ALGERIA-POLITICS-DEMO

5E VENDREDI DE MOBILISATION PACIFIQUE DES ALGERIENS CONTRE LE POUVOIR : Tous en marche pour la 2e République

Malgré le froid et la pluie connus au milieu de la journée d’hier, rien n’a empêché des centaines de milliers d’Algériens à se mobiliser, en ce 5e vendredi de suite, pour marcher et protester pacifiquement contre le prolongement du quatrième mandat, contre le régime en place, et en faveur d’un changement amenant à la mise en place d’une deuxième République.

La détermination des Algériens reste en l’état et ils l’ont exprimé encore une fois par millions à travers les cités, villes et wilayas du pays. Jusque-là, en tout cas, les manifestants refusent l’offre de sortie de crise et la feuille de route proposée par le pouvoir.
Ainsi, les Algériens étaient hier encore beaucoup plus nombreux que les quatre vendredis de marches successifs entamés depuis l’historique 22 février dernier. D’ailleurs, deux heures avant la prière du vendredi, la Place du 1er Mai, la Place Maurice Audin et la Grande Poste d’Alger, n’ont pas désempli et investies tôt dans la matinée, par une centaines de milliers de protestants. Ils étaient encore plus déterminés, plus matures et plus conscients, mais surtout plus fiers de ce qu’ils ont réalisé jusque-là après un mois de protestation. On le voyait bien sur les visages de ces femmes, hommes, vieux, enfants, enveloppés d’un drapeau national, battre le pavé des bouleverds et ruelles de la capitale pour entonner un mot d’ordre : «Le changement, rien que le changement !»
C’est-à-dire, un changement structurel et radical du pouvoir en place. D’après plusieurs personnes rencontrées pendant la marche, « les négociations et les discussions des solutions ne se feront qu’après le départ du régime. On compte continuer la mobilisation, avec une grande conscience pour réclamer le départ du pouvoir », répond implicitement, un manifestant, aux dernières décisions du chef de l’Etat. Et de poursuivre : »Notre revendication est que vous partiez tous, notre objectif est de construire un État démocratique et de Droit», souligne notre interlocuteur, comme pour s’adresser au pouvoir. Un jeune chômeur réplique  » la rue ne se taira jamais. On n’est pas sur les réseaux sociaux, on est dans la rue. On a demandé le départ du système politique et non  pas recevoir des soutiens de leur part, comme ils l’ont fait tous les partis politiques. Dégagez, laissez-nous vivre ! », ajoutant « Rendez vous, ça y est ! Vous êtes cernés par le peuple. » Entre autres, une jeune manifestante résume l’un des enjeux des prochains jours en soulevant cet écriteau:  » Il faut que les jeunes soient dans la transition,   on en a marre de vous, partez ! ». Pour une maman accompagnée de ses deux enfants, qui sont actuellement en vacances, « nous sommes ici pour leur dire dégagez ! 20 ans, c’est trop ! Il y a de jeunes cadres, de jeunes généraux, qui sont prêts à prendre la relève. Il faut un changement radical. Bedoui, Lamamra, c’est du passé. Il faut laisser la place aux jeunes générations. Beaucoup ont fait des études supérieures, on ne leur a pas donné leur chance. Il faut un changement structurel», exige-t-elle.
Au niveau de la Place Audin, on a constaté des banderoles sur lesquelles on pouvait lire « Nous refusons l’intervention de Poutine et Macron »,  » Trump, we don’t need help » (Trump, on n’a pas besoin d’aides). Ou encore, nous avons des dessins et des images qui rejettent les visites du ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, effectuées en  » Russie, la Suisse, l’Allemagne et l’Italie ». Des mots d’ordre, somme toute, assez révélateurs des aspirations d’un peuple qui, conscient des périls de toute intervention étrangère sur l’Algérie, appelle à un changement, aussi radical soit-il, qui passera pas une solution algéro-algérienne !
Med Wali