Violence urbaine

Violence urbaine : La Forem tire la sonnette d’alarme

Le professeur Mustapha Khiati, président de la Fondation nationale pour la promotion de la santé et de la recherche scientifique (Forem), a estimé, hier sur les ondes de la chaîne 3 de la Radio nationale, que le monde du sport, surtout le football, accentue négativement le phénomène de violence urbaine dans les cités. Parmi les premières victimes, il cite les enfants.
D’où l’appel de la FOREM adressé aux autorités publiques pour l’élaboration d’un code d’éthique dans les stades en particulier et dans les milieux sportifs en général. Pour ce professeur, «l’influence des stars» du football et leur image négative, encourage à commettre des actes de violence à travers les comportements de quelques joueurs dans les stades et les scènes de violence qu’ils suscitent après chaque rencontre sportive. «Un joueur qui frappe son entraîneur ou son arbitre, son comportement et ses paroles qui sont également des appels à la violence, constituent un véritable problème aujourd’hui et cela devant des spectateurs et des enfants qui regardaient ces scènes » a-t-il affirmé. Khiati a appelé và plus de rigueur et de discipline dans le monde du sport et prendre des mesures urgentes pour arrêter l’ampleur de la violence dans nos stades. Pour que son initiative aboutisse, Khiati préconise des règles de jeux plus strictes et qui entraînent des sanctions définitives aucas où ils ne sont pas respectées et pas des sanctions qui font bénéficié le joueur de pardon après deux ou trois mois. L’un des foyers qui favorisent aussi le phénomène de la violence dans la société, selon Khiati, est la violence virtuelle qui prend des proportions de plus en plus alarmantes. En effet, souligne ce professeur, l’Algérie compte aujourd’hui plus de 5 millions de personnes connectées à internet. Constitués principalement de jeunes, ces gens rencontrent de la peine pour s’éloigner de leurs écrans d’ordinateurs ou de leurs smartphones et tablettes. Et souvent, ces gens s’adonnent à des jeux vidéo, qui sont à 90 % des jeux de violences et destinés principalement aux enfants qui les préfèrent. Pour Khiati, cette situation est grave parce qu’elle permet de « banaliser la violence et surtout de lui donner un aspect virtuel ». « Beaucoup d’accidents et d’actes de violence ont été commis parce qu’ils étaient appris et confortés dans le monde virtuel et donc appliqués d’une façon inconsciente par l’enfant dans son environnement » note Khiati. « il y a plus de 5 millions de personnes qui vivent en dehors de l’Algérie avec leurs esprits (virtuellement), il sont tout le temps branchés ailleurs et pratiquement pas attachés à la réalité, sauf en allant faire des cours ou aller manger. Il y a un véritable danger qui est en train de se développer. Il faut mettre rapidement en place des groupes de réflexion pour sauver ces jeunes » note-t-il. Sur les images de violence diffusées en continu sur le net, Khiati préconise pour les autorités de ne pas se contenter seulement de constater ces faits abjects, mais de traquer et de suivre leurs auteurs et de prendre des mesures répressives à leurs encontre, soulignant par la suite que ces images ne touchent pas uniquement des enfants violentés mais des animaux aussi. Pour Khiati, les autorités sont devant un fait nouveau de criminalité face auquel il faut évoluer sa législation. « Il est temps pour créer des départements spéciaux et des juges chargés de crimes relevant de cybercriminalité » recommande-t-il. Par contre, Khiati a indiqué que les manifestations les plus graves des actes de violence sont survenues dans les cités construites récemment. Donnant l’exemple des cités de Bachjarrah (Alger) et de Ali Mendjeli (Constantine), il les a qualifiées de « Hit parade » en terme de violence, où « le crime est devenu banal et ou chaque jour se produit une scène de violence », appelant à plus d’accompagnement de ces cités sur les plans culturel, et sportif. Par ailleurs, le professeur a fait savoir que la majorité des crimes et d’actes de violence ont un lien avec la consommation de la drogue. « Entre 15 000 et 17 000 jeunes de moins de 18 ans sont présentés devant la justice tous les ans pour des délits de consommation ou de vente de drogue. 25 000 personnes sont emprisonnées pour le même délit » a-t-il révélé. Khiati a estimé, par contre, que la prison, véritable école du crime selon lui, n’est pas la solution, mais par l’instauration de peines de travail d’utilité générale pour l’insertion de ces jeunes. Khiati a appelé a prendre des mesures en urgence devant un phénomène qui ne cesse d’augmenter. Pour preuve, indique ce professeur, 8 400 cas de violence contre les femmes ont été signalés en 2016 contre 7 300 cas en 2015. Dans les milieux scolaires, ajoute Khiati,
40 000 cas de violence ont été signalés dans les écoles : 2 000 cas concernent des cas de violence des enseignants sur des élèves et 4 500 cas de violence des élèves contre les enseignants, 7 000 cas de violence entre les élèves, selon l’inspection générale de l’éducation générale.
Hamid Mecheri