Tebboune

TEBBOUNE LE POSE COMME PRÉALABLE À LA QUALITÉ DES RELATIONS ALGÉRO-FRANÇAISES : Que le contentieux mémoriel soit d’abord réglé

« L’excellence des relations avec la République française ne saurait exister en dehors de l’histoire et du traitement des dossiers de la Mémoire qui ne sauraient faire l’objet d’aucune renonciation », a indiqué en substance le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, dans un message à l’occasion de la commémoration des massacres de 45. Le 8 mai 1945, alors que le monde célébrait la chute du 3e Reich, la France commettait un de ses pires crimes, un génocide qu’elle n’a pas expié à ce jour.

À plusieurs reprises, le président Tebboune rappelle la position de principe de l’Algérie dans sa perception de ses relations avec l’ancienne puissance coloniale. Les Algériens aspirent à la mise en place de relations de qualité mais basées sur le respect mutuel. De plus, dans les relations entre les deux pays, il existe un contentieux qui doit être apuré pour voir l’avenir sans les contraintes d’un passé que les forces résiduelles de la France coloniale et ses suppôts, ne veulent pas admettre.
La volonté de l’Algérie de parvenir à des relations apaisées avec la France est souvent contrariée par des sorties impromptues de certains officiels et intellectuels français. Il faut reconnaitre que le président Macron, fragilisé par le bras de fer engagé avec les Gilets jaunes et par la gestion de la crise de la Covid-19, est en train de jouer gros pour assurer sa réélection pour un nouveau mandat. Les essais nucléaires français dans le sud du pays, l’indemnisation des victimes de ces essais, la reconnaissance des crimes commis en Algérie depuis le débarquement des troupes coloniales à Sidi Fredj, les enfûmades, les déportations de population, les expropriations de terres qui ont profité aux cohortes de colons ramenés par cales entières de bateaux pour les incruster dans le tissu social algérien, sont autant de dossier où la responsabilité de la France est largement établie et où elle doit faire montrer sa bonne foi, si elle veut gagner le pardon et surtout entretenir des relations de respect avec le peuple algérien. La France, aux côtés d’autres pays européens et de l’OTAN, sont lancés depuis des années dans un véritable forcing pour faire reconnaitre à la Turquie sa responsabilité dans le génocide des arméniens commis par les troupes de l’empire Ottoman entre avril 1915 et juillet 1916, voire 1923. Certes l’initiative est bonne dans la mesure où les auteurs de crimes contre l’humanité seront mis face aux atrocités qu’ils ont perpétrées, mais elle suscite des questions auxquelles la France officielle devrait fournir des réponses.
Pourquoi se montrer aussi ferme dans le dossier du génocide des arméniens et enfouir sa tête sous le sable pour ne pas affronter le regard de ses victimes quand il s‘agit du dossier de la guerre d’Algérie? Et cette fuite en avant de la France coloniale puise son essence dans le refus des résidus de l’Algérie-française, de l’OAS et des harkis, de reconnaitre qu’ils doivent seulement respect aux Algériens mais aussi de leur demander le pardon pour les nombreux crimes commis de 1830 à 1962. Et la volonté, affichée,  de part et d’autre, de construire des relations de respect au bénéfice des deux peuples, est souvent contrariée par la volonté des forces de l’extrême droite et du rassemblement national qui, conscientes que leur heure est venue, à l’approche des présidentielles et des législatives françaises, de 2022, font tout pour tenter de faire payer à Macron sa reconnaissance de la responsabilité de  l’armée française dans l’assassinat de Maurice Audin, et qui a osé, selon elles, « effacer  une partie de  l’histoire du pays en offrant à l’Algérie les cranes de résistants qui étaient conservés dans des musées parisiens».
Toujours est-il, un jour la France devra assumer ses crimes coloniaux et indemniser aussi bien les victimes de ces crimes que leurs descendants et autres ayant-droit car pour engager un travail de repentance, il faut payer pour ses crimes et les reconnaitre c’est même un préalable.
Slimane B.

LE PRÉSIDENT À PROPOS DES PROCHAINES LÉGISLATIVES :
« Nous sommes convaincus »
Abordant les prochaines législatives, un second test après le référendum sur la révision de la Constitution du 1er novembre, le président de la République a estimé, dans un message à l’occasion de la Journée de la mémoire nationale, qu’elles sont à même de « consolider le processus du renouveau national », se disant confiant quant à la volonté du peuple algérien d’ « asseoir » un État d’Institutions et de Droit.
« Les prochaines échéances vont consolider le processus de renouveau national auquel nous nous sommes engagés, sur la base des valeurs de franchise, de confiance, de transparence et de lutte contre la corruption sous toutes ses formes », a indiqué le chef de l’État dans un message lu en son nom par le SG du ministère des Moudjahidine et des Ayants droit, Laïd Rebika, et prononcé à Sétif, à l’occasion de la célébration de la Journée de la Mémoire nationale marquant les massacres du 8 mai 1945.
Toujours à propos de la prochaine consultation électorale devant assoir une nouvelle Assemblée populaire nationale voulue affranchie des pratiques de corruption de l’ancien régime, le Président s’est dit être « convaincu de la volonté du peuple algérien et de sa pleine conscience de raffermir les fondements du choix démocratique libre à même de permettre d’asseoir un État d’institutions et de droit et de construire l’Algérie souveraine et forte, rêvée par les Chouhada et les moudjahidine ».
F. B.