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Crise d’approvisionnement en lait : Les distributeurs appellent à l’ouverture d’un dialogue

Le ministère de l’Agriculture, ainsi que l’administration générale du Groupe industriel de production du lait et de ses dérivés (Giplait), sont invités à ouvrir les portes du dialogue, pour les distributeurs de lait.

Fraichement créée, la Fédération des opérateurs de la distribution de cette denrée alimentaire appelle les deux partenaires à privilégier la voie du dialogue à l’effet de trouver des solutions aux récurrentes perturbations du lait en sachet. Une démarche quoi doit même intervenir en urgence, sachant que le temps ne joue pas en faveur des acteurs de cette filière qui sombre depuis ces dernières années dans l’anarchie en l’absence d’un cadre pouvant charger chacun des intervenant devant ses responsabilités. Selon la Fédération des distributeurs, il s’agira d’éviter des conséquences fâcheuses et d’un bras de fer qui couve. En tout cas, cette situation s’observe uniquement à Alger, même si les conséquences peuvent gagner d’autres wilayas, si des mesures ne sont pas prises en amont. Ce qui aurait aggravé les perturbations de l’approvisionnement des ménages en matière du lait en sachet. En effet, les distributeurs mettent en avant un certain nombre de revendications, notamment «leur droit aux sachets de lait additionnels qui leur sont octroyés par Giplait depuis des années, en vertu d’un accord sur le marché conclu entre les deux parties et la restitution des sachets de lait endommagés qui dépassent parfois les 100 sachets/jour chez certains distributeurs, a souligné l’intervenant. Certains sachets de lait sont endommagés lors de la production, en raison de défauts de fabrication et à cause de la mauvaise qualité de la matière utilisée (polyéthylène), selon le responsable.» Pour le président de cette Fédération, Farid Oulmi, «l’administration exigeait des distributeurs la distribution du lait et de ses dérivés, produits par Giplait, sans encaisser de gains supplémentaires.» Une raison pour laquelle, ils ont déclenché un mouvement de grève de trois jours depuis jeudi dernier. Cependant, ce responsable a conditionné l’acceptation par les distributeurs de renoncer à la revendication relative aux sachets additionnels, qui constituent leur marge bénéficiaire, par le consentement de l’administration de relever la marge bénéficiaire à 2 DA/Litre. Ainsi, la marge bénéficiaire des distributeurs est passée de 0.75 centime/L à 0.90 centime en 2016. D’autre part, la Fédération a appelé l’administration «à annuler le système de facturation au sein de ses laiteries et à le remplacer par des bons de livraison, pour éviter de payer des charges aux services d’impôts, puisque cette catégorie est prestataire de services et n’assure pas une activité purement commerciale». Abordant la représentativité de cette Fédération, Oulmi a fait savoir que le nombre des distributeurs de lait au niveau national est estimé à 1500 distributeurs collaborant avec 119 laiteries, dont 15 publiques, ajoutant que certains ont à leur actif plus de 35 ans d’ancienneté. En outre, le président de la Fédération nationale des distributeurs de lait a précisé que «les distributeurs du Groupe Colaital de Birkhadem ont refusé de signer la convention conclue entre l’ONIL et le ministère du Commerce pour préserver les acquis accordés par le Groupe à ces distributeurs.» À cet égard, il a précisé que les distributeurs «refusent toute négociation portant sur la suppression de l’avantage qui leur est accordé par le Groupe depuis des années, à savoir 6 citernes de lait contre 500 distribuées, appelant à l’ouverture d’un dialogue autour des clauses de cette convention.» En tout état de cause, les intervenants dans cette filière, aussi sensible qu’elle concerne un produit de première nécessité, gagnerait à ouvrir le dialogue pour discuter des problèmes actuels au risque de les voir faire pêle-mêle et ne plus pouvoir par quoi commencer.
Mohamed Amrouni