Staffan De Mistura

L’ENVOYÉ PERSONNEL DU SG DE L’ONU POUR LE SAHARA OCCIDENTAL PRÉPARE SA PREMIÈRE TOURNÉE DANS LA RÉGION : De Mistura en contact avec le Front Polisario et le Maroc

L’envoyé personnel du secrétaire général des Nations unies (ONU) pour le Sahara occidental, Staffan de Mistura prépare sa première tournée dans la région, a fait savoir Stéphane Dujarric, Porte-parole d’Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU. De Mistura « est en contact avec les deux parties concernées, à savoir le Front Polisario et le Maroc », a précisé le responsable onusien.

La nomination du diplomate italien, Staffan De Mistura, en tant que nouvel envoyé personnel du SG de l’ONU pour le Sahara occidental, avait été annoncée le 6 octobre dernier, par Antonio Guterres, en remplacement de son prédécesseur, l’ex-président allemand, Horst Kohler qui a démissionné, pour rappel, en mai 2019. En réaction à la nomination de De Mistura, le Front Polisario a rappelé, dans son communiqué, pour rappel, que la désignation par le SG de l’ONU de De Mistura, au poste demeurant vacant près de deux ans , «intervient à un moment où le processus de paix de l’ONU au Sahara occidental a connu, du 6 septembre 1991 au 13 novembre 2020, des développements extrêmement dangereux, car le Maroc a sapé le mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation du référendum au Sahara occidental (Minurso) » tel qu’établi, avait rappelé le Font Polisario « dans la résolution 690 (1991) du Conseil de sécurité et les résolutions pertinentes » lesquelles ont été «  torpillées par le Maroc, dans sa violation du cessez-le-feu et déclaré de nouveau la guerre au peuple sahraoui » novembre 2020. Le représentant, unique et légitime du peuple sahraoui, le Front Polisario ne cessant de réitérer que « la seule voie à suivre pour parvenir à une solution pacifique, juste et durable garantissant la décolonisation du Sahara occidental est de permettre au peuple sahraoui d’exercer librement et démocratiquement son droit inaliénable et non négociable à l’autodétermination et à l’indépendance », il rappelle que cette voie de solution au conflit qui l’oppose au Maroc, depuis 1975, date de l’invasion militaire marocaine du Sahara occidental est «  conforme à la légalité internationale et aux résolutions pertinentes des Nations unies et de l’Union africaine (UA) », s’agissant de la dernière question de décolonisation en Afrique inscrite à l’ONU et à l’UA. En sa qualité d’envoyé personnel du SG de l’ONU pour le Sahara occidental, De Mistura est chargé de « relancer le dialogue entre le Maroc et le Front Polisario » depuis sa prise de fonction 1er novembre dernier, soit après un mois de sa nomination à ce poste, par Antonio Guterres, début octobre dernier. L’envoyé personnel aura la lourde tâche de ramener le Maroc et le Front Polisario à la table des négociations pour parvenir à traduire les textes et les principes de la charte de l’ONU, notamment via les résolutions onusiennes, s’agissant d’une dernière question de décolonisation en Afrique, inscrite sur l’agenda de l’Institution onusienne et donc devant être résolue, par la tenue du référendum d’autodétermination du peuple sahraoui . La mission de Staffan De Mistura, entamée depuis sa nomination, qui pour rappel a été acceptée par le Front polisario et, seulement après plusieurs mois d’atermoiement par le Maroc, sans réussir encore une fois à bloquer sa désignation a fini par renoncé et accepté le successeur de Horst Kohler. Le responsable onusien qui entame sa tâche et mission après la reprise du conflit armé, entre le Maroc et l’armée de libération du peuple sahraoui, suite à la violation par l’armée marocaine des Accords de cessez-le feu de 1991, ne pourrait réussir sa mission, si des membres du Conseil de sécurité, persisteront à conforter le Maroc dans son occupation du Sahara occidental et ses fuites en avant dans son piétinement de la légalité internationale, notamment par la commercialisation de son projet de solution, au conflit en opposition et en violation des textes de la Charte de L’ONU et de l’UA, outre de compter sur des lobbies israéliens pour renverser la table du Conseil de sécurité sur la légalité internationale. En l’absence d’engagement effective des détenteurs du droit de Véto, dont la France, pour faire triompher la force du droit sur les caprices d’un royaume dans son occupation illégale des territoires sahraouis, depuis 1975, le Conseil de sécurité verra son rôle et ses responsabilités compromises ainsi que la mission de De Mistura.
Karima Bennour