La société Microsoft a procédé à une mise à jour de ses services de cartographie numérique, intégrant désormais des dénominations géographiques palestiniennes en Cisjordanie occupée, tout en supprimant plusieurs appellations israéliennes jugées trompeuses.
Selon un communiqué publié lundi par le Centre arabe pour le développement des médias sociaux, connu sous le nom de « 7amleh », cette évolution résulte d’un long travail de plaidoyer, de documentation et de pression directe exercée sur le géant américain de la technologie. Les ajustements concernent notamment les services de géolocalisation, dont le moteur de recherche Bing. Des lieux auparavant répertoriés sous l’appellation « Judée et Samarie, Israël » apparaissent désormais sous la désignation «Cisjordanie». Le centre “7amleh” a salué ce qu’il qualifie de «correction nécessaire », estimant qu’il s’agit d’un rééquilibrage face à une représentation numérique jugée biaisée de la géographie palestinienne. L’organisation souligne que certaines terminologies avaient contribué, selon elle, à imposer une lecture politique des territoires dans les systèmes numériques de grandes entreprises technologiques. Dans son communiqué, l’organisation affirme que ces modifications constituent le résultat d’un effort soutenu de mobilisation. Elle explique que « ce qui était auparavant imposé à travers des appellations coloniales et colonisatrices est aujourd’hui corrigé vers une représentation géographique palestinienne plus précise ». Le centre insiste également sur l’importance des désignations géographiques dans les systèmes numériques, estimant que certaines terminologies israéliennes contribuent à « l’effacement de la géographie palestinienne » et à la normalisation de revendications jugées illégales sur les territoires occupés, dans un contexte de violences accrues de colons et de déplacements forcés en Cisjordanie. La directrice du plaidoyer au sein de “7amleh”, Lama Nzeïh, a déclaré : « Il s’agit d’une correction nécessaire. Nous appelons désormais toutes les plateformes et entreprises à respecter le droit international et à cesser de contribuer à l’effacement de la géographie palestinienne dans l’espace numérique et à la normalisation de l’annexion en Cisjordanie occupée». Le centre “7amleh” considère, par ailleurs, que la question dépasse la simple erreur technique. Selon lui, il s’agit d’un phénomène plus large où les droits et la géographie palestinienne sont traités comme des éléments «contestables », tandis que les systèmes numériques reproduisent des dynamiques de pouvoir existantes sous couvert de neutralité technologique.
Un enjeu plus de taille
L’organisation appelle enfin les grandes entreprises technologiques à respecter le droit international et à assumer leurs responsabilités afin d’éviter toute participation, directe ou indirecte, à l’effacement de la géographie palestinienne ou à la normalisation de politiques d’annexion et de colonisation en Cisjordanie occupée. Cette mise à jour de Microsoft s’inscrit ainsi dans un débat plus large sur le rôle des plateformes numériques dans la représentation des territoires contestés et sur l’impact politique des choix de dénomination dans les systèmes de cartographie mondiale.
M. S.












































