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UNE ANALYSE DE FINABI CONSEIL : Le crédit à la consommation profitable à l’industrie nationale

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Il y a une semaine, la Banque d’Algérie a adressé une note (n° 4) aux banques et établissements financiers concernant le développement de l’offre en matière de crédit à la consommation. Il s’agit de favoriser un accès plus large des ménages aux crédits à la consommation destinés exclusivement à l’acquisition de biens produits ou assemblés en Algérie. Ceci, naturellement, conformément aux dispositions légales et réglementaires en vigueur, notamment le décret exécutif du 12 mai 2015 relatif aux conditions et aux modalités d’offres en matière de crédit à la consommation. Les banques et les établissements financiers sont juste appelés à développer davantage leurs offres de crédit à la consommation, en veillant à leur accessibilité et à leur adéquation aux besoins de la clientèle et à assurer un traitement diligent des demandes de crédit, notamment en faisant appel aux canaux de distribution digitaux. À cet effet, ils doivent mobiliser les moyens appropriés pour améliorer l’accès de leur clientèle à ce type de financement. Les banques et les établissements financiers sont appelés à agir dans ce sens sans attendre, d’autant plus que la rentrée sociale arrive à grands pas avec ses exigences financières de tout ordre dépassant parfois les disponibilités en argent des ménages, d’où le recours au crédit. Le cabinet algérien Finabi Conseil, (Finance and Business Intelligence) a réagi à cette note de la Banque d’Algérie dans une analyse qui fait remarquer que ce texte peut contribuer à renforcer le rôle des banques dans le financement des particuliers, c’est d’ailleurs son but, tout en soutenant la demande adressée à l’industrie nationale. L’analyse fait ressortir l’écart en la matière par rapport aux pays voisins : à fin 2024, les ménages ne représentent qu’environ 12 % du crédit bancaire en Algérie, contre 24,8 % en Tunisie et 32,7 % au Maroc. C’est un écart considérable, estime le cabinet qui relève qu’il s’agit moins d’une faiblesse de la demande que d »une sous-intermédiation bancaire des ménages. Pour Finabi Conseil, « une partie du besoin de financement existe déjà, mais elle est satisfaite autrement : épargne préalable, et surtout ventes à tempérament directement proposées par les commerçants. Or ce financement hors banque est extrêmement coûteux (les taux de financement facturés par les commerçants dépassent les 50%) ! ». « En développant une offre bancaire plus compétitive, le système financier peut reprendre une activité réalisée en dehors de son bilan, avec plusieurs effets positifs : baisse du coût du financement pour le ménage, transparence des conditions et meilleure maîtrise du risque. » Le cabinet conseil explique que « la Note n°4 ne crée pas seulement une opportunité pour les banques. Elle peut permettre de transférer une partie du financement coûteux et informel vers le système bancaire, soutenir le pouvoir d’achat réel des ménages et surtout transformer le crédit en débouché supplémentaire pour l’industrie algérienne ». Le crédit à la consommation étant réservé aux biens produits ou assemblés en Algérie, son développement pourrait avoir un effet direct sur la demande adressée aux entreprises locales. Pour Finabi Conseil, « l’impact le plus intéressant est industriel ».
Il explique : « le crédit à la consommation algérien étant orienté vers les biens produits ou assemblés localement, chaque dinar supplémentaire de financement bancaire peut devenir un accélérateur de demande pour l’industrie nationale. » Autrement dit : « Pour un industriel, cela signifie potentiellement : davantage de volumes vendus, une rotation plus rapide des stocks, une meilleure utilisation des capacités de production et une visibilité accrue sur la demande ». C’est sous l’angle de la répartition du crédit bancaire, que Finabi Conseil appelle à analyser la Note n°4 de la Banque d’Algérie qui « mérite une lecture beaucoup plus large qu’une simple relance du crédit à la consommation ».
M. R.

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