Mouvement dans le corps des walis

RENCONTRE GOUVERNEMENT-WALIS : Faire sauter les verrous de la bureaucratie

C’est aujourd’hui que s’ouvre la rencontre entre le Gouvernement et les Walis, au palais des Nations, à Club des pins, et qui s’étalera sur deux jours pour la refonte de l’Administration à travers un passage à la politique de « purification » de l’appareil administratif du phénomène de la bureaucratie en adoptant une batterie de mesures qui figure dans le plan d’action de l’Exécutif, dont notamment le renforcement de la décentralisation dans le seul objectif d’assurer une meilleure performance et prestation dans tous les secteurs, pour reprendre les propos du Premier ministre, Abdelaziz Djerad. Placé sous le slogan « pour une Algérie nouvelle », le rendez-vous aura lieu, faut-il le rappeler, sur « décision » du Président de la République pour déterminer les priorités, traduire les décisions et fixer les délais afin d’appliquer à la lettre le contenu du programme du gouvernement, dont la priorité reste le plan d’urgence pour les régions rurales et montagneuses, et le Sud, à même de pallier aux inégalités dans le développement local entre les régions du pays.

Le président Tebboune hérite d’une situation difficile
Il faut dire que l’élu aux destinées du pays, Abdelmadjid Tebboune, a hérité d’une situation des plus complexes sur tous les plans, avec plus de 40 millions d’Algériens délaissés par les pouvoirs successifs, répartis sur une surface de 2 380 000 km2, une pauvreté galopante, un chômage à plus de 20%, un pouvoir d’achat agonisant, et pour boucler la boucle, les caisses de l’État sont déficitaires, selon le constat même de M. Djerad. « La situation financière du pays demeure fragile, otage des fluctuations du marché pétrolier mondial, qui connait une baisse chronique des prix en plus du rétrécissement des exportations des hydrocarbures qui ont généré un déficit au trésor public », a-t-il affirmé devant les parlementaires lors de la présentation du programme de son staff. Cette situation s’est également répercutée, négativement, sur la balance commerciale qui a connu, elle aussi, un déficit de 10 milliards de dollars fin 2019, alors que les réserves ont perdu plus de 17 milliards de dollars au cours de la même année, à se fier à la même source. Et comme le malheur ne vient jamais seul, des décisions et des engagements budgétaires qui s’élèvent à 1000 milliards de Dinars ont été pris en 2019, alors que les moyens financiers nécessaires n’étaient pas disponibles. D’ailleurs, le Premier ministre n’a pas été tendre envers le gouvernement précédent, qui était initialement chargé de gérer les affaires courantes du pays. Lors de la présentation du programme d’action, Abdelaziz Djerad a sévèrement taclé l’ancien Premier ministre, Noureddine Bedoui, affirmant que certaines dispositions prévues dans la Loi de finances 2020 “visaient à créer la confusion”. M. Djerad a fait savoir qu’il avait proposé au président de la République “la préparation d’un projet de Loi de finances complémentaire, en vue de traiter les dysfonctionnements contenus dans la loi de finances 2020”. M. Djerad a indiqué que dans le cadre du projet de Loi de finances complémentaire 2020, “des dispositions fiscales injustes envers les salariés exerçant au Sud et certaines professions libérales seront annulées”.

L’application du Plan tributaire de la volonté des Walis
Les deux jours de la rencontre sont donc une aubaine pour poser la problématique des nouvelles missions aux collectivités locales en ces moments de grandes tensions à  la fois géostratégiques à nos frontières,  sociales et budgétaires. C’est dans cette optique, d’ailleurs, qu’il a été procédé à l’organisation de cette rencontre dans une perspective d’analyse et d’explication du plan d’action du gouvernement et ses mécanismes de mise en œuvre, basée sur une approche de participation des autorités locales représentées par les cadres et les élus,  en vue de concrétiser, d’une manière effective, intégrée et participative, l’ensemble des actions de développement pour lesquels s’est engagé le Président de la République et qui sont contenus dans le plan d’action du gouvernement. La rencontre en question s’inscrit, pour ainsi dire, dans un nouvel esprit de gouvernance, établi sur la base d’une approche de développement durable harmonieuse, mettant en valeur la qualité du cadre de vie citoyen et son environnement. Elle vise également l’élargissement du terrain de la réflexion et de la mise en application du plan arrêté par les pouvoirs publics afin d’établir une démarche performante de développement, génératrice de richesses et favorable à la mise en réseau des initiatives innovantes des différents acteurs tant sur le plan régional que local. La rencontre regroupera environ 1100 participants dont des membres du gouvernement, des cadres centraux et locaux, des élus ainsi que des partenaires économiques et s’articulera autour de plusieurs thématiques. Il est à préciser que cette rencontre se déroulera au Palais des Nations, pour ce qui est des allocutions des communicants, et au Centre international des conférences, en termes d’organisation des ateliers et des débats. Il sera question lors de cette rencontre d’examiner plusieurs thématiques d’importances capitales, dont l’amélioration continue du cadre de vie citoyen à travers une démarche de planification des systèmes de développement local et les instruments de son financement dans une optique de cohérence et de complémentarité, la gestion rationnelle du foncier économique sur la base de la promotion de l’esprit entrepreneurial et d’identification des périmètres de compétences et des responsabilités, la mise en place d’une gouvernance urbaine axée sur la gestion moderne des nouvelles villes, la maîtrise du logement ainsi que le perfectionnement des commodités de vie urbaines et le désenclavement des zones frontalières et de montagne sur la base d’une redéfinition des critères de développement en phase avec les potentialités de l’ensemble des zones à promouvoir entre autres. Pour traduire le projet des pouvoirs publics en actions concrètes de développement dans tous les secteurs, des ateliers interactifs regroupant les différents participants seront animés d’une manière continue tout au long de cette rencontre qui devra déboucher sur une série de recommandations opérationnelles.
Brahim Oubellil