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COMMÉMORATION DU 55e ANNIVERSAIRE DE LA NATIONALISATION DES HYDROCARBURES : L’Algérie renforce sa souveraineté économique

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L’Algérie commémore chaque année la date du 24 février, marquant l’acte historique du 24 février 1971 où le président Houari Boumédiène a annoncé la souveraineté de l’État sur ses ressources pétrolières et gazières.
Cette décision a permis de contrôler la majorité du capital des compagnies pétrolières françaises et de récupérer les gisements. La nationalisation a notamment marqué la fin de la domination étrangère sur les ressources naturelles et a permis de récupérer les richesses nationales, consolidant ainsi la souveraineté du pays. La célébration de cette date, intervient, cette année, quelques semaines après l’entrée en production du méga projet minier de Gara Djebilet. L’exploitation de la mine de fer de Gara Djebilet, située dans la wilaya de Tindouf, dont les réserves de minerai de fer sont estimées à environ 3,5 milliards de tonnes, figure parmi les plus importantes au monde, constituant l’un des projets stratégiques majeurs visant à renforcer la souveraineté économique du pays et à valoriser ses richesses naturelles. Le lancement de l’exploitation de cette mine, classée comme la troisième plus grande mine de fer au monde, représente un tournant décisif dans l’histoire économique de l’Algérie depuis l’indépendance, comme l’a souligné le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, lors de la réunion du Conseil des ministres tenue en novembre dernier. Le président de la République a souligné que la concrétisation de ce projet, longtemps considéré comme difficilement réalisable, constitue un message fort traduisant l’adoption par l’Algérie d’une nouvelle orientation économique fondée sur la consécration de la souveraineté nationale et la diversification des sources de revenus en dehors du secteur des hydrocarbures. Ce projet minier a été réalisé dans des délais très courts. Les travaux de réalisation ont débuté, en juillet 2022, suivis du lancement du projet de l’usine de traitement primaire du minerai de fer, en décembre 2023. Par ailleurs, la nouvelle ligne ferroviaire reliant Tindouf à Béchar via Beni Abbès, sur une distance de 950 km, a été entièrement réalisée, afin d’assurer le transport du minerai de fer du site d’exploitation vers le complexe sidérurgique du groupe Tosyali à Bethioua, dans la wilaya d’Oran, sur une distance totale estimée à près de 2.000 km. Les infrastructures techniques et logistiques ont été achevées, de même que l’équipement des zones de stockage et de traitement primaire du minerai de fer. Les études relatives aux méthodes d’exploitation et de traitement ont également été finalisées afin de garantir une rentabilité économique élevée et le respect des normes environnementales. Des technologies modernes ont été, par ailleurs, adoptées pour réduire le taux de phosphore dans le minerai et améliorer sa qualité, parallèlement à l’élaboration d’un plan intégré de gestion des ressources en eau et de l’énergie nécessaires à l’activité minière. Les autorités concernées ont accordé une attention particulière au volet humain, à travers la préparation et la qualification de la main-d’œuvre locale dans les différentes spécialités liées à l’activité minière, en coordination avec le secteur de la formation et de l’enseignement professionnels, dans le but de créer des emplois durables au profit des jeunes de la région. Ainsi, la mine de Gara Djebilet à Tindouf s’impose comme un symbole de l’approche stratégique de l’État en matière d’exploitation des richesses naturelles et de renforcement de la souveraineté économique. Elle allie une dimension économique locale et nationale, des opportunités concrètes de développement et une contribution effective à la diversification des sources de revenus hors hydrocarbures. L’entrée en exploitation de cette mine confirme la capacité de l’Algérie à transformer ses ressources naturelles en levier de croissance économique et à renforcer sa position en tant qu’acteur minier et industriel régional.

Vers la relance du complexe d’El-Hadjar
Il est important de mentionner, que la commémoration du 24 février en cette année 2026, intervient également au moment ou le ministère de l’Industrie serait en train de mener des négociations avancées avec un opérateur étranger en vue d’établir un partenariat stratégique dans l’industrie sidérurgique, en vue de relancer le complexe sidérurgique d’El-Hadjar et de porter le niveau de production de fer et d’acier de l’usine à 3 millions de tonnes par an. En effet, dans le cadre de la transformation industrielle de ce complexe stratégique, le ministère a annoncé une série de mesures visant à assurer la transition technologique et énergétique en améliorant l’outil de production actuel grâce à l’intégration d’équipements modernes et au remplacement progressif des équipements de production traditionnels par des technologies plus efficaces et moins coûteuses. Il s’agira en outre de valoriser les ressources nationales, notamment le minerai de fer de Tébessa et de Gara Djebilet, et la reconstruction industrielle progressive du complexe conformément aux normes internationales de compétitivité, en plus de la réorientation stratégique vers des produits à forte demande sur le marché national tout en ciblant les marchés mondiaux.

