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Benaâmar Bendjenna à propos des tentatives de fraction de la société : «La politique sécuritaire doit reposer aussi sur la consolidation du front interne»

Face aux dangers qui guettent l’Algérie de toute part, le colonel à la retraite, Benaâmar Bendjenna a estimé, hier, qu’il faut impérativement consolider le front interne pour contrecarrer toute tentative de déstabilisation du pays.

«Toute politique sécuritaire doit essentiellement reposer sur le front intérieur», a affirmé l’expert des questions sécuritaires, lors de son intervention au Forum du Courrier d’Algérie. Pour lui, il est nécessaire d’éliminer les «facteurs de fraction» guettant la société algérienne, pour arriver à construite une société «homogène et solidaire». Reconnaissant que certains évènements politiques peuvent créer des «trébuchements» au sein de la société algérienne, l’intervenant a néanmoins considéré que le peuple «a toujours su transcender les facteurs de fraction et s’unir à travers son histoire». Autrement, la carte de la division entre les différentes composantes de la société algérienne «peut être utilisée pour déstabiliser le pays». Toutefois, le colonel à la retraite a affirmé qu’il «ne faut guère négliger les fractures au sein de la société, qui peuvent constituer une menace réelle plus grave que celle qui viendrait de l’extérieur». De surcroît, tout en précisant qu’il y a toujours des tentatives de déstabilisation, il dira qu’il est «impératif de gérer les fractures de manière à créer une société homogène».
D’ailleurs, il plaidera à consentir davantage d’efforts pour le développement des régions du sud du pays, en vue de répondre aux attentes de la population de ces régions. En effet, alors que la région connait, depuis plusieurs mois, des mouvements de contestation, Benaâmer Bendjenna n’a pas manqué d’appeler à prendre en compte les doléances des populations, notamment «des zones enclavées». Assurant, par conséquent que «la politique sécuritaire du pays porte sur une approche globale», comprenant, cite-t-il, la prise en charge des «aspects économique, social et politique. En outre, le colonel à la retraite a tenu à noter qu’il «faut tenir compte des menaces qui pèsent sur l’Algérie» et de relever que «des situations précises peuvent être le prétexte pour une pénétration étrangère». Plus précis, il dira que «la pénétration, c’est l’intervention des forces étrangères occultes, dans une région quelconque de notre pays, pour créer des conditions d’instabilité», a-t-il expliqué, en précisant que le sud du pays manque toujours de développement. «Les efforts consentis par l’État algérien, restent insuffisants», a-t-il estimé, en notant que «le terrain n’a pas été aménagé correctement pour amorcer un développement adéquat dans cette région».
«Les populations sont fragiles et les risques sont bien là pour une tentative de pénétration et de manipulation à distance», a-t-il alerté en ce sens, en rappelant la présence française au Mali et au Niger et les tensions géopolitiques entre les pays puissants, citant les États-Unis, la Russie et la Chine.
En ce qui concerne le retour des combattants de Daech en Algérie, le colonel à la retraite, a précisé que «c’est une autre menace pour le pays»; il a appelé les chargés de ce dossier «à être davantage intelligents pour intercepter leur retour», notamment de Syrie.
Lamia Boufassa