Mohamed Aïssa au colloque sur le rite malékite pour préserver les références religieuses : «Un Conseil supérieur de la fetwa bientôt mis sur pied»

Un Conseil supérieur de la fetwa selon le rite malékite sera bientôt opérationnel en Algérie, a annoncé, hier, à Aïn Defla, le ministre des Affaires religieuses et des Waqfs, Mohamed Aïssa, lors de la tenue de la 14e édition du colloque sur le rite malékite.
Cette importante déclaration sur le plan doctrinal algérien intervient à un moment où la référence algérienne en matière de fetwa est littéralement ballotée par les dogmes et les schismes qui bouleversent les familles algériennes via les chaines satellitaires arabophones spécialisées en thématique religieuse et qui risquent de balayer les référents historiques et traditionnels des Algériens en matière de religion.
Outre des universitaires algériens, d’éminents théologiens et personnalités du monde de l’islam ont été invités de 13 pays musulmans qui prennent part à ce colloque international sur le rite malékite, organisé conjointement par le ministère des Affaires religieuses et des Wakfs et la wilaya d’Aïn Defla. Des chouyoukh de zaouïa ainsi que des représentants des directions des Affaires religieuses des 48 wilayas du pays (directeurs, inspecteurs et présidents des conseils scientifiques) prennent également part à ce colloque.
La controverse wahhabite en Algérie continue à soulever des vagues, et le ministère des Affaires religieuses se trouve dans la fâcheuse posture en même temps de trouver la parade aux schismes qui éclatent ici et là, depuis quelques années, et de prémunir les Algériens contre les dogmes importés de pays qui ont une longue tradition de séditions schismatiques. Trouver le juste milieu n’est pas toujours chose facile, loin s’en faut, d’autant que le wahhabisme se trouve être en ce moment en pôle position dans la région maghrébo-sahélienne, générant des dislocations majeures.
Récemment, Mohamed Ali Ferkous, figure importante du wahhabisme en Algérie, a créé une polémique intense. Après les critiques formulées par le président de l’Association des oulémas musulmans algériens, Mohamed Guessoum, selon lequel le wahhabisme réducteur de Ferkous est un «élément de fitna», le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, Mohamed Aïssa, avait aussi fait entendre la voix officielle de l’Algérie, selon laquelle l’État combattra les «idées sectaires visant à semer la discorde et à diviser la société» qui prend place dans le débat, en tirant avec véhémence : «L’État combattra les idées sectaires visant à semer la discorde et à diviser la société en l’éloignant de la Sunna et de la Djamaâ ».
Lors du Colloque de Aïn Defla, la contribution des oulémas algériens à travers les âges à la consolidation du rite malékite a été mise en exergue dans sa portée sociale. Pour le directeur des Affaires religieuses et des Wakfs de Aïn Defla, Djilali Fkir, le colloque s’emploiera à certifier que le rite malékite répond aux défis de la vie quotidienne des sociétés musulmanes en perpétuelle mutation.
F. O.