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MENACE D’UNE 4E VAGUE DE COVID-19 : Relâchement, ce facteur aggravant

Alors que les spécialistes de la santé mettent en garde contre l’approche d’une nouvelle vague de la Covid19, notamment avec le relâchement qu’on observe dans les mesures barrières de la part du citoyen et des autorités, qui continuent le déconfinement, au moment où nous comptons environ 200 décès mensuel par ce virus. En effet, après la levée totale du confinement à domicile sur tout le territoire national, le Gouvernement a donné le feu-vert, avant-hier, pour l’ouverture des salles des fêtes, limitant leurs exploitation à seulement 50 % de leurs capacités tout en insistant sur la disposition du pass sanitaire, or que ces mesures ne suffisent pas pour éviter la quatrième vague de la covid qui frappe fort, en cette période hivernale, les pays occidentaux, surtout avec le laisser-aller enregistré dans les gestes barrières chez le citoyen à l’instar de la distanciation sociale et le port du masque ainsi que l’abstinence de se faire vacciner . Pas seulement cela, mais ce relâchement, regrettons-nous, est aussi constaté de la part des autorités officielles à commencer du plus haut responsable de l’État jusqu’au dernier, dans les hautes Institutions ( citant, à titre d’exemple, l’APN lors de la séance de vote et des débats sur le PLF22, ou bien dans la cour Constitutionnelle lors de la cérémonie de prestation de serment qui est intervenue au lendemain de la signatures par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, des décrets présidentiels portant sa composante), et dans les instances officiels, les administrations, les mairies, les wilayas, les Conseils les tribunaux, les sociétés publiques et privées, ainsi qu’aux écoles, transports publics et privé, les commerces, marchés, dans les conférences de presse en présence des autorités, et même dans les centres de police et gendarmeries qui sont sensés appliquer la loi, le respect du protocole sanitaire est malheureusement abandonné. Également, lors de la campagne électorale pour les locales du 27 novembre, les candidats à ce processus ne respectent pas le protocole sanitaire mis en place par le ministère de la Santé et l’Autorité nationale indépendante des élections. D’ailleurs son président, Mohamed Charfi, a averti, jeudi passé, contre ces conduites qui révèlent un manque de conscience. Du coup, avec ces comportements irresponsables de la part du citoyen et des autorités, nous risquons de vivre une situation encore plus dramatique de celle de la troisième vague, en enregistrant un important nombre de cas graves, surtout que le nombre de vaccinés dans la population n’a pas dépassé 5 millions et le personnel médical risque de ne pas pouvoir faire face à la situation, lui (personnel médical) qui est mobilisé depuis deux ans sans de grandes capacités matériels. Dans ce contexte, et selon le président de l’Agence nationale de sécurité sanitaire, Kamel Sanhadji, qui a alerté lors de son passage dans l’Invité de la rédaction de la Chaîne 3 de la Radio algérienne, sur une 4e vague meurtrière « seulement 20% du corps médical vacciné, idem pour les enseignants et à peine 2% chez les étudiants ». «Une situation lamentable», s’inquiète le Pr Sanhadji, qui appelle à mettre en place «le pass sanitaire». Quant à l’avis de son organisme sur la situation actuelle, il dira «l’instance vient de remettre son deuxième rapport au président de la République, concernant l’évaluation de la situation épidémiologique qui annonce la 4e vague». Le document comporte également «une étude qui démontre l’efficacité des mesures de contrôle et de confinement sur la courbe des contaminations mais aussi, les effets positifs de la vaccination sur la réduction du nombre de décès», précise le Pr Kamel Sanhadji.

Pr Nibouche appelle à agir « maintenant »
Rappelant que lors d’une conférence de presse à l’occasion de la commémoration de la Journée mondiale du diabète dimanche passé, le ministre de la Santé Abderrahmane Benbouzid, a déclaré que « l’Algérie a réussi à surmonter la pandémie lors des vagues précédentes, et nous devons nous préparer à une éventuelle quatrième vague », ajoutant que des efforts aujourd’hui visent à doubler la prise de conscience de la nécessité de se rendre dans les centres de vaccination, en particulier pour les personnes atteintes de maladies chroniques ». Outre le ministre, le Pr Djamel Dinne Nibouche, directeur de service cardiologie à la capitale Alger, a affirmé que la situation sanitaire « nous oblige d’agir maintenant » : « il faut encercler le virus » estime-t-il, proposant, lors de son passage hier sur les ondes de la radio régionale de Sétif, des solutions qui peuvent faire éviter à l’Algérie une autre catastrophe. Le spécialiste a affirmé qu’une moyenne de 5 décès par jour revient à déplorer 200 morts par mois, « ce qui est un grand nombre ». Cependant, et pour éviter davantage de décès, le Pr Nibouche mise sur la vaccination, et déplore que 13 millions de doses risquent la péremption alors que le pays se dirige, de pas fermes, vers une nouvelle vague épidémique. Cependant le médecin a indiqué qu’il a suggéré auprès du ministre de la Santé « un changement de la stratégie de la vaccination », plaidant ainsi pour l’obligation de la vaccination au sein du secteur de la santé. Ajoutant que le pass sanitaire doit également être instauré au niveau des universités et de divers endroits publics. Aussi la mise en place de centres dédiés à la réception de patients contaminés doit également se faire en toute urgence, selon le même intervenant.
Sarah Oubraham