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Remplacement des œuvres sociales par le 13ème mois : Une proposition rejetée par les Syndicats de l’Éducation

Alors que le secteur de l’Éducation nationale est plongé, depuis quelques heures, dans une polémique «stérile» quant à l’interdiction de la prière dans les écoles, les dossiers de «discorde» qui font jaser les syndicats, tels que les œuvres sociales et la révision du statut particulier demeurent au centre des préoccupations. Profitant de la tenue d’une conférence de presse, les membres de l’Intersyndicale de l’éducation, regroupant six syndicats du secteur se sont étalés sur les deux dossiers, affirmant qu’ils ont «décidé de boycotter le dialogue avec la tutelle». C’est le cas du secrétaire général du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef), Boualem Amoura qui a d’abord précisé que le «ministère veut détourner l’intérêt des vrais problèmes de l’école». En réaction à la proposition de la ministre de supprimer les œuvres sociales et de les remplacer par le treizième mois, le syndicaliste a précisé que «Nouria Benghebrit n’a aucun pouvoir pour le faire puisque ces fonds sont gérés par deux décrets présidentiels, à savoir, le décret 82-303 du 11 septembre 1982 relatif à la gestion des œuvres sociales, ainsi que le décret n° 82-179 du 15 mai 1982 fixant le contenu et le mode de financement des œuvres sociales». Précisant que les «œuvres sont un acquis pour les travailleurs algériens», le syndicaliste a rappelé qu’il «cherche à améliorer la gestion et le fonctionnement de ces fonds et non sa suppression». Autrement, ne mâchant pas ses mots, Amoura a qualifié la proposition d’«absurde», qui n’a «aucun sens juridique». «Ce que nous demandons, c’est l’application stricte de la loi», a-t-il dit avant de noter que celle-ci « stipule que la gestion doit être décentralisée, contrairement à ce qui est en vigueur dans le secteur de l’éducation ». « Est-ce que le secteur de l’éduction est un secteur hors-la loi ? », s’est, en ce sens, interrogé Amoura, avant de regretter que «la ministre veut détourner les travailleurs des vrais problèmes du secteur ». En ce qui concerne le dossier du statut particulier, le SG du Satef a signalé que «  le ministère les a encore conviés à une réunion de dialogue portant sur ce dossier, alors qu’ils nous ont annoncé que ce dossier a été déjà soumis à une commission ad hoc ». Sur ce, les syndicats ont décidé de boycotter la réunion organisée par le ministère de l’Éducation hier, à Alger, sur les dysfonctionnements du statut particulier des travailleurs du secteur. «Nous avons tenu 55 réunions avec la tutelle, à essayer de corriger les incohérences, pourquoi doit-on encore rediscuter ?», s’est-il étonné, tout en dénonçant «le manque du sérieux de la tutelle». Pour sa part, Meziane Meriane, coordinateur du Snapest a été sur la même longueur d’ondes, en déplorant les «incohérences de la part du ministère de l’éducation dans le traitement de ces deux dossiers, essentiellement le statut particulier qui n’a finalement pas été présenté à une commission hd hoc». Par ailleurs, soulignant que «la suppression des œuvres sociales doit passer par la suppression du décret présidentiel», le coordinateur du Syndicat national des professeurs de l’enseignement secondaire et technique, a indiqué qu’il «faut revoir les méthodes de gestion de ces Fonds». Autrement, la proposition de la ministre est «très légère» parce qu’«elle ne prend pas en considération les couches les plus défavorisées du secteur». «C’est un non-sens. Les œuvres sociales prennent en charge les orphelins, les veuves…. c’est une solidarité à l’intérieur du secteur », a-t-il rappelé.
Lamia Boufassa