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L’éclipse totale de la lune « séculaire » vue d’Alger : Le regard vers le ciel…

À l’instar de centaines de millions de citoyens du monde entier, les Algériens ont observé l’éclipse lunaire, au soir de ce vendredi du 27 juillet 2018. Le phénomène céleste aurait passé pour banal si ce n’est une particularité, qui plus est, est rarissime. Il s’agit de la plus longue éclipse de la Lune du 21e siècle. Ainsi, le satellite de la Terre s’est offert en spectacle pendant 103 longues minutes. L’événement a bien tenu sa promesse. Le moment était magique !
La Lune a éclos tout ce qu’elle a de beau pour ne pas porter le regard vers le ciel et profiter de ce moment. À chacun son inspiration: une révélation divine pour certains, une manifestation naturelle pour d’autres, une source d’inspiration pour les artistes et amoureux de tous bords…tout le monde a été servi.
Ainsi, l’entrée totale de la Lune sous l’ombre de la Terre s’est étendue de 20h30 jusqu’à 22h13, selon le Centre de recherche en astronomie, astrophysique et géophysique (CRAAG). Théoriquement, et selon les astrophysiciens, ce phénomène se voit possible suite à la position rectiligne du trio «Lune-Terre-Soleil».
Il y avait suffisamment de temps en tout cas pour contempler, à ravissement, l’événement. D’ailleurs, les citoyens ont eu droit à un tableau nuancé, faisant apparaitre la Lune depuis sa «nouvelle» jusqu’à sa «pleine» phase. Pour en profiter, pas besoin d’être équipé de jumelles, de lunettes grossissantes ou encore de téléscopes. Peu de monde peut s’en permettre. C’est vrai, les plus veinards, parmi les amateurs de l’astronomie, ont été gâtés à l’occasion. Les férus et amoureux des manifestations célestes, telles qu’on en observe rarement, ont eu en effet à admirer l’événement, depuis la Balade des Sablettes et l’esplanade de Riadh El Feth. Des moyens techniques ont été mis en place, respectivement par le CRAAG et l’Association algérienne des jeunes astronautes amateurs (AAJAA). Sous d’autres cieux maintenant, il suffit d’avoir une vue correcte, pas non plus besoin d’un œil d’épervier, pour admirer ce qui ne risque pas de revenir sous peu. En la circonstance, la bande littorale de la Capitale qui donne sur la Baie d’Alger a été convoitée par des dizaines de curieux.
Aux environs de 21h30, qu’ils marchent ou qu’ils mettent un temps d’arrêt, tous, ou presque, regardent vers le ciel, droit vers l’Est en se tenant face à la mer. À ce moment là, la Lune était à peine visible. Une couche nuageuse empêche de voir clair. Mais, tout vient à point à qui sait attendre ! La patience était au rendez-vous. Et puis, la fraicheur de la brise de mer est là à aider à attendre. Au fur et à mesure que les minutes passent, il devenait possible de voir le contour lumineux, mais fin, de la Lune. Pour ce faire, seule une percée d’entre deux passages de brume le permettait. Peu après, rien n’était en mesure d’empêcher l’apparition, à la grande nuit, du satellite de la Terre.À peine qu’il commence à sortir de l’ombre…les flashs luisent de partout. On peut enfin voir, mais surtout prendre des photos à partager avec ses proches, membres de la famille, ses amis. «Je vais tout partager sur facebook. Du début jusqu’à la fin», nous confie sur place un trentenaire. Il faudrait bien mémoriser le cliché, car, au risque de se tromper, une telle longue éclipse lunaire ne revient qu’un siècle plus tard. Là, vous pouvez encore attendre !
Farid Guellil