Marche

MOUVEMENT POPULAIRE ET CITOYEN : Les messages du 35e vendredi de mobilisation

La libération des détenus, le refus du projet de loi sur les hydrocarbures et le rejet de la tenue des élections présidentielles- avec le maintien du même gouvernement- sont les revendications des manifestants, hier, lors du 35e acte de mobilisation du Mouvement populaire et citoyen pacifique. Retour sur les faits saillants durant cette manifestation aussi grandiose que révélatrice de la détermination du peuple algérien.

Dès l’accomplissement de la prière du vendredi, les grands rassemblements ont commencé à se constituer. Un moment après, tout l’axe de la rue Hassiba Ben Bouali menant de cette esplanade vers la place Mauretania était occupé par les protestataires. La foule se dirigeait vers la Grande Poste. Au même moment, une autre imposante marche a démarré de Bab El Oued et c’est avec des applaudissements que les manifestants qui sont venus de ce quartier populaire ont été accueillis à la Grande Poste. En demandant la libération de tous les détenus en plus de la réaffirmation de leur rejet de la présidentielle du 12 décembre, les manifestants ont exprimé aussi leur refus vis-à-vis de l’adoption du projet portant nouvelle loi sur les hydrocarbures qui a été examinée par le Conseil des ministres la semaine dernière. Le 35e vendredi est notamment marqué par la formation de nouveaux carrés dédiés aux familles des détenus d’opinion et politiques, dont la liste ne cesse de s’allonger au fil des jours, vu l’appel du Comité national pour la libération des détenus (CNLD). Les manifestants ont rendu hommage aux détenus d’opinion qui croupissent toujours en prison. Leurs familles ainsi que d’autres sympathisants ont brandi, durant tout l’itinéraire de cette action de protestation, les portraits, mais aussi ceux des militants politiques comme Karim Tabbou et le moudjahid Lakhdar Bouregâa. «Libérez les détenus», ont tenu à dénoncer les manifestants, mais aussi leur opposition à la loi sur les hydrocarbures qu’ils considèrent comme un bradage caractérisé des richesses du pays. «Non à la loi sur les hydrocarbures», «Non à la loi de Finances 2020», «El Djazaïr baouha el-khaouana», «L’Algérie n’est pas à vendre», «Non aux élections de la honte», lit-on sur plusieurs pancartes brandies par les manifestants. Sur d’autres pancartes, et tout au long de l’itinéraire, les manifestants reprenaient également les mêmes slogans scandés par la rue depuis plusieurs mois, «Mettez-nous tous en prison, le peuple ne s’arrêtera pas !», «Bled bledna ndirour ayna, makanch l’vote», «Djazaïr amana baâtouha ya el khaouana (Vous avez vendu l’Algérie)», «État civil et non militaire», «Système dégage», étaient entre autres slogans scandés en chœur durant tout l’itinéraire de cette 35e marche de vendredi pour le changement. Le mouvement populaire pacifique atteint son 8e mois de mobilisation et les manifestants ont réitéré leur refus à la tenue de ces élections avec le maintien du même gouvernement. La journée d’hier a été une mobilisation révélatrice à Alger notamment où beaucoup de manifestants ont afflué vers la Capitale, malgré les nombreux barrages filtrants de la Gendarmerie nationale qui ont réduit largement le trafic des véhicules. Dans un endroit tout près de la Grande Poste, un grand rassemblement constitué exclusivement de femmes, jeunes filles et fillettes chantant et reprenant les mêmes slogans. Un autre groupe de femmes, se définissant «femmes militantes, progressistes et démocrates», s’est rassemblé à l’entrée principale de la Fac centrale. Déployant une longue banderole sur laquelle est écrit : «De la révolution à l’indépendance, personne ne peut nier le rôle primordial de la femme. Pas de révolution sans l’octroi pour la femme de tous ses droits».
Abdenour Alia