Ligue 1 NAHD-CRB

Ligue 1 : 740 milliards de centimes de déficit pour 10 clubs

Dix clubs sur les 16 composant la Ligue 1 professionnelle de football ont un déficit estimé à 740 milliards de centimes, selon des examens effectués par la Direction de contrôle de gestion et des finances (DCGF), tirant la sonnette d’alarme sur la situation du ballon rond en Algérie qui constitue un «gouffre financier».
«Dix SSPA ont remis divers documents comptables, cinq (05) n’ont pas encore procédé au dépôt. Une (01) n’a pas répondu malgré de multiples relances.
L’exploitation de documents des dix clubs indique que le football national est un gouffre financier. Les déficits colossaux et récurrents interpellent quant à la gestion archaïque et chaotique de la majorité des SSPA», s’alarme la Fédération algérienne (FAF) mercredi sur son site, se basant sur un bilan préliminaire établi au 31 décembre 2018.
Installée par la FAF le 3 octobre dernier sous la présidence de Réda Abdouch, la DCGF, plus connue sous l’appellation de DNCG, est composée également de Kouadri Belkacem (financier et auditeur, ancien cadre du ministère des Finances), Hamaidi Abdelhakim (ancien cadre financier), Guerza Rafik (expert-comptable et commissaire aux comptes) et Boussafer Mourad (juriste et secrétaire général de la Ligue de football professionnel). Les membres de la DCGF ont procédé à un premier travail auprès des 16 clubs de la Ligue 1 afin d’examiner, dans une première étape, la situation de ces derniers sur le triple plan administratif, comptable et respect des procédures. Selon un calendrier bien établi, les représentants des clubs ont été conviés à des séances de travail au niveau du siège de la FAF.
«De tous les clubs, un seul a mis du temps pour répondre à cette sollicitation, malgré plusieurs rendez-vous pris. Les représentants de cette SSPA ont été finalement accueillis le mardi 19 novembre 2019», a regretté l’instance fédérale.

Cotisations sociales : un seul club OK !
Outre le volet financier, la DCGF a fait un constat alarmant aussi sur la situation administrative des pensionnaires de l’élite : «Aucun club n’a respecté les dispositions des articles 34 et 35 de l’arrêté du ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS) du 01/09/2010 (organigramme) qui sont obligatoires. A l’exception de deux clubs, les documents exigés par la DCGF, repris dans l’article 15 du même arrêté, n’ont pu être fournis en totalité pour diverses raisons».
Pis encore, la DCGF a regretté le fait qu’aucun club professionnel «n’a remis la totalité des documents exigés par la DCGF et repris par les textes réglementaires. La majorité des clubs n’ont pas de bilan pour l’exercice 2018 et ce pour des raisons diverses», alors que sur le plan des obligations fiscales et parafiscales, «seuls trois clubs remplissent leurs obligations».
Evoquant l’aspect de la maîtrise des procédures, la DCGF a souligné qu’aucune SSPA de la Ligue 1 «ne maîtrise les procédures d’organisation et de délais de remise des documents ou de réunions des instances décisionnelles telles que le conseil d’administration, l’assemblée générale ordinaire ou l’assemblée générale extraordinaire».
Imposée déjà depuis quelques années pour l’ensemble des clubs professionnels, la cotisation sociale n’est assurée pour le moment que par un club, selon le rapport : «Aucune autre SSPA ne s’acquitte du paiement des cotisations sociales de ses salariés (joueurs, entraîneurs et administratifs), ainsi que des impôts directs qui en découlent (IRG), en contradiction avec l’article 5 alinéa 9 de l’arrêté du 01/07/2010 et du décret exécutif 15-73 du16 février 2015 déterminant les dispositions applicables au club sportif professionnel et fixant les statuts-types des sociétés sportives commerciales».
Enfin, la DCGF a relevé «l’incohérence» concernant la situation précise de blocage ou d’ouverture du capital social des SSPA. «Dans le cas où le Club sportif amateur (CSA) est actionnaire majoritaire au sein du conseil d’administration, il peut proposer à son assemblée générale soit la dissolution de la société (après le constat du caractère «revolving» du déficit) soit la recapitalisation de la SSPA. Or, l’article 06 du décret exécutif 15-74 de 2015 sur le CSA interdit les transferts de fonds du CSA vers la SSPA (sans avis des autorités qui financent le CSA). Il y a lieu dans ce cas de lever cette contradiction», conclut le bilan préliminaire de la DCGF.