels dans la construction d’un ordre mondial multipolaire et véritablement démocratique, libre de toute dictature et de tout double standard. Il a affirmé que les positions de la Russie et des pays africains sur les questions les plus actuelles de la politique mondiale sont proches, voire identiques.
M. R.










