L’armée coloniale ne s’y est pas trompée lorsqu’elle avait décidé, durant la guerre de libération nationale, de déporter des familles entières représentant 2,5 millions d’Algériens dans des centres de regroupements avant de raser et d’incendier leurs villages. Elle a cru pouvoir, par cette cruauté, séparer le peuple algérien de son armée, l’ALN. Elle avait, cependant agi en méconnaissance des ressorts profonds qui unissent les Algériens avec leur Armée de libération nationale. Tous les moudjahidine étaient des enfants du peuple. Un lien indestructible. Qu’aucune épreuve, aucune force, aucun moyen, ne peut remettre en cause. Ni hier, ni aujourd’hui, ni demain, ni jamais. Lorsque l’Indépendance fut arrachée, c’est tout naturellement que l’ANP succéda à l’ALN. Toujours constituée par les enfants du peuple. Aucun étranger. Pas de légion étrangère, comme dans d’autres armées d’ailleurs. Tous les Algériens ont au moins un parent au sein de l’ANP. Un fils, un frère, un père, un oncle et plus récemment une sœur, une tante, etc. D’ailleurs, son nom l’indique : l’ANP est une armée populaire. C’est plus qu’un soutien de l’Armée par le peuple. C’est la fusion des deux par le lien du sang. Lorsque le président Tebboune avait décidé, à peine un an après avoir accédé à la magistrature suprême, et signé le décret présidentiel n° 20-47 du 19 février 2020 instaurant le 22 février de chaque année « Journée nationale de fraternité et de cohésion entre le Peuple et son Armée pour la démocratie », il avait en mémoire ce lien du sang. Pour preuve, la référence au 22 février 2019 renvoie au jour du « Hirak » où le peuple tout entier avait décidé de sortir et marcher pacifiquement, pour se dresser contre le complot tramé par la « Issaba ».
Des marches qui, chaque vendredi, étaient encadrées par les services de sécurité avec à leur tête l’ANP. Sans aucune goutte de sang. L’intervention de l’armée se justifiait par la protection du peuple contre les menaces d’infiltrations criminelles dans leurs rangs. Bien avant, l’ANP s’était engagée pour éviter l’effondrement de l’Algérie. C’était lors de la décennie du terrorisme. Il est de notoriété publique aujourd’hui que cette épreuve nous a été infligée de l’extérieur. Tout le monde se rappelle du président français, François Mitterand, pointant un doigt menaçant contre les algériens qui, on va dire les choses naturellement, « s’opposeraient à aller à l’abattoir ». Tout le monde se rappelle que juste après, le président algérien, le moudjahid Mohamed Boudiaf, a été assassiné. Peu de temps après, la France a donné le signal. Tous les vols occidentaux de et vers l’Algérie avaient été annulés. Exception faite d’Alitalia. Laissant seule l’ANP faire face au terrorisme sauvage pour protéger le peuple. Contrariée par l’efficacité de notre armée, cette même France aidée des supplétifs, n’a cessé de jeter de l’huile sur le feu avec son « qui tue qui ». Le combat a été dur et long. Il a duré toute une décennie mais avec, au bout, la victoire haut la main de notre armée. Ce qui lui a valu, à ce jour, d’être sollicitée, à travers le monde, pour son expertise dans la lutte antiterroriste. Digne héritière de l’ALN, l’ANP est, tout naturellement, constituée d’enfants du peuple algérien. Avec cette particularité qu’elle n’est pas une armée d’invasion. Elle est formée pour défendre le pays et le peuple. À Dieu ne plaise, si un jour une force étrangère s’essayerait à une quelconque intrusion, c’est notre Armée avec tout le peuple qu’elle devra affronter. Il faut se rappeler le slogan du Hirak « Djeich, Chaâb, Khaoua, Khaoua ! ». C’est une réalité visible et concrète. Une réalité qui rend notre force indestructible et dissuasive. Parce que nous avons trop souffert de la domination coloniale durant un siècle et demi, que nous en avons développé la « rage » de vaincre. Nous avons fini par comprendre pourquoi la France coloniale a tenu si longtemps dans notre pays. La déclaration du 1er Novembre 1954 l’explique. Nous nous sommes présentés insuffisamment unis face à l’armée de Bugeaud. Une situation qui a été aggravée par la trahison du sultan marocain Abderrahmane. Nous avons bien retenu les leçons de notre histoire. Aujourd’hui que nous avons resserré nos rangs, les envahisseurs doivent réfléchir à deux fois. Il n’est pas inutile de le crier, haut et fort, tous les 22 février de chaque année !
Zouhir Mebarki
zoume600@gmail.com









































