Messah

Le ministre des Affaires étrangères, Abdelkader MEssahel, au quotidien français « Le Monde » : « Iyad Ag Ghali ? Il faut interroger les Maliens et les Français !»

Dans un entretien livré au quotidien français « Le Monde », alors qu’il était en visite à Paris, le ministre algérien des Affaires étrangères a répondu de manière très claire à la question sur le raid mené par l’armée française près de la frontière algérienne contre le chef terroriste malien Iyad Ag-Ghali : « Iyad n’est pas chez nous, il figure sur une liste noire des Nations unies. C’est un chef terroriste comme un autre et nous n’avons rien à voir avec lui. Sur ce sujet, il faut interroger les Maliens et les Français.» Cette mise au point algérienne s’imposait depuis le temps que dure les insinuations, surtout de la part de ce même quotidien sur les possibles collusions entre Alger et le chef terroriste. Abdelkader Messahel a aussi répondu à la question relative à la « recomposition de la menace terroriste » au Sahel après la « défaite militaire du groupe État islamique (EI) dans la zone irako-syrienne » ; Messahal a exprimé ses appréhensions par rapport au retour des combattants : « Il n’y a pas plus dangereux que le retour de combattants de l’étranger. Nous l’avons connu au début des années 1990 quand des jeunes qui étaient allés combattre « les ennemis de Dieu » en Afghanistan sont revenus, aguerris, en Algérie. Nous avons ensuite vécu la tragédie de la décennie noire ». De ce fait, «peu de combattants vont revenir, aujourd’hui, vers l’Europe car celle-ci s’est dotée de moyens pour les en empêcher. Par contre, beaucoup vont chercher à venir vers le Sahel, car c’est dans cette région qu’ils trouveront des espaces, des sources de financement et une faiblesse des institutions ».
Comprendre par là que c’est la région saharo-sahélienne qui sera le théâtre prochainement des guerres d’usure programmées par les occidentaux. On sait depuis la guerre en Afghanistan, dans les années 1980, puis depuis l’Irak, la Syrie et la Libye, que les puissances occidentales agissent comme un aimant sur les groupes armés se réclamant de l’islam. Concernant l’allusion à Iyad Ag Ghali, pourquoi Messahel a demandé de poser la question aux Maliens et aux Français ? Parce que les maliens sont arrivés aujourd’hui à une certitude : il faut réintégrer Iyad dans le processus de paix en cours ; si ce n’est pas encore le souhait de Bamako, c’est en tous cas le souhait de toutes les fractions des mouvements de rébellion du Nord-Mali, qui, elles, connaissent le poids et la stature politique de l’homme, pour peu qu’il se désengage des liens avec les groupes djihadistes. Mais jusqu’à à point (avant le non retour), l’ancien diplomate devenu chef djihadiste était récupérable, mais Bamako s’était engagé dans un bras-de-force qui la poussé littéralement dans les bras des djhihadistes. Aujourd’hui, Iyad Ag Ghali est à la tête de la plus importante alliance djihadiste du Maghreb arabe, et certainement du Machrek, le Groupe « Nosrat al-Islam wal Muslimin », né le 1er mars 2017 de la fusion d’Ansar Dine, des forces d’Al-Qaïda au Maghreb islamique dans le Sahel, de la katiba Macina et de la katiba Al-Mourabitoune. Les chefs des groupes réunis étaient respectivement, Iyad Ag Ghali, l’émir d’Ansar Dine, Djamel Okacha, l’émir d’AQMI au Sahara, Amadou Koufa, l’émir de la katiba Macina, Abou Hassan al-Ansari, l’adjoint de Mokhtar Belmokhtar, émir de la katiba Al-Mourabitoune et Abou Abderrahman El Senhadji le juge juridique d’Al Qaïda.
F.O.