COURSE

Société des courses hippiques et du pari mutuel : De mal en pis

Chassez le naturel, il revient au galop. L’adage vaut tout son pesant d’or et mieux encore, au sein de la SCHPM (Société des courses hippiques et du pari mutuel), tant il est vrai que la notion de bonne gouvernance reste une utopie aidée en cela par une complaisance ahurissante de la part de l’administration centrale ; à savoir le ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, et ce, depuis presque sa création à ce jour. Car, à dire vrai, pourquoi continue-t-on à «placer», à la tête de cette entreprise publique, des «has been» comme présentement un ex- fonctionnaire de la DJS, retraité de son état, approchant les 70 ans et cumulant, de surcroît, la fonction de secrétaire général de la Fédération Equestre algérienne ? Son état de service plaiderait-il en faveur de cette nomination ? Nous laissons le soin au ministre de tutelle de répondre à cette interrogation et de nous éclairer sur le parcours chaotique de ce responsable dans les différentes structures du ministère de la Jeunesse et des Sports où il a eu à occuper des fonctions. à peine installé par décision du Madrp en date du 27 août 2018, Athmane Benslimane ne cesse de cumuler les impairs qui en disent long sur sa manière de vouloir gérer cette entreprise. Utilisant sa double casquette SCHPM/FEA (Fédération équestre algérienne), il recourt aux services d’une ex-employée de cette entité, licenciée pour faute professionnelle grave, et travaillant actuellement pour le compte de ladite fédération, pour diviser les propriétaires de chevaux de course en usant et en abusant de la manipulation et du chantage : des propriétaires se sont vus proposer un effacement de dettes auprès de la SCHPM, d’autres une cafétéria à l’hippodrome du Caroubier ou encore cet entraîneur qui s’est vu propulser propriétaire sans avoir à fournir de dossier et sans s’acquitter des frais inhérents à cette qualité, etc…. Plus grave que cela, en date du 15 octobre passé, Athmane Benslimane ne trouva pas mieux que de diffuser un communiqué signé de sa main, appelant les propriétaires de chevaux de courses à une assemblée générale élective de leur association. De quel droit peut-il s’immiscer dans les affaires d’organisation des propriétaires, partenaires économiques de la SCHPM ? Devrait-il rendre compte à sa tutelle de cette violation de la réglementation ? Ou alors, ce DG échappe-t-il totalement au contrôle de ce même ministère ? C’est aux responsables du ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche de nous éclairer à ce propos. Outre ces abus d’autorité par le biais desquels il aura réussi, contrairement à tous ses prédécesseurs et en un laps de temps très court, à faire l’unanimité contre lui parmi les propriétaires de chevaux de course, Athmane Benslimane s’autorise des largesses financières aussi mesquines que condamnables. Comme cette fameuse « prime d’encouragement» de 10% sur le salaire de base qu’il s’octroie par décision datée du 17 septembre 2018 avec un effet rétroactif depuis le 27 août 2018, c’est à dire remontant au jour de sa nomination. Ou encore cette indemnité téléphonique forfaitaire de 4 000,00 DA, ridicule pour un cadre retraité du MJS et secrétaire général de la FEA. Cette mesquinerie le mènera jusqu’à grappiller six jours de frais de mission à 100% pour son dernier déplacement à Dubaï, pour assister à un évènement de l’IFAHR, une fédération de chevaux de course de pur sang arabe, alors qu’il disposait d’une prise en charge totale de la part des organisateurs. Sait-il, au moins que le trésor public a déboursé en 2015 plus de 200 milliards de centimes pour venir en aide à la SCHPM, qui peine encore à retrouver son équilibre financier, pour se permettre ces dépassements inutiles et contreproductifs pour cette entreprise publique agonisante ? Ou bien, son souci serait ailleurs comme, par exemple, assurer la mise à flot régulière de la FEA en versant, rubis sur ongle, la quote-part qui lui revient de la part de la SCHPM et qui s’élève à 3% sur les 35% du chiffre d’affaires ? Autant de questionnements qui suscitent l’inquiétude des professionnels des courses et interpellent le ministre de tutelle tant la gravité de ces dérives risque de faire déborder les choses. Pour finir, une énigme : par quel miracle, Athmane Benslimane ne s’est pas encore vu refuser une autorisation de sortie délivrée par le ministère comme cela se faisait avec les précédents DG de la SCHPM ou dispose-t-il d’un blanc seing remis par un cabinet noir ? Son programme, Bahrein dans quelques jours et Italie (Syracuse) à la mi-décembre. Allo, y a quelqu’un ?
Ali DOUIB