EN Algérie

L’Arabie Saoudite efface le leurre rwandais et accentue les doutes Madjer et le principe de … la «bonne défaite»

Le staff technique des «Verts» (tous les chats, c’est connu, sont «gris» quand l’obscurité s’installe et c’est pourquoi l’on se fourvoie dans les appellations), qu’il s’agisse des «A’» (« locaux direz-vous toujours ?) ou des «A» n’ont finalement pas pesé lourd (revers significatif de 0-2 et la note aurait pu être salée, plus lourde) devant une modeste (pas plus) sélection saoudienne pour laquelle il s’agissait, d’abord et avant tout (objectif atteint), de se retaper le moral avant les derniers réglages sur la route du Mondial 2018 en Russie. L’Algérie a mal joué, fait pâle figure mais peut s’estimer heureuse d’avoir concédé une «bonne défaite», selon la propre appréciation d’un coach national tout heureux de s’en tirer à bon compte face à un «mondialiste» pour le moins, et c’est la conviction unanime du public algérien, limité

De l’obligation de po-si-tiver
Merci pour la boutade. Mais il fallait la trouver. Sonné apparemment par la tournure prise par les événements, Rabah Madjer, s’il est resté calme en donnant l’impression de bien (d’autres lieux, un autre discours, l’air de Cadix et la présence de certains organes de presse étrangers ayant pesé ?) se maîtriser, contrairement à certaines de ses sorties médiatiques houleuses où il aura eu du mal à faire la part des choses, n’a pas dérogé à la règle de conduite qu’il s’est imposé ou que lui imposent des responsabilités lourdes à assumer (l’E.N n’est pas dans ses meilleures dispositions et ne mobilise plus) en sortant de sa botte secrète une appréciation pour le moins étonnante. Ne tient pas la route, le simple supporter ne comprenant plus rien à rien. L’Arabie saoudite dans la peau d’un «mondialiste.» Tout simplement tiré par les cheveux et ça ne convainc personne. Surtout pour un pays connu pour ne pas avoir de traditions footballistiques. Un but par mi-temps et une prestation des plus médiocres.
A oublier au plus vite même si le sélectionneur national, en mal d’arguments et expliquant très mal le piteux visage montré à l’occasion par ses poulains (les 17 joueurs utilisés qui n’ont pas particulièrement brillé, à part peut-être le petit prodige des Italiens d’Empoli, Bennacer, au four et au moulin et peut-être le meilleur sur le terrain en cette soirée de bien des confirmations, en majorité peu joyeuses) a cru bon de se perdre en conjectures bien loin des considérations purement tactiques, voire techniques, en essayant de nous faire avaler des couleuvres grosses du genre «l’arbitre nous a lésés (ndlr, en quoi cela peut-il éclairer la lanterne du potache qui a de surcroit vu le match et n’a pas dû trop s’arrêter sur ce point, l’essentiel étant la qualité de la prestation de ses favoris devant un adversaire moyen, du moins pas un «foudre de guerre) sur certaines décisions.» Et le public algérien, faisant contre mauvaise fortune bon cœur et prenant son mal en patience depuis la dernière et malheureusement catastrophique campagne qualificative pour la Russie, aurait voulu mieux comprendre. De meilleurs éclaircissements sur cette sortie ou défaite jugée (froidement d’ailleurs) de «positive».
Comprendre (celui qui a compris peut-il le faire comprendre à ceux qui n’ont rien compris et nous faisons partie du lot ?) que le principe de la … «bonne défaite» tient la route dans le cas qui nous concerne.
Bien au-delà du présumé parti-pris de l’arbitre qui aurait du, pourquoi pas, siffler le fameux penalty que le camp algérien réclamera et sur lequel il fermera les yeux. Un penalty qui aurait pu changer le cours du match ? A Madjer de nous l’expliquer lui qui se dit «très content du rendement de ses joueurs et ne s’arrête pas sur la défaite malgré «certaines conditions de jeu qui ne nous étaient pas favorables.» La «bonne expérience» en plus de la «bonne défaite.» C’est venu comme ça lorsqu’il a fallu «féliciter» les joueurs qui «ont donné (on n’en doute pas pour notre part même s’ils étaient limite-limite ou loin du niveau promis ou requis) le maximum d’eux-mêmes.»

