Intersynbdicale

Refus d’agrément pour la création de la CSA : Les syndicats dénoncent une décision répressive

Le ministère du Travail de l’Emploi et de la Sécurité sociale a refusé d’accorder l’agrément aux syndicats autonomes de plusieurs secteurs pour la constitution d’une confédération nationale. Lors d’une conférence de presse, organisée hier, au siège de l’UNPEF, la coalition a dénoncé une décision répressive et une politique de deux poids deux mesures engagée par la tutelle.

Au lendemain de l’octroi de l’agrément au FCE pour se constituer en confédération, l’intersyndicale n’a, quant à elle, pas eu le même traitement. Un comportement du ministère du Travail qui n’a pas laissé la coalition indifférente. Ayant exprimé clairement son mécontentement quant à cette décision «infondée», le représentant de la CSA, Sadek Ziri, a laissé entendre que les choses ne vont pas s’arrêter là. Selon le président de l’Union nationale des travailleurs de l’éducation et de la formation, plébiscité pour représenter la CSA, un second écrit a été envoyé hier au département de Zemali pour reformuler la demande de constitution de la confédération. Et dans le cas où le ministère réponde une seconde fois par un refus, il sera question, alors d’entamer une série d’actions de contestations, a-t-il prévenu. Pour ce qui est des raisons de ce refus, Ziri a précisé que le ministère, dans sa réponse, avait noté des observations se rapportant au non-respect des dispositions de l’article 2 de la loi n°90-14 du 2 juin 1990, modifiée et complétée, relative aux modalités d’exercice du droit syndical. Selon lui, la tutelle a relevé l’appartenance des membres fondateurs à des secteurs d’activités économiques et au secteur des institutions et administrations publiques, prétextant que les conditions légales de constitution d’une organisation syndicale par profession, branche ou secteur d’activité ne sont pas réunies. Suite à cette réponse, le conférencier a expliqué que la confédération a consulté plusieurs experts qui ont, à l’unanimité, déclaré la décision du ministère «illégale». D’après ces experts, aucun texte de loi n’empêche la création d’une confédération qui regroupe plusieurs secteurs d’activité, insistant sur le fait que l’Algérie est signataire de la convention internationale n°87. De son côté, le secrétaire général du SNAPEST, Meziane Meriane, a souligné l’inexistence d’un vide juridique concernant la création de confédération mais il s’agit plutôt, affirme-t-il, d’un manque de volonté d’accepter une autre confédération en Algérie. Le syndicaliste fait état également d’une volonté de casser le mouvement syndical et réprimer les libertés des travailleurs. Pour rappel, les syndicats autonomes avaient déposé leur demande auprès de la tutelle le 30 novembre 2018, alors que la réponse a été donnée le jour suivant. Le collectif est composé de 14 formations qui revendiquent essentiellement l’annulation de la nouvelle loi sur la retraite, la protection du pouvoir d’achat des travailleurs ainsi que la révision du code du travail.
Ania Nait Chalal