La configuration politique de l’Assemblée populaire nationale issue des élections législatives du 2 juillet 2026, telle qu’elle a été esquissée par les résultats préliminaires du scrutin, n’a pas changé dans le fond. L’arrivée d’une poignée de députés représentant l’opposition à l’hémicycle Zighout Youcef n’aura pas changé grand-chose à une assemblée où la majorité présidentielle règne sans partage. Les trois premiers partis politiques sur le podium, qui sont le FLN, le RND et le FEM (Front El Mouskbal), raflent, à eux seuls, la mise avec une moisson de 222 (sur les 422 que compte l’APN) sièges. Soit, la majorité écrasante. Mais tout ne s’arrête pas à ce chiffre. Les rangs des soutiens qui gravitent autour de l’orbite présidentielle sont appelés à s’élargir avec le ralliement d’autres voix comme celles représentées dans le Mouvement El Bina (38 sièges), Sawt Echaâb (17 sièges) et une bonne partie de listes indépendantes (32 sièges) hétéroclites. À partir de ce qui précède, nous voyons bien que la majorité parlementaire garde son hégémonie. En face, nous avons une composante d’heureux élus au sein de partis et parmi les indépendants se réclamant de l’opposition qui risque, à tout casser et politiquement parlant, de fragiliser la cohésion des rangs de la majorité. Mais cette opposition, si tant est qu’elle existe, sera moins en capacité, en nombre, de déstabiliser les grands équilibres du groupe d’une assemblée toute cousue pour valider l’action de l’exécutif. En termes de nombre, et à priori, nous voyons mal comment les députés issus des rangs d’une opposition hétéroclite (le MSP, le FFS, le RCD, le PT et d’autres ?) qui cumule quelque 70 sièges pourraient peser sur le cours des débats et des votes au sein de la prochaine APN. Par ailleurs, il faut admettre que des partis politiques en course pour la dixième législature ont enregistré des progrès alors que d’autres ont reculé. C’est le cas par exemple du RND qui a enregistré une marge de progression par rapport à la précédente législative, alors que son alter ego, le FLN, malgré lui, a reculé en termes de sièges obtenus. Le MSP, qui incarne l’opposition dans l’ancienne assemblée, a perdu plusieurs sièges. Pour autant, cette nouvelle donne n’a rien changé, ou peu, à la configuration de l’APN. Autre chose qui saute aux yeux, il y a l’entrée sur scène de plusieurs figurants à l’assemblée et qui sont issus des deux camps, majorité comme opposition.
Farid Guellil










































