Les opérations des services de sécurité filmés en train d’appréhender d’une façon musclée des délinquants et autres trafiquants de stupéfiants sortis de chez eux et embarqués dans des fourgons, font sensation sur les réseaux sociaux.
Les coups de filet contre les bandes de quartiers qui sèment la terreur parmi la population se multiplient à travers le pays. Chaque jour, les services de sécurité annoncent le démantèlement de réseaux criminels impliqués dans le trafic de drogue, le port d’armes prohibées, les agressions ou encore les atteintes à l’ordre public. Une mobilisation qui traduit la volonté des pouvoirs publics de restaurer durablement la sécurité dans les quartiers et de mettre fin au sentiment d’impunité dont profitent certains délinquants. À Alger, une vaste opération menée par les services de la police s’est soldée par l’arrestation de 42 individus et la saisie d’un important lot d’armes blanches et de quantités de drogues. La dernière opération en date a été menée par les services de la sûreté de wilaya d’El-Tarf. Les policiers de la daïra de Dréan ont démantelé une bande de quartier qui semait la peur parmi les habitants. 6 individus ont été arrêtés et une quantité importante d’armes blanches prohibées a été saisie. Cette intervention s’inscrit dans le cadre de la lutte contre les différentes formes de criminalité et contre les bandes qui menacent la sécurité des citoyens et la tranquillité publique, conformément à l’engagement des autorités de mettre fin à ce phénomène. Ces opérations qui illustrent une réalité de la lutte contre les bandes de quartiers ne se limitent pas aux trafiquants de drogue ou aux détenteurs d’armes. Elle visent également à rétablir l’autorité de la loi dans les espaces publics, là où certains individus tentent d’imposer leurs propres règles en intimidant les habitants. Dans plusieurs grandes villes, des groupes de jeunes s’approprient parfois des rues, des places ou des cités, multipliant provocations, violences, rodéos, dégradations ou occupations illicites des espaces communs. Ces comportements alimentent un climat d’insécurité qui prive les citoyens de leur droit fondamental à circuler et à vivre sereinement dans leur quartier.
Une responsabilité collective
L’action des services de sécurité demeure essentielle, mais elle ne peut, à elle seule, venir à bout de ce phénomène. La prévention et la lutte contre la délinquance nécessitent également l’implication des citoyens. Sans se substituer aux forces de l’ordre ni prendre de risques inconsidérés, chacun peut contribuer à la préservation de la sécurité collective en refusant de banaliser les actes de violence, les agressions, les dégradations ou les violations répétées des règles qui régissent les espaces publics. Signaler les faits aux autorités compétentes, soutenir les victimes et promouvoir une culture du respect de la loi participent à renforcer le lien entre la population et les institutions. La sécurité d’un quartier ne dépend pas uniquement de la présence policière. Elle repose aussi sur une vigilance citoyenne, une solidarité entre voisins et le refus collectif de laisser une minorité imposer la loi de la peur. La lutte contre les bandes de quartiers dépasse la seule dimension sécuritaire. Elle constitue un enjeu de cohésion sociale et de protection des jeunes contre les dérives de la criminalité organisée, souvent alimentée par les stupéfiants et les armes blanches. Les récentes opérations menées à travers le pays témoignent d’une intensification de cette lutte. Elles rappellent également que la reconquête durable des quartiers passe par une action coordonnée entre les institutions, les familles, les associations, les établissements scolaires et les citoyens, afin que l’espace public demeure un lieu de vie, de partage et de sécurité pour tous.
Ania N.












































