Les ressortissants de 50 pays, dont 30 pays africains, y compris l’Algérie, devront verser, au maximum, une caution de 20 000 dollars pour se rendre aux États-Unis avec des visas temporaires B1 et B2, utilisés respectivement pour les déplacements professionnels et les séjours touristiques.
La décision de mettre en place cette nouvelle mesure a été annoncée par le département d’État des États-Unis dans un document publié ce lundi 3 août. Elle est entrée en application immédiatement et remplace le programme pilote lancé en août 2025 et testé pendant un an, par un dispositif permanent. Le gouvernement américain estime que le programme pilote a été un vrai succès et en donne pour preuve le fait que le nombre de visas délivrés aux ressortissants des pays concernés a diminué d’environ 83 % durant cette période. Le nouveau mécanisme, appelé Visa Bond, autorise les agents consulaires à demander, de façon discrétionnaire, une garantie financière avant de délivrer un visa aux visiteurs en provenance de pays où le taux de dépassement de la durée de validité de leur visa est élevé. Le montant exigé par les agents consulaires sera déterminé en fonction de chaque dossier et pourra atteindre 20 000 dollars, alors que ce maximum était de 15 000 dollars dans le précédent programme. Cette somme doit être déposée avant la délivrance du visa. Le montant minimum de la caution pour un visa augmente également. Auparavant, le minimum qui pouvait être demandé aux voyageurs était de 5000 dollars. Il est maintenant de 10.000 dollars. La somme déposée est restituée au voyageur à son départ des États-Unis, sous réserve du respect des conditions de son visa. Pour les autorités américaines, le système de caution contribue à réduire les cas de dépassement de la durée de séjour autorisée et à améliorer le respect des conditions liées aux visas temporaires. Selon l’État américain, plus de la moitié des visiteurs, en provenance des pays concernés, avait dépassé leur durée de séjour autorisée en 2024, ce qui avait justifié l’entrée en vigueur du dispositif. Il s’agit, selon elles, de renforcer le respect des règles applicables aux titulaires de ces visas. De leur côté, des organisations de défense des droits des immigrés ont critiqué cette décision, considérant qu’elle pourrait dissuader des personnes souhaitant se rendre légalement aux États-Unis. Elles jugent que ces mesures risquent de porter atteinte aux droits fondamentaux, d’encourager le profilage racial et d’accroître le sentiment d’insécurité au sein de certaines minorités ethniques. La liste des États concernés par cette nouvelle réglementation répond, selon les autorités américaines, à plusieurs critères, notamment : le nombre de personnes restant aux États-Unis après l’expiration de leur visa ; le niveau de coopération avec Washington dans le partage d’informations ; les difficultés rencontrées pour vérifier l’identité ou les antécédents judiciaires des demandeurs ; les insuffisances dans les systèmes de contrôle et de délivrance des documents de voyage de certains pays. Dans le même sens, les États-Unis viennent d’expulser des dizaines de personnes vers quatre pays africains (Guinée équatoriale, Sierra Leone, Ghana et République centrafricaine). Il s’agit d’une dizaine de personnes expulsées jeudi vers la Guinée équatoriale, une dizaine d’autres expulsées vendredi vers la Sierra Leonne et d’autres vers le Ghana et la Centrafrique. Ces personnes expulsées ne sont pas originaires, pour la plupart, des pays vers lesquels elles sont renvoyées. Le 10 juillet dernier, un vol d’expulsion sécurisé vers l’Eswatini (ex-Swaziland) a atterri, transportant des ressortissants du Vietnam, du Yémen, de Cuba, du Laos et de la Jamaïque, qui purgeaient des peines aux États-Unis pour meurtre ou viol. Le Wall Street Journal, cité par l’agence Sputnik, avait rapporté que l’administration Trump avait approché le Gabon, la Guinée-Bissau, le Liberia, la Mauritanie et le Sénégal pour accueillir des migrants expulsés.
M’hamed Rebah












