Le «B» – «A» ba de la …hiérarchie
La bonne défaite (oui ça existe !) mais pas devant ce qui existe de mieux sur la scène internationale. Même pas sur le plan arabe. Et quand Madjer nous rappelle que «c’est notre équipe «B» (on lui rappelle que ce n’’était pas sa conviction avant de prendre les destinées de l’équipe quand il déclarait, sur les plateaux TV ne pas comprendre cette étrange distinction, estimant que le local était du même niveau que les «pros») qui a affronté un mondialiste.
Avec tout ce que cela suppose (ce n’est pas le Portugal, et on croise les doigts à l’avance avant cette sortie du 07 juin même si on imagine à l’avance que la tâche ingrate de se mesurer à la bande à Ronaldo sera du ressort exclusif des Mahrez and Co, soit à 100% composée de joueurs évoluant à l’étranger, ce qui le dérangeait particulièrement mais…) comme statut. Sauf que… Qu’il y a un chapelet de mais. Que l’Arabie saoudite, appelée à jouer la prochaine Coupe du monde (avec quels arguments ?) reste, sans diminuer en rien de ses mérites ni de son niveau (modeste encore une fois) n’a pas l’étoffe (peut-être meilleure que le Rwanda balayée récemment par nos « locaux» à Tunis sur un score aussi large que trompeur, sans aucune mesure en tout cas avec l’emballement qui a suivi au niveau d’une barre technique d’ailleurs vide refroidie par le piteux spectacle accouché en amical contre la Centrafrique) d’une cylindrée européenne ou sud américaine. Un onze national saoudien qui fait son bonhomme de chemin (mieux classé certes que l’Algérie au classement Fifa) et apprend bien de ses examens (celui de mercredi soir contre les «Verts» a-t-il servi à élever le niveau en plus de se refaire un moral ?) de passage. Qui est aussi «B» (on se permet à notre tour cette boutade) que nos «B» lorsqu’on jette un regard sur la fiche technique du match. Aussi «B» que nos «B» (et on prend la peine d’insister), les joueurs alignés portant à 100 % le label local.
Donc sortis du championnat saoudien. Une «spécificité» qui nous fixe (qui en doute ?) sur la différence de niveau et l’ascendant pris sur notre si décriée Ligue1 «Mobilis» qui ne mériterait donc pas mieux que le chapeau «B». Une qualité douteuse, des scandales à répétition, une formation proche du néant. L’un dans l’autre, nos «locaux», qu’ils soient en «A’» ou en «B», du même niveau que les Taider, Brahimi, Ghezzal, Boudebbouz, ou les deux «pestiférés» Feghouli et M’Bolhi et autres, doivent se montrer fiers d’avoir limité (carrément) la casse face à un vis-à-vis composé d’amateurs (dans la version football du Golfe) et qui ne comptait pas moins de cinq absents de marque (pour la petite histoire, d’habituels titulaires évoluant chez le Djeddah concernés par la Ligue des champions d’Asie) auxquels on ajoutera la défection de ses deux seuls «pros» évoluant en Europe (en Liga espagnole) mais qui ne jouent que rarement ou pratiquement jamais avec leurs clubs employeurs. Merci donc pour la qualité ou statut de «mondialiste».

Où vont les «Verts»?
Merci Madjer pour leur avoir «tenu tête» en s’en revenant au pays avec le moins de dégâts possibles. Un 0-2 qui vaut ce qu’il vaut. Nous vaut cette «défaite positive» dont devrait (sûrement ?) profiter l’équipe pour «apprendre de ses erreurs» et avancer tranquillement sur la route du haut niveau.
«Gagner en confiance et en expérience» grâce à ce genre de sorties selon Madjer qui ne jurait que par la victoire avant ce petit revers (selon lui) et qui devrait maintenant passer à autre chose lui qui s’estime curieusement satisfait du rendement d’ensemble. Une occasion de ratée pour les joueurs locaux ou les «B» de marquer des points en prévision des prochaines échéances. Parce que, insistait-il (sans être vraiment sûr), «il y avait des places à prendre avant le vrai test, le Portugal, le mois prochain.» Ratée parce que, cette sortie ou défaite «positive» est passée par là, il y a (pour nos locaux, sauf s’ils rattrapent le coup le 1er juin face au Cap Vert, un examen autrement plus compliqué lorsqu’on jette un œil sur le dernier classement Fifa où il ferme la marche du «Top 10» africain, comme par hasard juste devant l’Algérie, 11e) un avant et un après Arabie saoudite, Rabah Madjer et son staff s’étant sûrement rendu compte que sans les «pros» (et encore) sa «sélection» n’avance pas. N’y arrive plus. Et que, sous le coup des critiques, il se retrouve dos au mur. Dans l’obligation de changer de discours et de sacrifier le «made in bladi» dont il n’a eu de cesse de louer les mérites et dont il vérifie les limites.
Contrairement à ses déclarations d’avant l’Arabie saoudite où il confirmait son envie de «réaliser une bonne prestation et gagner (ndlr, beaucoup ont trouvé inappropriée ses propos où «il ne s’agissait pas pour lui de descendre sur le terrain et se dire que le test servira à voir des joueurs mais pour l’emporter et remonter le moral des troupes») pour préparer idéalement la sortie du Portugal.» Au final ? Il a joué (l’équipe est passée lamentablement à côté de son sujet, notamment lors de cette seconde mi-temps d’une faiblesse inouïe où l’on n’a rien vu), perdu non sans limiter les dégâts devant un adversaire tout juste moyen et sûrement tant d’annotations dans son calepin.
En espérant que des enseignements «utiles» ont été tirés avant le stage du mois de juin et ce face-à-face avec la bande à Ronaldo où le football algérien jouera son prestige. Madjer qui ne jurait que par la victoire n’a pu rien faire contre «le jour sans» de ses poulains. Perdu à l’arrivée et se retrouve avec un supplément de pression avant le jour fatidique où il devrait plancher sur la liste des éléments qui auront validé leur présence pour le match de prestige de Lisbonne. Pression et, aussi et surtout, sarcasmes d’une opinion ayant du mal à comprendre ce qui arrive à ses favoris.
Qui ne comprend pas que face à un onze saoudien plutôt limité (on a bien aimé cette réplique sèche du sélectionneur espagnol, Juan Antonio Pizzi qui recadrait son homologue algérien en lui rappelant que «dans le football il n’y a pas d’équipe A et B», une précision de taille), les «Verts» aient pu passer à côté en sortant une production sans saveur et de faible niveau, le rendez-vous virant à un simple match d’application pour des Saoudiens qui n’en demandaient pas mieux. Un onze national perdu sur le terrain et sans personnalité. Ça craint énormément…
Aouaoua Aghilas