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REPRISE DES COURS DU PÉTROLE : Le Brent se stabilise autour des 60 dollars

Les cours du pétrole, en hausse continue depuis le début de la semaine dernière, continuaient de grimper, hier, dans un marché optimiste qui attend la publication par l’EIA des stocks de brut aux États-Unis.

Hier matin, le Brent pour livraison en avril gagnait 0,69% à Londres par rapport à la clôture de mardi, à 61,51 dollars. Le baril américain pour le mois de mars s’appréciait dans le même temps de 0,53% à 58,67 dollars. Le Brent reste sur une impressionnante série de huit séances consécutives de hausse, le West Texas Intermediate (WTI) a quant à lui bouclé, lundi, sa septième. Les deux contrats de référence en Europe et aux États-Unis se sont appréciés d’environ 20% depuis le début de l’année et retrouvent des prix respectivement plus vus depuis le 21 janvier 2020, avant que la pandémie ne les précipite dans l’abîme.
Les principaux indices de référence « sont dans une nette tendance haussière car les investisseurs parient sur une reprise économique rapide une fois que le vaccin permettra d’assouplir les mesures de restrictions », a commenté Carlo Alberto De Casa, analyste d’Activtrades. « En outre, toute nouvelle concernant des mesures de relance budgétaire ou monétaire supplémentaires accentue l’optimisme et déclenche de nouveaux achats », a-t-il ajouté. C’est le cas notamment aux États-Unis, premier consommateur de brut, où le gouvernement de Joe Biden compte lancer un plan massif de 1 900 milliards de dollars au plus vite pour permettre une relance rapide de l’économie.
Par ailleurs, il est clair pour Naeem Aslam d’Avatrade, que « l’Arabie saoudite ne laissera en aucun cas se former une surabondance de pétrole », de quoi soutenir encore un peu les cours du brut. En plus des coupes décidées dans le cadre de la politique de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), le premier exportateur mondial d’or noir a décidé, en janvier, d’entamer son propre quota de production d’un million de barils par jour supplémentaires en février et mars. Le marché salue par ailleurs la publication mardi par l’American Petroleum Institute (API), la fédération qui regroupe les professionnels du secteur pétrolier aux États-Unis, de stocks de brut en baisse de 3,5 millions de barils la semaine passée dans le pays.

Abdelmadjid Attar : « on s’attendait à la reprise des cours »
L’Algérie a estimé que les cours du pétrole autour de 60 dollars le baril pourraient se maintenir pendant le premier semestre de cette année 2021, soulignant que les décisions de l’Opep+ ainsi que d’autres facteurs sont à l’origine de cette remontée du brut. S’exprimant en marge de la réunion extraordinaire tenue mardi par visioconférence, des membres du Conseil ministériel de l’Organisation des pays africains producteurs de pétrole (APPO) le ministre de l’Energie, Abdelmadjid Attar, a indiqué que les prix du brut pourraient se maintenir à 60 dollars le baril pendant le premier semestre 2021, « voire plus, notamment en cas d’évènement géopolitique important ». « On s’attendait à cette reprise des cours, notamment après les décisions de l’Opep+ qui ont permis aux prix du pétrole de remonter », a soutenu le ministre de l’Énergie, soulignant également que d’autres facteurs ont influé sur le marché pétrolier, citant notamment la vaccination contre la Covid-19 au niveau de la plupart des pays consommateurs du pétrole. « Nous sommes optimistes quant à l’évolution du marché, en raison de la situation internationale et des pays consommateurs de pétrole, membres de l’OCDE, dont les stocks ont baissé.
Les prix du brut se maintiendront à 60 dollars le baril durant le premier semestre 2021, surtout en cas d’évènement géopolitique majeur », a fait observer Attar. S’agissant de l’évolution des cours durant le deuxième semestre 2021, le ministre a expliqué que tout dépendra de la réussite des vaccinations dans le monde contre la pandémie et de la reprise de l’économie des pays gros consommateurs de l’or noir. Dans ce contexte, Attar n’écarte pas la hausse des cours au-delà des 60 dollars le baril, tout en prônant la prudence dans ses prévisions ».
Concernant la baisse des niveaux de production pétrolière et gazière de l’Algérie, le ministre Attar a assuré que la production de pétrole était conforme au niveau de limitation fixé par l’Opep + dans le cadre de l’accord décidé en décembre dernier, et que « L’Algérie respecte à un taux de 102% l’accord de limitation de la production de l’Opep+ », a-t-il précisé.
Dans le domaine du gaz, le ministre de l’Énergie a fait savoir que le pays « est à pleine capacité et répond totalement aux besoins nationaux » surtout, a-t-il souligné « durant cette période hivernale » et s’agissant des quantités exportées, il dira que «  celles-ci dépendent des besoins exprimés par les marchés internationaux » avait déclaré le ministre de l’Énergie, Abdelmadjid Attar.
Sarah Oubraham