Promotion des exportations : La parade de Lalmas en quatre points

Malgré les mesures de facilité sur les avantages fiscaux et douaniers, suivies du gel à l’importation de 851 produits, les opérateurs algériens peinent toujours à exporter leurs produits. Avec seulement 600 millions de dollars de recettes hors-pétrole et dérivés, 2017 est économiquement mauvaise pour les exportations. Smaïl Lalmas, expert en commerce extérieur, a proposé au gouvernement l’ouverture de quatre chantiers comme pour répondre aux incohérences relevés dans le commerce extérieur. «L’exportation est un métier, mais il faudrait mettre tous les paramètres pour accompagner et faciliter l’acte d’exporter», signe à priori l’invité du Forum du Courrier d’Algérie pour rappeler les règles basiques d’un secteur dont il maitrise les rouages. Et, en quoi consistent-elles les quatre solutions clés ? Celles-ci passent par la définition de l’offre à l’exportation, le ciblage des marchés, se doter d’une bonne logistique et enfin la mise en place d’un dispositif d’accompagnement.

Quelle offre à l’exportation
Depuis juin 2016, le gouvernement a mis sur rail un nouveau modèle économique basé sur la croissance à relever par la diversification de l’économie. Cependant une telle démarche voudrait qu’elle soit prise avec tact et précision pour repérer, évaluer et identifier des secteurs, où l’Algérie dispose d’un réel potentiel. «Le premier chantier porte sur le diagnostic de l’économie au niveau des différents secteurs productifs. Charge aux différents départements ministériels de le faire dans chacun de leurs secteurs respectifs. Une fois les informations réunies, elles vont permettre d’alimenter notre stratégie à l’exportation», explique Lalmas.

Pour qui exporter ?
Bon nombre de produits «made in Algeria» commencent à se placer à l’international, en Afrique notamment. Toutefois, ces produits butent sur des problèmes de rentabilité et de compétitivité, contrairement à nos voisins tunisien et marocain. Lalmas considère que les opérateurs et exportateurs algériens font face à de «grandes difficultés pour pénétrer aux marchés. Même en Afrique, l’exportateur algérien paye des taxes à 30 ou 40 % de la valeur de son produit alors que ses voisins ne payent pas de taxes». Et pour cause, l’Algérie n’est pas intégrée dans les espaces de libres échanges commerciaux, tels que l’OMC, et les espaces régionaux comme COMESA, CEDEAO, explique Lalmas. Pour déblayer le terrain à nos exportateurs et les mettre à pied d’égalité avec les autres concurrents, le président de l’ACE appelle à un accompagnement diplomatique du label algérien. Autrement, conclure des accords de libre échange au moins pour les marchés ciblés par les opérateurs algériens à l’effet de faire bénéficier ces derniers des avantages commerciaux, à l’instar des pays membres.

Transport et logistique
Il s’agit d’augmenter d’avantage le trafic de passagers et de marchandises par voie aérienne et les réseaux terrestres. Ceci, pour plus de fluidité et d’accessibilité entre notre pays et ses partenaires économiques. Même si, ceci dépend de l’amélioration de l’état des infrastructures. Pour l’expert économique, «il faut mettre une forte stratégie pour la logistique et les transports qui répondraient le mieux aux objectifs tracés, mais aussi pour répondre aux besoins des opérateurs nationaux.

Un total accompagnement
Le succès de la stratégie algérienne à l’exportation dépend également d’autres facteurs aussi essentiels, mais qui restent négligés. Tout ce qui est accompagnement et financement: bancaire, conseils, formations aux métiers d’export, «est aujourd’hui un élément sine qua non au démarrage de la machine exportation et son fonctionnement efficace», suggère Lalmas qui rappelle le rôle important que devra jouer la Banque d’Algérie dans ce tableau. Concrètement, l’établissement financier est appelé à créer des filiales à l’étranger et disposer d’un réseau international de correspondants pour répondre aux services sollicités par les opérateurs.
Hamid Mecheri