Environ 20 bateaux français ont quitté le port de Marseille samedi pour rejoindre une flottille internationale visant à briser le blocus israélien et à acheminer des aides humanitaires vers le territoire de Ghaza, ont rapporté les correspondants de l’Agence France-Presse. Près de mille personnes se sont rassemblées dans le Vieux-Port pour soutenir l’initiative, scandant : « Ghaza, Marseille avec toi ». Les bateaux, principalement à voile, ont pris la mer aux alentours de 17 heures (15h00 GMT), sous les applaudissements et les encouragements des manifestants, pour rejoindre le « Flottille de la Résistance mondiale ». Selon les organisateurs, la flotte internationale compte près de 100 navires, dont la majorité quittera Barcelone le 12 avril pour se diriger vers Ghaza le 20 avril. Les navires feront escale une semaine dans le sud de l’Italie afin de suivre des « formations à la non-violence », avant de poursuivre leur mission. Manon, participante à l’initiative et ayant souhaité rester partiellement anonyme, a déclaré : « L’objectif est de mettre en lumière la cause palestinienne. On n’en parle pas assez actuellement, compte tenu du contexte international actuel. » Le projet rappelle l’attaque menée par Israël en 2025 contre une flotte internationale d’environ 50 navires transportant des personnalités politiques et des militants, dont la Suédoise Greta Thunberg. Amnesty International avait dénoncé cette opération comme illégale, et plusieurs membres des équipages avaient été arrêtés puis expulsés. Le territoire de Ghaza est soumis à un blocus israélien depuis 2007, renforcé depuis l’offensive israélienne lancée le 7 octobre 2023. Même après la fin de cette offensive, Israël n’a pas autorisé la réouverture complète des passages frontaliers pour l’acheminement des aides et des équipements nécessaires à la reconstruction et à l’hébergement de la population.
Tunisie : lancement imminent d’un nouveau convoi terrestre et maritime
Des membres de la « Flottille de la Résistance » en Tunisie ont annoncé le départ du convoi terrestre et d’une flottille maritime à destination du secteur de Ghaza, dans le cadre des efforts de soutien à la reconstruction. Les organisateurs affirment que les préparatifs se poursuivent malgré les difficultés et les obstacles rencontrés. L’annonce a été faite lors d’une marche de protestation dans la capitale tunisienne, où les participants ont également réclamé la libération de sept militants de la flottille, estimant que leur place est hors des prisons et qu’ils doivent pouvoir contribuer aux initiatives de solidarité à venir. Le député tunisien Mohamed Ali, participant de la première flottille, a indiqué qu’un groupe de parlementaires prépare une nouvelle pétition urgente pour la semaine prochaine, afin de poursuivre l’examen en séance plénière du projet de loi criminalisant la normalisation avec Israël. Ce projet, en suspens depuis 2023, a déjà vu l’adoption de deux chapitres, mais la séance avait été interrompue pour des raisons liées à la sécurité extérieure. Selon Mouheb Senoussi, membre de la flottille, le départ de la nouvelle flottille maritime est prévu le 12 avril depuis l’Espagne, avec la participation d’environ 340 Tunisiens. Toutefois, certaines formalités administratives, notamment les visas, freinent encore la finalisation des préparatifs.
Senoussi a dénoncé les campagnes de désinformation visant l’initiative, mais a assuré que la flottille maintiendra sa date de départ pour soutenir Ghaza. Un autre membre du flottille, Salah Eddine Masri, a rappelé que « la Méditerranée est un espace de résistance, et non de normalisation », soulignant la mobilisation populaire continue en faveur de la cause palestinienne. Il a également révélé que le lancement d’un nouveau convoi terrestre est en préparation, même si les détails restent pour l’instant confidentiels.
La flottille précédente, partie de Tunisie le 9 juin dernier avec près de 1 000 militants, avait été empêchée d’atteindre l’Égypte après avoir été interceptée par des forces libyennes loyales au général Khalifa Haftar. Parallèlement, les députés tunisiens poursuivent leurs efforts pour relancer le débat sur le projet de loi criminalisant la normalisation avec Israël. Malgré le blocage depuis 2023, ce texte bénéficie d’un large soutien dans la société tunisienne et reste un point central des manifestations et actions de solidarité avec le secteur de Ghaza.
La mobilisation populaire reflète un consensus croissant pour inscrire légalement une position de rejet de la normalisation avec l’occupation israélienne.
M. S.













































