Syndicats de l'éducation-Benghebrit

Œuvres sociales et statut particulier au cœur des débats : Benghebrit reprend les négociations avec les syndicats

Après une série de rencontres organisées le mois de décembre dernier, n’ayant pas permis de convaincre les syndicats autonomes de renoncer à leur grève du 21 janvier, le ministère de l’Éducation nationale a décidé de renouer avec les négociations pour éviter une autre série de perturbations prévues pour ce mois de février. Le département de Benghebrit a en effet envoyé des invitations à ses partenaires sociaux (syndicats autonomes et ceux affiliés à l’UGTA), les invitant à des rencontres prévues le lundi 4 février ainsi que le mercredi 6 février. Contacté, à ce propos, le secrétaire général du SNAPEST, Meziane Meriane a indiqué que l’objet de la première rencontre est le dossier des œuvres sociales alors que pour la seconde, il sera question du statut particulier. Cependant notre interlocuteur a émis des réserves quant à l’intérêt de ces deux réunions car pour lui «ça ne va mener nulle part». Notre interlocuteur accuse le ministère de l’Éducation de vouloir à travers ces invitations gagner du temps et retarder au maximum le mouvement de grève annoncée pour le mois de février. Convaincu de l’absence d’un schéma logique à ces rencontres, Meriane explique que pour le statut particulier, à titre d’exemple, la commission ADHOC a déjà été installée sans la concertation des syndicats autonomes. Le SG du SNAPEST a précisé, d’autre part, que les syndicats ont été invités tous en même temps pour évoquer les deux questions citées-ci dessous. De son côté, le représentant du SATEF, Boualem Amoura a déclaré ne pas se sentir concerné par la réunion autour du dossier des œuvres sociales, puisque selon lui, la ministre du secteur, Nouria Benghebrit persiste dans son erreur. Il a rappelé à ce propos la décision prise par la responsable de prolonger le mandat de la commission chargée de gérer ce dossier et ce de manière illégale et sans la consultation des syndicats autonomes. Pour ce qui est du dossier du statut particulier, Amoura a indiqué que les travaux de la commission mixte chargée de l’étude des incohérences de ce dernier vont reprendre. Selon Amoura, «la balle est dans le camp de Nouria Benghebrit. C’est elle qui détient les clés des solutions». De plus, il a relevé que les syndicats s’attendent à un dialogue sérieux et direct avec elle, et non pas avec ses conseillers et ses cadres. Au sujet des PV ayant sanctionné les rencontres de décembre dernier, Amoura s’est dit, par ailleurs, étonné d’entendre la ministre dire ne pas avoir reçu les réponses des syndicats. Il a souligné qu’en ce qui concerne le SATEF ; sa réponse a été remise jeudi dernier. Selon lui : «la ministre devrait consulter ses conseillers qui ne lui transmettent apparemment pas tout». Il convient de rappeler que l’intersyndicale prévoit de se réunir à la mi-février pour fixer les dates des prochaines actions de contestations qu’elle compte organiser. Sa plateforme de revendication porte sur des aspects socioprofessionnels et pédagogiques, à l’instar de la reclassification du personnel du service économique, celui de l’orientation scolaire et professionnelle, ainsi que les laborantins et les superviseurs, outre le maintien de la retraite proportionnelle sans condition d’âge et la mise en place de mécanismes rétablissant l’équilibre du pouvoir d’achat. Sur le plan pédagogique, les représentants des syndicats revendiquent la révision des programmes scolaires en fonction du niveau des apprenants et particulièrement ceux de l’école primaire, l’amélioration de la formation, des conditions de travail et de scolarisation, la réalisation d’un enseignement de qualité, la réduction du volume horaire pour l’ensemble des paliers en respectant le volume de travail et les tâches assignées, la préservation du pouvoir pédagogique des enseignants et la liberté d’exercer le travail syndical.
Ania Nait Chalal