800 000 tonnes de rond à béton par an pour commencer
Le ministère a élaboré un ensemble de mesures et de procédures pratiques dans le cadre d’une phase transitoire, dont certaines ont déjà été mises en œuvre et d’autres sont encore en cours. Il s’agit notamment de la reprise progressive de la production à partir de produits semi-finis, ce qui contribuera à réduire les délais de production et à tirer parti de conditions de coûts plus compétitives. Outre la génération de flux de trésorerie destinés à couvrir les dépenses internes et la préparation d’un dossier d’assainissement financier visant à rétablir l’équilibre financier de l’institution, il a également été indiqué que celle-ci avait bénéficié d’équipements liés à l’usine de production d’acier pour béton, ce qui lui permettra d’augmenter sa capacité de production d’environ 800 000 tonnes par an.

Le projet à M’sila atteint 60 % de taux d’avancement
Il est important d’évoquer, dans le même contexte, le projet sidérurgique de M’sila qui progresse à un rythme soutenu et atteint 60 % de réalisation, selon les données communiquées par l’AAPI. Ce projet structurant, souligne l’AAPI affiche déjà un taux de réalisation de 60 %, moins d’un an après l’obtention de la concession. Implantée sur 36 hectares à Draa El Hadja, l’infrastructure ambitionne de devenir un pôle industriel majeur pour la production d’acier et de tubes destinés notamment au secteur du bâtiment et des travaux publics en Afrique du Nord. L’usine, alimentée en grande partie par des ressources locales, devrait créer plus de 1 100 emplois. Le projet du complexe compte aussi un centre de formation en vue de favoriser le transfert de technologie et la montée en compétences locales, avec à la clé plus de 1 100 emplois directs annoncés. L’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI) a lancé une série d’évaluations destinées à mesurer l’état d’avancement des projets industriels engagés à travers le pays, dont ceux portés par des partenaires étrangers. Cette démarche vise à vérifier le respect des calendriers de réalisation et à apprécier l’impact économique réel des investissements annoncés ces dernières années. Parmi les premiers dossiers examinés figure le complexe sidérurgique précité développé par le groupe Jiangdong Steel dans la wilaya de M’sila. L’investissement, estimé à 500 millions de dollars, devrait permettre une capacité annuelle de 500 000 tonnes, dont la moitié serait orientée vers l’exportation.
Plus de 7 milliards de dollars d’investissements Le programme se déploie en deux phases : une première ligne dédiée aux feuilles d’acier, capable de produire 200 000 tonnes par an, suivie d’une unité spécialisée dans les tubes métalliques d’une capacité de 300 000 tonnes. L’usine s’appuiera à 80 % sur des matières premières locales, en particulier le minerai issu de la mine de Gara Djebilet, illustrant la volonté des autorités de renforcer l’intégration industrielle nationale.
Ania N.

DÉMINÉRALISATION DES EAUX SOUTERRAINES DANS LE GRAND SUD
Un autre projet économique et rationnel
Les grands projets stratégiques que mènent les autorités du pays, sont variés et touchent à tous les secteurs. Au grand sud (Tindouf et Tamanrasset), il a été question de lancer sur décision présidentielle, des stations de déminéralisation des eaux souterraines. L’expert en agronomie et en hydraulique, le professeur Brahim Mouhouche, qui a qualifié ce projet d’économique et rationnel a expliqué que « dans ces régions, la salinité de l’eau souterraine varie entre 5 et 10 grammes par litre, contre 35 à 40 grammes pour l’eau de mer ». « Enlever 35 grammes par litre demande beaucoup d’énergie. Au sud, il suffit de diminuer un tout petit peu le sel et l’eau devient directement utilisable », dira l’expert, ajoutant que « cette option est à la fois plus économique et plus rationnelle (…) Elle évite de transporter l’eau sur 400 ou 500 kilomètres, ce qui représenterait un coût énergétique considérable », tout en plaidant pour « l’installation de stations de déminéralisation au plus près des zones de consommation, alimentées par l’énergie solaire et éolienne, abondante dans le Sahara. »
L’agriculture saharienne, entre opportunités et prudence
Le Sud algérien, rappelle Brahim Mouhouche, dispose d’un potentiel hydrique considérable. « Il y a 50 000 milliards de mètres cubes d’eau », affirme-t-il, évoquant les immenses réserves souterraines. Mais cette richesse impose une gestion rigoureuse. L’expert insiste sur le fait que l’agriculture est « un gouffre de consommation d’eau ».
Pour illustrer son propos, il précise : « Un kilogramme de blé a besoin de 3 000 litres d’eau », citant à titre comparatif, la pomme de terre qui nécessite environ 150 litres par kilogramme.
A. N.

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