Le directeur général de l’« Instance 302 pour la défense des droits des réfugiés palestiniens », Ali Houeidi, a alerté sur un recul marqué du rôle de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA), notamment dans les secteurs essentiels directement liés aux conditions de vie des réfugiés.
Dans des déclarations à la presse, Ali Houeidi a expliqué que les secteurs de l’éducation, de la santé, de l’aide humanitaire et des dispositifs de protection sociale ont subi, ces dernières périodes, plusieurs réductions budgétaires, administratives et opérationnelles. Ces mesures se répercutent directement sur la qualité et l’étendue des services proposés aux réfugiés dans les cinq zones d’opérations de l’agence : la bande de Ghaza, la Cisjordanie occupée, y compris El-Qods-Est, ainsi que la Jordanie, le Liban et la Syrie. Selon lui, l’UNRWA n’a pas cessé de fournir l’ensemble de ses services, mais sa capacité à répondre à l’augmentation des besoins s’est considérablement réduite. Les réfugiés constatent ainsi un écart grandissant entre leurs besoins réels et les prestations que l’agence est en mesure d’assurer.
Réduction et fusion des services
La crise financière ne se limite désormais plus aux déficits budgétaires de l’UNRWA, mais affecte également son fonctionnement. Ali Houeidi fait notamment état de la fusion d’écoles et de centres de santé, ainsi que de la réduction de plusieurs programmes d’aide et dispositifs sociaux dans certaines zones d’intervention. Pour le responsable, le choix de réduire les services essentiels afin de contenir le déficit revient à transférer le coût de la crise aux réfugiés. « Gérer le déficit au détriment de l’éducation, de la santé et de l’aide revient à faire payer au réfugié le prix d’une crise qu’il n’a pas provoquée », a-t-il estimé. L’enjeu est d’autant plus important que de larges catégories de réfugiés palestiniens dépendent des services de l’UNRWA, dont la mission dépasse l’aide d’urgence pour englober notamment l’éducation, les soins de santé, l’aide humanitaire et les services sociaux.
Vers un affaiblissement durable du rôle de l’agence
Ali Houeidi met également en garde contre un scénario allant au-delà de la fermeture ponctuelle d’un établissement ou de la suspension d’un programme. Selon lui, la poursuite des réductions pourrait conduire à une « dégradation progressive » du rôle opérationnel de l’UNRWA : l’agence conserverait son existence officielle, tout en voyant diminuer sa capacité à remplir concrètement le mandat pour lequel elle a été créée. Cette évolution placerait les réfugiés face à un double défi : l’augmentation continue de leurs besoins, d’une part, et la réduction des capacités de l’agence onusienne chargée de leur fournir des services, d’autre part. Le responsable de l’Instance 302 souligne ainsi que la priorité ne devrait pas être de chercher des alternatives à l’UNRWA, mais de restaurer sa capacité à mettre en œuvre son mandat, à travers un financement stable et durable permettant de préserver ses services essentiels et de les adapter à l’ampleur des besoins. La crise financière de l’agence remet ainsi au premier plan les interrogations sur l’avenir de ses services. Pour les réfugiés, ses conséquences se font directement sentir dans les établissements scolaires, les structures de santé, les programmes d’aide et les dispositifs de protection sociale. Ali Houeidi avertit que la poursuite d’une politique de réduction pourrait transformer un recul conjoncturel des services en affaiblissement durable du rôle opérationnel de l’UNRWA.
M. Seghilani
Accueil ACTUALITÉ ÉDUCATION, SANTÉ, AIDE HUMANITAIRE … : L’UNRWA réduit la voilure pour les Palestiniens














































