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LES TRAVAUX DE L’APN REPRENNENT DEMAIN : Débat général sur le plan d’action de l’Exécutif

Plusieurs dossiers inclus dans le Plan d’action du Gouvernement, adopté jeudi dernier, en Conseil des ministres, seront débattus demain en séance plénière de l’Assemblée populaire nationale (APN), dans un climat de tension, notamment dans les secteurs de l’Éducation et de la Santé.

Les travaux de la chambre basse du Parlement s’étaleront jusqu’à jeudi 13 février, date de la réponse du Premier ministre aux questions des députés, et du vote du plan de travail de l’Exécutif de Abdelaziz Djerad, outre le rapport de la commission des affaires juridiques, administratives et des libertés sur la validation de qualité de membre d’un nouveau député. Les parlementaires auront peut-être à se gesticuler et faire semblant d’animer un débat houleux, mais le chef de l’Exécutif, qui devrait faire valoir, du moins en apparence, la noblesse du Plan adopté et tenter d’avoir le quitus de l’APN, n’aura sûrement pas à se faire des soucis, face à cette Institution, à majorité FLN-RND, adepte de l’allégeance au pouvoir. Le débat au sein de cette Institution des plus «impopulaires», ne sera certainement pas chahuté et se déroulera dans le calme absolu pour la simple raison que les partis de l’opposition ne seront pas de la partie. Et, au final, les députés des partis majoritaires seront les seuls maîtres à bord et voteront à main levée comme les doux petits-écoliers. «Le Plan d’action du gouvernement tend beaucoup plus à servir les intérêts du régime et de sa clientèle qu’à répondre aux aspirations populaires», a soutenu, à ce propos, le premier secrétaire du FFS, Hakim Belahcel, cité par des médias.
Le RCD s’est contenté, quant à lui, de rappeler que «le parti a suspendu toutes ses activités au sein du Parlement dont il demande la dissolution». Mais loin de la composante de cette «boîte à résonnance», deux secteurs parmi d’autres qui seront examinés lors de cette séance connaissent déjà un mécontentement et une grogne qui se radicalise, notamment dans le secteur de la Santé où les paramédicaux ont déjà annoncé une grève de deux jours pour les 25 et 26 du mois en cours.
Les raisons de ce débrayage, selon un communiqué du Syndicat algérien des paramédicaux (SAP), sont dues à «l’entêtement de la tutelle» qui refuse d’ouvrir un dialogue avec le syndicat pour débattre la plate-forme des revendications qui reproche également au SG du ministère de la Santé, de travailler pour «déstabiliser» le syndicat au lieu d’apporter des solutions à leurs doléances.

La Santé et l’Éducation, deux secteurs en ébullition
«Au moment où le bureau national du SAP attendait une éventuelle rencontre avec la tutelle pour débattre de la plateforme de revendication des paramédicaux, voilà que le secrétaire général du ministère de la Santé vient de s’illustrer par un comportement indigne réincarnant certaines pratiques.
Ce dernier n’a pas hésité à fomenter une tentative de déstabiliser la direction du SAP », a dénoncé le syndicat dans le même document. La démonstration de force du personnel paramédical de la Santé intervient également dans un contexte un peu particulier dans le secteur, marqué par l’épidémie du coronavirus-apparue en Chine le mois décembre dernier- et qui a déjà fait plus de 800 morts. Et à défaut d’une communication publique efficace concernant cette maladie à transmission animale, la panique prend le dessous en dépit des tentatives de nos responsables de rassurer la population sur la pertinence des moyens déployés pour se prémunir de sa propagation, mais peinent à convaincre en raison de l’absence de structures spécialisées dans le pays. L’autre secteur en ébullition à l’heure du débat du Plan de travail du gouvernement, du reste incontestablement, est celui de l’Éducation en proie à plusieurs mouvements de grève, dans le cycle primaire en particulier.
En effet, les grèves des enseignants du primaire se poursuivent de façon cyclique, voire trois fois par semaine déclenchées depuis le 8 janvier dernier et menées par une coordination nationale. À ce titre, les grévistes ont exprimé à maintes fois l’exigence d’ouvrir un dialogue « sérieux » avec le ministre de l’Éducation afin de trouver une solution aux problèmes du secteur.
En l’absence d’une oreille attentive à leurs revendications, les enseignements du primaire font appel à des débrayages répétitifs pour faire plier la chefferie qui, elle, semble brancher ailleurs. Cette situation de blocage a fait réagir, d’ailleurs, l’Association nationale des parents d’élèves (ANPE), qui a lancé un appel aux protestataires afin de cesser la grève qui porte préjudice aux écoliers, notamment ceux qui s’apprêtent à passer les épreuves de fin de cycle. Tout en reconnaissant la justesse de leurs revendications, les parents d’élèves estiment, toutefois, qu’elles «ne doivent pas se faire au détriment du système éducatif jusqu’à mettre en péril l’avenir des élèves ». Le ministère de l’Éducation nationale qui avait pourtant qualifié les revendications pédagogiques et professionnelles des enseignants de «légitimes», n’a jusqu’à aujourd’hui ouvert aucune porte de dialogue avec les enseignants grévistes.
B.O.