À l’occasion de la première édition de la Journée internationale des grottes et du karst, le majestueux plateau d’Aswel a été le théâtre d’une vaste opération de nettoyage et de sensibilisation.
Rassemblant spéléologues, équipes environnementales et citoyens, cette initiative marque un tournant dans la protection des écosystèmes souterrains du Djurdjura, une réserve de biosphère d’une richesse exceptionnelle mais de plus en plus vulnérable.
Perché à 1 578 mètres d’altitude, le magnifique plateau verdoyant d’Aswel s’est transformé vendredi dernier en un véritable carrefour d’engagement écologique. Sous le thème « Agir pour nos grottes, préserver notre karst », cette journée d’action a fédéré les équipes du Parc national du Djurdjura (PND), la population locale, ainsi que divers clubs de spéléologie venus de Béjaïa, Ghardaïa, Alger et Boufarik. Ensemble, ils ont mené une vaste opération de dépollution ciblant des sites emblématiques tels que le grand gouffre d’Aswel, connu sous le nom de « Anou Bouswil », et le petit gouffre « Iker n’Temda ». L’effort collectif s’est également étendu au ramassage des déchets sur l’ensemble du plateau et au grand nettoyage de la cabane de la station de ski du massif de l’Akouker. Cette initiative, célébrée autour du 13 septembre, souligne l’importance vitale de ces formations géologiques. Véritable écrin de nature offrant des panoramas saisissants sur les sommets environnants, le site d’Aswel représente une zone de transition hautement sensible où la biodiversité de surface se mêle à d’inestimables richesses souterraines. Afin de consolider cette dynamique de préservation, les travaux sur le terrain ont été couronnés par la signature de quatre conventions de partenariat entre le PND et les associations spéléologiques impliquées, scellant ainsi un engagement formel pour l’étude, la sauvegarde et la valorisation durable des sites karstiques du massif. La dimension scientifique et éducative de l’événement s’est matérialisée en soirée par des conférences-débats animées par des géologues issus de l’université de Bab-Ezzouar et de l’université de Tizi-Ouzou. Ces experts ont mis en lumière la fragilité exceptionnelle du milieu karstique du Djurdjura, une richesse écologique, géologique et culturelle aujourd’hui directement menacée par la prolifération des déchets, les activités humaines non réglementées et les mutations environnementales globales.
En plaidant pour une gestion concertée et une implication citoyenne accrue, cet événement réaffirme la vocation du Parc national du Djurdjura. En tant que réserve de biosphère reconnue par l’UNESCO, le parc poursuit son engagement en faveur du développement durable en appelant à une prise de conscience générale et urgente quant à la valeur irremplaçable de ses grottes et de ses formations géologiques.
R. R.














