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Réunion Opep et non Opep, à Vienne, depuis hier : Le nécessaire compromis pour préserver la coopération

Déclarant, à moins de deux semaines de la réunion, de l’OPEP et de ses partenaires signataires de l’Accord, entamée hier, à Vienne, que «ce qui nous importe, c’est qu’il y’ait un équilibre entre l’offre et la demande» le ministre de l’Énergie, Mustapha Guitouni, avait en marge d’une réunion du Conseil de la nation, consacrée aux questions orales, fait savoir que des sous commissions suivaient «de près le marché pétrolier», en vue de l’élaboration de rapports, à soumettre pour examen, au conclave du Cartel, à Vienne.

Des rapports qui permettront, sans nul doute, aux présents, depuis hier, à la réunion des membres de l’OPEP et non membres, signataires de l’Accord de réduction du niveau de production de pétrole, outre les discussions entre les acteurs influents, à réussir le compromis, après les positions exprimées par Moscou et Ryadh, en faveur d’une hausse de production de l’or noir. Hier, le secrétaire général du Cartel, Mohammed Barkindo s’est montré optimiste de voir la conclusion d’un accord entre les acteurs réticents à la hausse de la production et ceux en sa faveur, et c’est sur la quantité à augmenter, il est à noter, que les discussions vont être difficiles, dont certains avancent que celle-ci devrait couvrir le recul de la production de certains pays, (Vénézuéla, Iran, Irak et Libye). Une approche qui, selon des experts, permettra outre le maintien de la coopération et du travail accomplis, à ce jour, par les signataires de l’Accord, membres et non membres de l’OPEP, à l’origine d’un prix du baril de pétrole, dépassant de très loin, la barre des 27 dollars, enregistré en 2016, atteignant la veille de la rencontre de Vienne, la barre des 73,05 dollars, jeudi dernier. Entré en vigueur en janvier, 2017, l’Accord a été prolongé, novembre dernier, jusqu’à fin 2018, contribuant à faire remonter le cours, dont le Brent, à 75 dollars le baril. Hier matin, les prix de l’or noir ont marqué, une hausse de 1,30 dollars sur l’Intercontinentl Exchange (ICE) de Londres, pour le baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en août, pour atteindre la barre des 74, 35 dollars, en réaction aux interrogations persistantes de savoir si la Réunion de Vienne aboutirait à un compromis, autour des points, dont principalement les deux précités, relatif à la hausse de la production et la quantité à augmenter. Pour sa part, Alger œuvrera, lors du conclave de deux jours à Vienne, avec les pays membres de l’organisation des pays exportateurs de pétrole et les pays hors OPEP, à garantir «l’équilibre entre l’offre et la demande» et ce pour préserver la stabilité des marchés pétroliers, lesquels sont très sensibles à la géopolitique ; outre l’impact de la guerre commerciale, notamment celle entre les États-Unis et la Chine.

La géopolitique rythme les travaux du conclave de Vienne
Pour le consultant en transition énergétique et énergie, Tewfik Hasni, il faut retenir, dira-t-il, dans ses déclarations à l’APS, «que les parts de marché perdues par les pays du Moyen-Orient ont été récupérées par le pétrole de schiste américain » mais lorsque les prix, explique-t-il «ont dépassé les 75 dollars, cela a été une ligne rouge inacceptable pour l’économie occidentale» car, ce prix «permettait aux pays considérés par les USA comme des «ennemis», de se renflouer financièrement», notamment l’Iran et le Venezuela. Poursuivant, il indiquera que le «président Trump a mis le holà. L’injonction faite à l’Arabie saoudite a été suivie d’effets, puisque ce pays n’a pas tardé à annoncer qu’il était favorable, pour une augmentation de 1,5 mbj, alors que d’autres de ses partenaires dans l’Accord, favorables à une hausse, qui ne doit pas, cependant, dépasser les 600 000 mb/j.» Présent à Vienne, le ministre équatorien du Pétrole, Carlos Perez, a dit espérer de voir un compromis être dégagé, lors de la rencontre de Vienne, un compromis, déclarant, aux médias, qu’«on peut, peut-être, trouver un juste milieu entre 1,5 million b/j de barils et zéro», a-t-il dit avant de répondre «probablement» à la question de savoir, si cela impliquait une hausse de 500 000 ou de 600 000b/j. Ne pouvant dans ses pressions en faveur d’une hausse de la production de l’or noir, à 1,5 millions b/j, susciter davantage de tensions au sein de la Réunion de Vienne, notamment avec l’Iran, au risque de voir un impact majeur sur la coopération et le travail des membres de l’OPEP et non membres, dont la Russie, celle-ci sera un acteur pesant, pour concilier les positions dures et opposées, de Ryadh et de Téhéran, notamment pour que l’Iran, parvienne à adopter une posture en faveur d’une hausse, limitée, ne dépassant pas les 600 000 b/J, comme l’avancent des experts en la matière, dans leurs déclarations aux médias. Par ailleurs, le président de la société de conseils en énergie Nalcosa, basée à Genève, Nordine Aït-Laoussine, sur le rôle d’Alger d’œuvrer avec les membres de l’OPEP, selon Guitouni «à garantir l’équilibre entre l’offre et la demande pour préserver la stabilité des marchés pétroliers, il dira que le ministre algérien de l’Énergie «est dans son rôle au sein de l’OPEP à la poursuite des efforts en faveur de la stabilité et de la discipline de la production» a-t-il précisé. Et de poursuivre, à l’APS, que «l’Algérie n’a rien à gagner à court terme d’une augmentation de la production de l’Opep» avant de préciser que le pays «pourrait même enregistrer une perte de revenus si» et seulement si «l’augmentation prévue n’est pas le résultat d’un consensus, auquel cas l’activisme des spéculateurs sur les marchés financiers à terme» pourrait favoriser, a-t-il averti «une rechute importante des cours» de l’or noir. Et de son côté, Tewfik Hasni, se disant en accord avec le ministre Guitouni, qui ne peut, dira-t-il, que «se battre pour un prix maximum du baril, nous avons vu que le pétrole de schiste US atteint ses limites, on peut donc se battre pour un prix maximum de 75 dollars » suggère-t-il. Ne manquant pas de souligner, par ailleurs, qu’en ces temps, «il faut appréhender le problème des prix du pétrole beaucoup par la vision géopolitique que celle unique du marché» et d’indiquer que «nous voyons que les chantres du marché libre et du libre-échange ont changé d’approche pour restreindre l’accès des marchés à leurs « ennemis » dira-il. Il est utile de rappeler, que le projet de loi contre les cartels de production et d’exportation de pétrole, prêt depuis 18 ans, a été soumis, fin mai dernier, au Congrès américain. Le document proclame hors la loi les accords de cartel sur le marché pétrolier et propose d’étendre la loi antitrust Sherman à l’Opep.
Le projet de l’élargissement de cette loi ayant déjà franchi la première étape, la première quinzaine du mois courant, approuvé par le Comité judiciaire de la chambre des représentants, traduisant les critiques de 30 ans de Donald Trump, pour qui, le cartel «vole les citoyens américains» et de se distinguer, après avoir été le locataire de la Maison Blanche, par une conduite radicale «en déclenchant une guerre commerciale» contre la Chine, l’UE et d’autres pays.
Karima Bennour