Une conférence consacrée à la situation des droits de l’Homme au Sahara occidental sous occupation marocaine s’est tenue récemment à la bibliothèque et à l’espace de la culture critique en Cantabrie, dans le nord de l’Espagne.
La rencontre a mis en lumière les violations persistantes dont est victime le peuple sahraoui ainsi que le blackout médiatique imposé à la région. Selon le site espagnol Al Faradio, les participants, conduits par le directeur de l’agence Equipe Media, Ahmed Ettanji, ont dénoncé une politique de répression systématique menée par les autorités marocaines. Cette politique se traduirait notamment par des pratiques discriminatoires dans les établissements scolaires et les services publics, une surveillance renforcée de l’espace public et de la vie quotidienne, ainsi que par des menaces visant toute voix dissidente ou tentative de documentation des abus. Ahmed Ettanji a expliqué que ces pratiques visent à briser la volonté des habitants, à affaiblir leur identité nationale et leur résistance légitime. Il a également souligné les violations subies par les journalistes indépendants et les militants sahraouis, dont certains croupissent en prison pour de longues peines, tandis que d’autres sont contraints à l’exil. Ceux qui restent travaillent sous une menace permanente et une étroite surveillance. Le directeur d’Equipe Media a en outre précisé que toute tentative de couverture des manifestations ou de diffusion d’informations se heurte à de grandes difficultés, les autorités recourant aux arrestations et au harcèlement pour empêcher la transmission des faits à l’opinion publique internationale. De son côté, le directeur du journal Al Faradio, Óscar Allende, a insisté sur l’importance des documents, des photographies et des vidéos pour exposer les violations devant la communauté internationale, d’autant plus que les journalistes étrangers sont toujours interdits d’accès au territoire. Il a souligné que la diffusion de ces informations constitue un moyen essentiel de protéger les détenus politiques et de révéler l’ampleur de la répression exercée contre les Sahraouis. La conférence a également abordé le siège médiatique imposé au Sahara occidental, caractérisé par l’interdiction d’accès aux journalistes étrangers et par des restrictions sévères visant la couverture indépendante.
Les intervenants ont rappelé que toute tentative d’organiser des visites de terrain ou de documenter les violations se solde généralement par une expulsion immédiate du territoire, illustrant ainsi une politique persistante de dissimulation de la vérité. En conclusion, les participants ont affirmé que le conflit du Sahara occidental ne se limite pas à une dimension politique, mais constitue aussi une lutte permanente pour le droit à l’information, la vérité et la protection des droits humains sous occupation marocaine. Cette conférence revêt une importance particulière puisqu’elle s’inscrit dans la continuité d’une coopération engagée depuis 2019, lorsque des membres d’Equipe Media s’étaient rendus en Cantabrie pour présenter le documentaire “Trois caméras volées”, qui retrace les efforts des journalistes et militants sahraouis pour briser le blocus médiatique. Dans le cadre des initiatives de documentation des violations, la journaliste Leonor Suárez de la télévision publique de la région des Asturies a réalisé un autre documentaire intitulé “Pas de nouvelles du Sahara”, consacré au siège médiatique imposé au Sahara occidental et aux méthodes de surveillance et de répression utilisées contre les journalistes et les militants. Cette œuvre a été projetée lors de plusieurs manifestations culturelles en Cantabrie, révélant, à un large public, l’ampleur des entraves à la liberté d’informer et les défis liés à la transmission de la vérité sur les violations continues dans les territoires sahraouis occupés.
M. Seghilani











































