Le secrétaire adjoint du Conseil suprême de sécurité nationale (SNSC) de la République islamique d’Iran, Ali Bagheri-Kani, a affirmé qu’il n’existe aucun « problème » de fond dans les relations entre l’Iran et ses voisins, soulignant que l’Asie de l’Ouest deviendrait la région la plus stable au monde si les États-Unis s’en retiraient.
Bagheri-Kani a tenu ces propos lors d’un entretien exclusif accordé à la chaîne Russia Today (RT) ce mercredi à Moscou, où il participe à la 14ème réunion internationale annuelle des hauts représentants responsables des questions de sécurité. Selon le responsable iranien, le véritable obstacle à la stabilité régionale n’est pas lié aux relations de voisinage, mais réside dans l’ingérence des États-Unis et l’influence du régime israélien. Il a noté que si ces facteurs d’instabilité étaient exclus, la région connaîtrait une paix durable favorisant le développement de toutes les nations concernées.
L’agression américaine et les négociations
Évoquant l’agression militaire américano-israélienne contre l’Iran débutée fin février, M. Bagheri-Kani a dénoncé le double jeu de Washington. Il a rappelé que les États-Unis ont commis le crime d’assassiner le Guide surpême de la Révolution islamique, le martyr Ayatollah Seyyed Ali Khamenei, alors même qu’ils prétendaient être engagés dans des négociations. « Ils ont perpétré ce crime en utilisant leurs bases militaires situées dans certains pays de la région », a-t-il précisé. Concernant les perspectives des négociations en cours via la médiation du Pakistan, il a estimé que le succès dépend de l’abandon par les États-Unis de leurs « exigences excessives ».
Sécurité du détroit d’Ormuz
Sur la question du détroit d’Ormuz, M. Bagheri-Kani a souligné que les récents conflits ont démontré que cette voie navigable a été utilisée pour menacer la sécurité nationale de l’Iran. En tant qu’État souverain, l’Iran a le droit de protéger son intégrité territoriale. Il a ajouté que des mesures de protection seront adoptées en étroite coordination avec Oman, l’autre pays riverain du détroit.
Critique de la vision impérialiste américaine
Interrogé sur les prétentions de Washington affirmant avoir détruit la puissance militaire iranienne, le responsable a balayé ces « mensonges répétés », affirmant que l’opinion publique mondiale n’est plus dupe. Il a fustigé l’approche américaine de « la paix par la force », la qualifiant d’obsolète et digne de « l’ère de la barbarie ». « Pour les États-Unis, la paix n’est que la préservation de leurs intérêts illégitimes. C’est pourquoi, lorsque des dizaines de milliers de personnes sont massacrées à Gaza, ils ne considèrent pas que la paix est menacée, car leurs intérêts et ceux du régime sioniste sont préservés », a-t-il martelé.
Le crime de l’école de Minab : une blessure inoubliable
Bagheri-Kani est revenu sur le massacre d’enfants dans une école primaire à Minab, dans le sud de l’Iran, le 28 février dernier. Il a comparé cette tragédie aux récentes attaques ayant coûté la vie à des adolescents à Louhansk, y voyant la preuve d’une idéologie justifiant la brutalité au nom de la puissance. « L’attaque américaine contre l’école de Minab démontre que les prétentions de ce pays en matière de droits de l’homme sont totalement mensongères. Ce crime ne sera ni oublié, ni pardonné. Les Américains devront rendre des comptes et restaurer les droits de la nation iranienne », a-t-il conclu.
« Pas de transfert d’uranium hautement enrichi à d’autres pays »
Par ailleurs, l’Iran n’a pas l’intention de transporter de l’uranium hautement enrichi à l’extérieur du pays, a déclaré hier Ebrahim Azizi, président de la commission de la sécurité nationale et de la politique étrangère du Parlement iranien, à l’agence RIA Novosti. « Nous n’avons pas l’intention de transporter de l’uranium hautement enrichi à l’extérieur du pays. Nous n’avons pas l’intention de transférer notre uranium enrichi à des pays tiers, à des intermédiaires, ni ailleurs », a-t-il affirmé. M. Azizi a réitéré mercredi la position iranienne dans un message sur X, déclarant que « l’Iran ne se laissera pas intimider par la rhétorique de M. Trump sur ses lignes rouges : le droit d’enrichir l’uranium, la possession d’uranium enrichi, l’autorité sur le détroit d’Ormuz, et la levée des sanctions ». La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a indiqué jeudi que les stocks iraniens d’uranium hautement enrichi appartiennent à l’Iran et que seul le peuple iranien a le droit de décider de leur sort.
R. I.















































