Alger a accueilli, et elle continue à le faire, depuis plusieurs jours maintenant, un intense ballet diplomatique marqué par une valse de hauts responsables de gouvernements étrangers qui sont venus à Alger pour renforcer la coopération bilatérale et échanger autour des questions brûlantes dans un monde sens dessus dessous. L’Italie, l’Espagne, la Serbie, le Niger et la Mauritanie, pour ne citer que les derniers responsables de gouvernements européens et africains qui ont débarqué à Alger, en passant par le patron de la FIFA en attendant l’arrivée historique du pape Léon XIV lundi prochain, l’Algérie s’est retrouvée, sans forcer, au cœur de la géopolitique mondiale. En recevant ces visites, par ailleurs concluantes et fort prometteuses sur le double plan bilatéral et multilatéral, l’Algérie a réussi à tirer son épingle du jeu. Tout en restant attachée à la doctrine de sa politique étrangère basée sur la défense des causes justes, du respect de la souveraineté des États et du principe de non-ingérence, l’Algérie n’a pas perdu de vue ses intérêts stratégiques. C’est ce qui lui a valu le respect dont elle jouit auprès de ses partenaires, y compris ceux-là mêmes qui ne partagent pas la même vision du monde actuel et même du nouvel ordre international en gestation. L’Algérie le sait, tant qu’elle continuera à persévérer dans cette voie, elle s’attirera les foudres de l’ennemi. Surtout depuis que notre pays a repris intensément sa coopération avec ses voisins du Sud, comme c’est le cas avec le Niger et la Mauritanie. Pour s’en convaincre, il suffit d’observer les derniers mouvements du voisin de l’Ouest qui semble perdre la boussole au beau milieu d’un océan qui ne permet aucune navigation à vue. En effet, nous assistons, ces derniers jours, et comme par hasard, à un regain d’intérêt pour la région sahélo-saharienne. Le chef de la diplomatie marocaine, Nasser Bourita, s’est ainsi déplacé au Niger et au Mali alors que le numéro 2 des Forces royales marocaines était en Mauritanie. Qu’est-ce qui pourrait bien faire courir un pays vassal qui a bradé sa souveraineté aux puissances impérialistes dans une région qu’il avait lui-même mise sous tensions par le fait de poursuivre son occupation des territoires du Sahara occidental ? Initialement, il est question de coopération bilatérale avec les voisins. Mais au fond, le Makhzen, porté par les coups bas, cherche à empêcher la dynamique positive amorcée par le grand retour des relations de bon voisinage dans une région pour un pays qui offre ses services d’exécutant zélé des agendas étrangers occultes.
Farid Guellil







































