Opep

PLAFONNEMENT DE LA PRODUCTION À 7,7 MBJ JUSQU’AU 31 MARS 2021 : L’OPEP a jusqu’à demain pour convaincre ses alliés

Alors que la veille certains membres de l’organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et leurs dix alliés au sein de l’OPEP+ se sont mis d’accord sur la prolongation jusqu’à fin mars 2021 du plafonnement de la production à 7,7 millions barils/jour à la condition de convaincre leurs partenaires de l’OPEP d’adopter cette option, ces derniers ont décidé de prolonger la réunion jusqu’à demain pour trancher sur la question, selon le ministre de l’Énergie et président de la conférence de l’OPEP, Abdelmadjid Attar.
Dans une déclaration à Radio Internationale, Attar a précisé « Il a été convenu de poursuivre les consultations avec les pays Non-OPEP participants à la Déclaration de Coopération avant de se réunir à nouveau autour d’un consensus adapté à la demande pétrolière, au marché, et à l’ensemble des pays producteurs ».
Il a, à ce propos expliqué que pour permettre à ces consultations d’avoir lieu, il a été « jugé préférable de donner plus de temps à ces consultations et de reporter la réunion de l’OPEP+ au jeudi 3 décembre 2020 ». Pour le président de la Conférence de l’OPEP, le maintien des consultations et le report de la réunion à jeudi est « une démonstration de la volonté de tous d’aboutir à un consensus ». Attar a de nouveau exprimé son optimise par rapport à l’aboutissement à un consensus en déclarant qu’ « après les discussions d’avant-hier (180éme réunion de la Conférence de l’OPEP), qui ont parfaitement mis en évidence une convergence des points de vue des pays membres de l’OPEP, « je suis encore plus optimiste que nous réussirons tous ensemble à aboutir à un consensus ».

OPEP+ : l’Algérie œuvre à déboucher sur un consensus
S’agissant de la position de l’Algérie, qui préside cette année la Conférence de l’OPEP, il a affirmé qu’elle continuera ses consultations et œuvrera à arriver vers un consensus. « Notre position est claire. Nous restons à l’écoute de tous et nous sommes flexibles », a- t-il soutenu. Revenant à la 180ème réunion ministérielle de la Conférence de l’OPEP tenue lundi par vidéoconférence, il a jugé que cette réunion a été très « constructive » et a donné lieu à un riche échange de points de vue sur la situation du marché. Selon le ministre, le marché pétrolier nécessite toujours de la prudence même si sur le plan sanitaire il y a de plus en plus de bonnes nouvelles indiquant la possibilité d’allègements des mesures de confinement à travers le monde, et par conséquent une possible reprise économique à travers le monde. Pour rappel, Lors de son allocution à l’ouverture de la réunion de lundi, Attar a fait savoir qu’ « il y a une unanimité au niveau des 13 pays membres de l’OPEP sur un prolongement du plafonnement actuel de la production à 7,7 millions b/j jusqu’au 1er trimestre de 2021, soit jusqu’à fin mars prochain, au lieu de passer, dès janvier prochain, à 5,8 millions b/j ». Cette option a été étudiée lors de la réunion de dimanche, a poursuivi le ministre, qui s’est dit, en dépit des réserves de certains pays, optimiste quant à l’approbation de la décision de prolongement du plafonnement, d’après ses échanges téléphoniques avec les différents concernés. « La non poursuite des efforts consentis depuis 7 mois par l’OPEP constituera une menace pour le marché pétrolier », a-t-il estimé. Pour le président de l’Organisation, les pays membres pourront, en cas d’adoption du prolongement, tenir une réunion d’urgence en mars prochain en vue de l’application immédiate du plafonnement convenu dans l’accord portant réduction de la production, soit à 5,8 millions b/j. Cependant, les pays de l’OPEP auront à convaincre leurs dix alliés non membres de l’impératif maintien de la baisse de production pour assurer la stabilité du marché pétrolier et parvenir à un prix supérieur à 48 USD/baril, a ajouté Attar, assurant que « la décision finale sera prise lors de la réunion de demain mardi (hier ndlr). L’option de maintenir le plafond actuel de production est motivée par les risques toujours existants en raison des impacts de Covid-19 sur le marché des hydrocarbures, a-t-il expliqué. Il a estimé qu’en dépit de l’annonce de vaccins efficaces contre le Coronavirus et leur possible commercialisation au début de l’année prochaine, la sortie de l’économie mondiale de la stagnation actuelle et la reprise des différentes activités consommatrices d’énergie, notamment le transport aérien, ne se feront pas rapidement. Soulignant dans ce sens que l’objectif des pays de l’OPEP n’est pas seulement la préservation du prix actuel de l’or noir (48 USD/baril), mais son augmentation à des niveaux supérieurs. Il a rappelé, dans ce sens, que les réunions de l’OPEP interviennent dans un contexte très particulier au vu des effets de Covid-19 sur le marché pétrolier et l’économie mondiale. Par ailleurs, et selon les observateurs, cette mesure (la prolongation d’au moins trois mois des niveaux actuels de production) avait été prise afin d’endiguer la chute des cours liée à la baisse de la demande, dévastée par les mesures de confinement et la limitation des déplacements pendant la pandémie.
S. Oubraham