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PARTICIPATION OU BOYCOTT DE LA PRéSIDENTIELLE : Djaballah et son parti trancheront demain

Comme lors de la dernière élection présidentielle (en 2014), le leader islamiste et chef du parti Front de la Justice et du Développement (FJD), Abdellah Djaballah, a fait savoir qu’il ne serait pas candidat à la présidentielle du 18 avril prochain. Une décision qui reste toutefois à confirmer, car la décision finale du parti sera, elle, désormais, entre les mains des membres du Madjliss Echoura (Conseil consultatif) qui se réunira en session demain vendredi.
Au lendemain de l’annonce de la convocation du corps électoral, le parti a dépêché ses instances pour commencer à collecter les parrainages nécessaires à la candidature à la présidentielle. Cependant, la position de son président, Djaballah, a laissé place à la spéculation : dans sa dernière sortie, il a estimé que ce scrutin «ne présente aucun enjeu» pour lui, donnant ainsi des clins d’œil clairs sur ses intensions de vouloir boycotter ce rendez-vous électoral. L’homme avait été plébiscité, de nouveau, président du FJD à l’issu de son premier congrès en février 2018, mais le parti a quand-même opéré quelques liftings.
Une restructuration qui consiste en une nouvelle répartition des rôles entre les structures exécutives et consultatives, en vertu de laquelle il a été procédé à la création du poste de premier secrétaire national, auquel échoit désormais la gestion du bureau national, et les questions exécutives. Le congrès avait, en outre, décidé de confier la direction du conseil national exécutif (majliss echoura) à un président élu, au lieu du président du parti comme cela se faisait auparavant. Le bureau exécutif, lui, sera présidé par le premier secrétaire national.
En somme, un allègement des charges politiques pour un leader dont les absences récemment de la scène politique ont laissé place aux rumeurs de sa volonté de se retirer de la vie politique. Le candidat des présidentielles de 1999 et 2004 n’a donné aucun signe de vie médiatique depuis des mois, malgré le nombre important des évènements qui se sont produits et suscité des réactions parfois vives dans la classe politique. Sa dernière sortie date de septembre dernier, quand Abdellah Djaballah a dénoncé, avec force, l’idée de report de la présidentielle initiée par Abderrezak Makri, président du MSP, pourtant considéré comme son allié depuis des lustres et l’une des figures actives dans l’opposition. Sur sa page sur les réseaux sociaux, le FJD avait accusé le chef du MSP de mener un double jeu avec des mots pas du tout tendre : «opposant des salons feutrés et des antichambres de la conspiration» et un MSP réduit au simple rôle de «courtisan» dont «les hommes n’ont pas eu les places auxquelles ils aspirent».
Le parti de Djaballah a estimé offensant les appels de prolongation du mandat du Président de la République et de reporter l’échéance de cet avril, lancés par «ceux qui se réclamaient de l’opposition et que nous avions crus un jour à Mazafran et qui, hier, déniaient aux autres de prôner un tel discours». Pour revenir à la réunion du Madjliss Echoura du FJD de demain, sans tenir égard à la décision qui sera prise alors, participation ou boycott – cette dernière option que nombre d’observateurs accréditent et attendent le plus de Djaballah -, une seule conclusion : le camp islamiste y va plus fragiliser et plus que dispersé. Leur voix quasi-inaudible, leur poids amoindri.
H. M.