Le Maroc s’offre en spectacle à l’UA : Rabat introduit sa «baltaguia» et se voit interdit d’accès à une réunion

Depuis son adhésion à l’Union Africaine (UA) après avoir paraphé l’Acte constitutif de l’institution continentale, le Maroc s’est illustré non pas, par le strict respect des articles des textes juridiques et politiques de l’UA, mais par ses tergiversations, manœuvres et souvent par le piétinement flagrant de l’Acte constitutif de l’UA, en ciblant un de ses membres fondateurs, la République arabe sahraouie démocratique (RASD).
Après plus d’un an de son admission à l’Union africaine, Rabat s’est vue encore une fois remise à sa place, après avoir tenté d’entraver le travail de la réunion du groupe composé de 15 États membres de l’UA, dont la RASD, concernés par la consultation sur la réforme institutionnelle de l’UA. La présidente du Conseil exécutif de l’UA, la ministre rwandaise, des Affaires étrangères, a dû intervenir, samedi dernier, pour mettre fin à l’hystérie et aux provovocations de la délégation du royaume chérifien, auprès de l’UA, qui ont tenté de prendre part, par la force, à la réunion précitée. N’étant pas membres du groupe des 15 États africains concernés par l’examen des points relatifs à la réforme de l’Organisation continentale, le Maroc a encore une fois, montré, par ces manœuvres et ces pratiques, qu’il ne peut être un membre de l’UA, en harmonie avec les textes et les règles de fonctionnement de l’Institution africaine, lui qui occupe illégalement les territoires d’un autre État, membre à part entière, depuis près de quatre décennies, de l’UA. C’est dans cet espace africain, que le Maroc se heurte à la réalité incontournable, celle de l’illégalité de sa présence au Sahara occidental, depuis 1975, date de son invasion militaire des territoires sahraouis. Réalité historique outre que juridique et politique, qui n’a cessé de le rattraper, quotidiennement, dans les territoires sahraouis occupés, au sein de l’Union européenne, à travers le monde, où aucun pays ne lui reconnaît la souveraineté sur le Sahara occidental, et au sein de l’UA, depuis plus d’une année de son admission à cette Institution continentale. Le groupe des 15 États concernés par la réunion de consultation sur la réforme institutionnelle de l’UA est composé de trois pays de chaque région africaine, proposés par les cinq territoires, dont l’Afrique du nord, représentée, par l’Algérie, la RASD et l’Égypte, après avoir bénéficié de la confiance de cette région, pour être au sein du Groupe des 15. Persistant à entraver et bloquer le travail de l’UA, lors des réunions de ses commissions et de ses réunions, auxquelles y prennent part les membres de la délégation de la RASD auprès de l’UA, Rabat récidive en procédant par des pratiques de «baltaguia », dans les couloirs du Siège de l’Institution africaine, en tentant de s’introduire de force à la réunion du groupe des 15 États africains, eux seuls concernés par des consultations sur la reforme de l’UA, en vertu de la résolution 687 du dernier sommet d’Addis-Abeba. À ce rythme là, et après les précédentes tentatives marocaines similaires et en vain, pour n’en citer que la rencontre de Malabo, réunissant UA-Monde Arabe, celle d’Abidjan UA-UE, Rabat dévoile, de jour en jour, l’objectif principal de la stratégie de son admission à l’UA, qui est d’atteindre un double objectif, saper les efforts, le travail et les missions de l’UA, par le rôle qu’elle dévoile depuis son admission et de porter atteinte à la RASD, comme l’exige la politique coloniale marocaine au Sahara occidental. Mais la vigilance et la responsabilité engagés des membres de l’UA, à faire valoir l’esprit et les textes de l’Acte constitutif de l’institution africaine outre les règles de son fonctionnement ont réussi à faire échec, aux manœuvres et à l’hystérie du Maroc, notamment par la réaction du président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat, et la présidente du Conseil exécutif de l’UA, qui n’ont pas manqué, par la même occasion, de déplorer le retard accusé dans la tenue de la réunion à cause de la conduite marocaine, en violation flagrante des us et des normes diplomatiques outre des règles et du fonctionnement de l’UA. La présidente du Conseil exécutif, la ministre rwandaise des Affaires étrangères a fini par mettre un terme aux pratiques de «baltaguia» auxquelles se sont livrés les responsables du royaume chérifien, auprès de l’UA, en procédant au bout du compte, à déplacer le lieu de la réunion à une autre salle, et en renforçant les mesures sécuritaires pour interdire l’accès, à la délégation marocaine.
Karima Bennour