Bendjenna 2

L’ex-officier de l’ANP, Benaâmar Bendjenna, au Forum du Courrier d’Algérie : «La vigilance est de mise au vu des menaces qui guettent le pays, notamment à ses frontières»

Animant, hier, le forum du Courrier d’Algérie, l’ex-colonel de l’Armée nationale populaire (ANP) Benaâmar Bendjenna a mis en avant la vulnérabilité des pays du Sud, voisins à l’Algérie, dépourvus de capacités à même d’assurer la sécurité de leurs frontières avec notre pays, situation qui a amené nos services de sécurité, et en première ligne l’armée, à doubler, en effort et en moyen, pour la «sécurisation  des frontières Sud du pays», pour prémunir le pays de «tout risque majeur et de toute menace» visant la sécurité et la stabilité du pays.

Abordant tout au long de son intervention, les multiples menaces persistantes dans la région du sahel, du crime organisé transnational, à l’immigration clandestine, en passant par les réseaux de trafic d’armes et drogue en connexion avec l’activité terroriste l’invité du Forum a tenu à relever que, comme fond de toile, de l’ensemble de ces questions «sont les conflits et les tensions » entre acteurs influents sur la scène internationale. Le monde assiste aujourd’hui à des guerres, conflits et tensions «géostratégiques dont les acteurs visibles ne sont pas nécessairement» a-t-il affirmé « ceux qui sont sur le terrain » d’où, ajoute notre interlocuteur, «la complexité de plus en plus de la réalité». Ce qui se passe dans la région du sahel, ou les évènements se déroulent et évoluent rapidement « de manière très complexe » la persistance de la crise libyenne et l’ampleur du phénomène de l’immigration clandestine génèrent des conséquences et des impacts « très dangereuse pour toute la région » notamment pour notre pays. l’expert et spécialiste des questions de sécurité a livré, hier, à cette occasion, une analyse, sur une « guerre stratégique » qui se déroule sur l’ensemble de notre continent africain, dont son Sahel, une guerre, dans laquelle se croisent les intérêts de certaines puissances occidentale, notamment celles déjà présente au Mali, Niger et Tchad, et de citer, la France et les états-Unis. Ces derniers dans leur course, notamment « Washington, pour contrer la percée, la présence et l’influence économique  de la chine » sur notre continent, les tensions surgissent, par «l’alimentation des facteurs de fractions » dans certains pays. Des situations de tensions, qui à titre d’exemple, avec l’effondrement de la Libye, c’est toute la partie du sahel qui s’est embrasée, suite aux évènements qu’a vécu le Mali, dans sa partie nord, précipitant l’intervention militaire française dans ce pays, qui se poursuit, à ce jour. Une intervention des forces françaises au Nord-malien, d­­­u qui, pour le spécialiste et l’expert des questions de sécurité et de politique de sécurité, « n’a pas atteint l’objectif pour lequel cette opération s’est déclenché ». Pour notre intervenant, les interventions militaires étrangères, notamment dans notre région, « compliquent davantage, une situation qui est déjà complexe », alors que l’urgence, selon lui «est de soutenir la voie de règlement pacifique des crises et tensions » et de surcroît lancer des dynamique réelles de développement socio-économique, dans les pays vulnérables, tel,le Mali.

«De multiples menaces à nos frontières»
N’écartant pas que l’Algérie est dans la ligne de mire des acteurs à l’origine des conflits et crises géostratégique, notamment celles qui « s‘opèrent au sahel » a-t-il souligné, l’invité du Forum, dira que notre pays est aussi ciblée, à cause de « ses positions de principes » sur bon nombre de question marquant l’actualité régionale et internationale. Et à l’évidence, poursuit-il, « des menaces sérieuses pèsent sur notre pays, notamment de nature sécuritaire « à travers le flux important de migrants clandestins, qui dans leurs rangs « se faufilent des trafiquants et des terroristes », soit « une menace pour le pays et sa sécurité ».
Rappelant, dans ses réponses à nos question que « certes toutes présence militaire à nos frontières dérange », le colonel à la retraite, rappelle par ailleurs, qu’en dépit de l’étendue de nos frontière et de notre espace géographique, l’Armée nationale populaire (ANP) accomplie et assure ses missions en matière de sécurisation de nos frontières, notamment dans sa lutte contre le terrorisme, ses réseaux de ramification, les trafiquants de drogue, d’armes et les passeurs de migrants. Il ne se passe pas un jour, souligne-t-il, sans que nous b’apprenions, par des communiqués des services concernés, que des arrestations de trafiquants, des démantèlements de réseaux maffieux, des saisies importantes d’armes, souvent de divers types et la mise hors d’état de nuire des terroristes ont eu lieu dans certaines régions du sud du pays. Et de rebondir pour mettre l’accent sur l’importance de « consolider le front interne », l’autre élément clé de la politique de sécurité du pays, et la préservation de sa sécurité et de sa souveraineté, passe inéluctablement, par la mise à plat « des facteurs de fraction» au sein de notre société, notamment en ces temps, rythmés par des mutations et des bouleversements que connait la scène internationale. Pour notre invité du Forum d’hier, consacré, à la portée, jusqu’à nos jours, de la Déclaration du 1er Novembre 1954, et de la Révolution du peuple algérien, pour son indépendance et la sauvegarde de sa souveraineté, notamment sur fond de l’actualité régionale et internationale, l’expert Benaâmar Bendjenna dira que de nos jours et à la lumière de ce que j’ai évoqué, plus haut «la vigilance est de mise » pour prémunir le pays des risques et conséquences véhiculés par les menaces précitées. Déplorant la persistance de la crise libyenne, qui est la conséquence directe des précipitations des évènements dans ce pays, avec l’intervention de l’Otan, le conférencier espère que les efforts en cours de l’ONU aboutissent, mais craint de voir des acteurs étrangers persister à nourrir les divergences entre les libyens.
À notre question de savoir quel rôle pour la Russie, sur le dossier libyen, notamment suite à l’insistance de Rome de voire de hauts responsables Russes prendre part à la Conférence Internationale sur la Libye, à Palerme, les 12 et 13 » novembre prochain, il indique que «Moscou et Pékin œuvrent ensemble dans bon nombre de dossier sur la scène internationale » en citant, à titre d’exemple, leur nombreux véto brandis au conseil de sécurité, sur des résolutions non en faveur de l’état Syrien. Sur la question libyenne, après avoir rappelé l’opposition de Moscou, à l’intervention de l’Otan, en Libye, notre invité n’écarte pas de voire la Russie joué un rôle différent de celui des occidentaux, , en direction de la scène libyenne. Plus loin, il n’a pas manqué d’exprimer le souhait de voir les acteurs libyens entreprendre des pas importants pour faire réussite leur dialogue interne, et dépasser leur divergences pour prémunir la Libye de sombrer et d’atteindre le point de non-retour.
Ne pouvant manquer de rappeler les évènements ayant secoué la région arabe, à travers « le printemps arabe », lequel, pour notre invité, « n’a ciblé que des République », sans dire et non pas les pays monarchiques, ces évènements relevaient a-t-il rappelé, avec pertinence « du projet du grand Moyen-Orient » qui s’est heurté, « au non effondrement de l’état syrien » ce qui a donné un autre cours aux évènements, non celui escompté, au départ de leurs déclenchement.
Karima Bennour