Les lignes rouges

Dans les démocraties avancées, la santé des consommateurs est une ligne rouge à ne pas franchir. Elle constitue la garantie de l’État envers ses administrés. Aussi, faut-il espérer que le dossier de la pomme de terre exportée et renvoyée par des pays européens, au motif qu’elle contient trop de pesticides, soit définitivement clos. Mais clos en donnant l’information utile, tant aux citoyens qu’aux professionnels de l’information.
Le gouvernement n’en fait pas une priorité pour l’instant, et si le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, a demandé une enquête sur le sujet, c’est parce que réellement, il y a eu manquement dans la gestion des exportations. Mais avant que cela ne soit un problème économique qui écorne dangereusement le commerce extérieur, c’est surtout un problème de santé publique, et là, il y a une ligne de démarcation à respecter et à faire respecter.
Divers partenaires économiques, spécialisés dans le produit agricole et la santé des consommateurs ont évoqué un cumul d’erreurs, de dysfonctionnements et de mauvais outillages, le nombre dérisoire de laboratoires d’analyses n’étant pas des moindres.
Nous prenons aujourd’hui un virage dangereux, localement et à l’international. D’abord, il y a le marché domestique qui s’alimente en produits venant de tous les coins du pays et qui doit être contrôlé, pour éviter de nouveaux scandales liés à la santé publique ; puis, il y a une image écornée et qui demande réparation ; c’est-à-dire d’être ré-embellie par une rigueur exemplaire si l’on veut avoir une chance d’exporter hors hydrocarbures.
L’alerte a été donnée depuis plusieurs jours. Aux autorités sanitaires et phytosanitaires de démontrer que tout le mal qu’on pense d’elles est erroné.

F. O.