Ouyahia

Programme national des énergies renouvelables : Le gouvernement brave la crise financière

Le gouvernement rassure sur la stratégie nationale portant sur les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique. Il ne compte pas renoncer à ses efforts pour plus d’efficacité et une couverture optimale des besoins des foyers algériens en électricité et en gaz de ville.

«Le secteur de l’énergie a réalisé des progrès notables dans notre pays et l’État est résolument déterminé à poursuivre ses efforts pour atteindre tous les objectifs de son Programme national des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique », a déclaré jeudi au Conseil de la nation le Premier ministre Ahmed Ouyahia, dans un message lu en son nom par Mahdjoub Bedda, ministre des Relations avec le parlement. La mise au point du Premier ministre vient en réponse à la question d’un membre du Sénat sur les mesures prises par le gouvernement pour lever le gel sur certains projets de développement local, dans la wilaya de M’sila en particulier.
Le sénateur qui a posé la question interpellait l’Exécutif, lors d’une séance plénière consacrée au jeu de questions-réponses, sur les préoccupations des habitants de cette région quant au raccordement de leurs foyers aux réseaux de gaz de ville et d’électrification rurale. Si la revendication émanait de M’sila, le gouvernement aurait tenu une réponse général sur ses intentions de maintenir le cap sur le développement au niveau de tout le territoire national. Ainsi, avec le Programme national des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique (PNEREE), le gouvernement envisage d’élargir le schéma national de raccordement aux réseaux de gaz et d’électricité pour couvrir l’ensemble du territoire national. Ce programme devrait également être un centre de réflexion en vu de prospecter et exploiter les nouvelles ressources énergétiques.

Penser aujourd’hui, l’énergie de demain
Après la chute brutale des cours des hydrocarbures en 2014, le débat sur les énergies renouvelables a été relancé par le gouvernement qui tente d’en faire un palliatif aux énergies fossiles surtout avec le recul des recettes qui en découlent d’autant qu’elles représentent l’essentiel de la fiscalité pour la Trésorerie publique. Ce choix stratégique est motivé par l’immense potentiel en énergie solaire que recèle l’Algérie, souligne le ministère de l’Énergie sur son site électronique. Cette énergie constitue l’axe majeur du programme qui consacre au solaire thermique et au solaire photovoltaïque, une part essentielle. D’ailleurs, cette source d’énergie devrait atteindre plus de 37 % de la production nationale d’électricité d’ici 2030. Dépendantes, les longs délais prévus pour la mise en œuvre de la stratégie du gouvernement dans le déploiement notamment des installations nécessaires (fournitures et pose des panneaux solaires notamment), risquent de perdurer encore, faute de disponibilité des enveloppes financières, imposées par la politique de rigueur et rationalisation des dépenses publiques. Sur ce, et toutefois, le chef de l’Exécutif voit dans cette nouvelle énergie «l’un des piliers du modèle de croissance économique adopté par l’État, en tant que véritable levier du développement économique et social». Pour relever ce défi, le Gouvernement «s’emploie à réunir les conditions et les moyens nécessaires pour poursuivre la mise en œuvre du grand programme mis en place dans ce domaine visant à porter la production électrique à plus de 30 000 mégawatts à l’horizon 2020 », a précisé le Premier ministre. À titre indicatif, le taux de raccordement au réseau électrique était de 99 % en 2017 et celui du gaz à près de 55 % à l’échelle nationale. Augmenter davantage ces taux de raccordement est soumis à la «politique nationale de rationalisation des dépenses publiques », adoptée récemment par les autorités. Il s’agit là d’autant de facteurs, ayant induit « une baisse sensible des revenus de l’État » et généré « une crise financière qui persiste à ce jour», rappelle Ouyahia. Des mesures de gel de quelques projets énergétiques dans certaines wilayas ont été prises à cet effet, comme le cas est observé à M’sila. En réponse à cette préoccupation, Ahmed Ouyahia a affirmé «l’attachement » des autorités publiques aux projets non encore lancés au niveau de cette wilaya, en dépit du report de leur exécution. Il a ajouté cependant que leur reprogrammation « se fera en fonction des priorités et des besoins, et ce dès l’amélioration de la situation économique et financière du pays».
Hamid Mecheri