Une rencontre sur le parcours singulier et l’œuvre prolifique de l’homme de théâtre Abdelkader Alloula (1939-1994), a été animée, jeudi à Alger, par des académiciens et des universitaires, en présence de la comédienne et fille de ce grand dramaturge qui a marqué le mouvement théâtral algérien. Organisée par la Radio algérienne à l’occasion du 32e anniversaire de la disparition (14 mars 1994) de cette grande figure algérienne du 4e Art, cette rencontre, prévue à la diffusion samedi prochain sur les ondes de Radio Culture, a été placée sous l’intitulé : « Alloula: Cavalier des planches, gardien du patrimoine ». Les deux parties de cette rencontre commémorative, ont été animées par le directeur artistique du TNA, Djamel Guermi, le président de la Commission scientifique de l’ouvrage récemment paru sous le titre, « Abdelkader Alloula Ladjouad, Les Eternels », le docteur, Abdelhamid Allaoui et le dramaturge et metteur en scène Omar Fetmouche. La comédienne et fille du regretté dramaturge, Rihab Alloula, le critique et l’enseignant à l’université Alger 2, Ahcène Tlilani et le journaliste et critique de théâtre, Boubekeur Sekini, ont également été conviés à cette rencontre. Rihab qui n’avait que 10 ans en 1994, a évoqué son lien avec son père empreint de « compréhension, d’encouragements et de générosité », et a souligné qu’elle continuait encore de découvrir cette figure emblématique du théâtre, ses « élans d’engagement et de dévouement pour l’Algérie à travers la pratique du 4e Art » et via les témoignages de celles et ceux qui l’ont connu. Les intervenants ont rappelé l’ »humanisme de l’homme, sa grande disposition à écouter et sa disponibilité à aider », ainsi que ses « préoccupations premières » relatives à la nécessité de « construire un théâtre algérien, authentique dans ses contenus et moderne dans ses formes, fondé sur les bases solides du patrimoine culturel et au service de l’individu et de la société algérienne ». Portant « une vision sur l’avenir du théâtre algérien claire et précise, Abdelkader Alloula savait parfaitement ce qu’il voulait », consacrant son œuvre entièrement à la « libération de la pensée de toutes les contraintes » et travaillant avec « une projection clairvoyante et pragmatique » dans chacun des ateliers constituant un spectacle (écriture, mise en scène, scénographie, direction d’acteurs, éclairage, bande son ), a-t-on ajouté. « Son souci du détail l’avait poussé jusqu’à parler du +théâtre de la parole+ », qu’il ciselait sur les plans, « sémantique, phonologique et phonétique », ce qui donnait une « uniformité et une ressemblance » du propos dans un rythme « harmonieux de complémentarité » lors de l’interprétation des différents rôles. « Le regretté dramaturge parlait également du + »théâtre de l’écoute »+ », après s’être longtemps consacré à étudier et faire des recherches sur la manière dont chaque propos allait être perçu par le récepteur, une quête de simplicité académique où tout devait être dit et transmis avec des corpus basiques de tous les jours, aux propos percutants et bien agencés ». Alloula, ont poursuivi les intervenants, »c’est aussi l’agencement dans ses spectacles, de la poésie populaire (à l’instar du Melhoun) oeuvrant à promouvoir la culture et le patrimoine algériens, tant sur la forme que dans les contenus, en mettant en valeur les us et les coutumes du peuple ». Les invités à cette rencontre ont appuyé leur propos avec plusieurs exemples de pièces dont, « Ladjouad », « Lagoual », « Homk Salim » (adaptée de Journal d’un fou de Nicolas Gogol) et quelques anecdotes et souvenirs vécus avec le regretté.













































