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Elle s’est établie à 4,6% à avril 2018 : L’inflation pourrait être plus pondérée sur 2 ans

L’analyse des attributs et des spécificités de l’économie nationale permet de conclure que le pilotage macro-économique de l’Algérie est plus facile avec de l’inflation mesurée. Ici une question s’impose ; notre gouvernement est-il capable de maintenir ou de relancer une inflation pondérée? La réponse reste difficile. Dans un monde globalisé, la concurrence entraîne une modération des prix à l’international. Le producteur national qui serait tenté de réduire ses prix artificiellement serait vite écrasé car les intrants à la production sont dans la plupart des cas importés. Les salaires sont contenus par le fort niveau de chômage, à l’exception des rares métiers en tension où les salaires montent, mais cela ne suffit pas à contrôler le moteur de l’inflation. Dans le contexte actuel de l’économique nationale, tous les Algériens, agents économiques en tête, se plaignent du manque de liquidités monétaires ce qui n’est pas de nature à encourager le mouvement d’achat d’actifs. Mais qu’en est-il de l’inflation pour cette année ? À ce fier aux données rendues publiques par l’ONS, l’évolution de l’indice des prix à la consommation en rythme annuel (IPC) s’est établie à 4,3% jusqu’à avril 2018. Dans le langage économique on désigne cette situation par inflation positive. La plupart des analystes parlent d’inflation conjoncturelle, d’ajustement nécessaire de compétitivité, mais certains économistes sont d’avis que nous sommes en fait entrés dans une période d’inflation ou que nous sommes menacés d’y rester longtemps. Ils estiment que d’autres indicateurs que l’IPC seraient nécessaires pour en juger, par exemple l’indice des prix à la production. Quels sont les gains et les risques associés à l’inflation Globalement, on admet qu’en économie une hausse régulière mais modérée du niveau général des prix est l’objectif principal des politiques monétaires. De ce point de vue, une progression annuelle de l’inflation de l’ordre de 2 % peut être considérée comme une cible optimale. Une inflation modérée offre plusieurs avantages : elle permet aux entreprises d’ancrer leurs anticipations de hausses des prix à moyen et long terme. Le caractère prévisible de ces dernières est favorable à la prise de décision d’investir car il réduit l’incertitude sur les revenus futurs engendrés par l’investissement. Cela encourage par ailleurs les ménages à placer leurs excédents de liquidités plutôt que de les thésauriser ou de les conserver sur leurs comptes bancaires. À défaut, l’érosion monétaire réduirait le pouvoir d’achat de leur épargne. Une inflation mesurée contribue donc à assurer l’équilibre entre le niveau d’épargne et le niveau de l’investissement sans lequel les taux d’intérêt s’orienteraient à la hausse, limitant ainsi les projets d’investissements des entreprises. Une inflation modérée permet également de contenir les taux d’intérêt bancaires à des niveaux peu élevés, puisque la Banque d’Algérie qui fixe les taux d’intérêt directeurs n’a pas besoin de restreindre les conditions de crédit pour atteindre son objectif de politique monétaire. Ceci est favorable à la croissance économique car les ménages et les entreprises peuvent emprunter à des conditions financières incitatives, tant en termes nominaux (le niveau des taux d’intérêt) que réels (le niveau des taux d’intérêt diminué de l’inflation).

L’inflation suivra une courbe baissière sur 2 ans
Il est vrai qu’à 4,6% de taux d’inflation on est encore bien loin de ce qui a été prévu dans la loi de finances 2018 à savoir 5,5%. Or le rythme dégressif de cette inflation n’est pas encore à la hauteur de stimuler la compétitivité des prix des produits fabriqués dans le pays par rapport aux produits fabriqués à l’étranger.
En effet, les prix des produits domestiques deviennent plus élevés que les mêmes produits fabriqués à l’étranger pour une qualité bien inférieure, la demande étrangère reste à son plus bas niveau (baisse des exportations) alors que la demande interne pour les produits étrangers augmentesans cesse (hausse des importations). Une inflation non maîtrisée (une inflation est dite démesurée ou non maîtrisée si elle dépasse les 3%) consolide l’incertitude quant au niveau futur des prix. Aussi, les entreprises adoptent des comportements prudents en matière d’investissement car la rentabilité de ceux-ci est difficile à anticiper. La trop forte inflation risque donc de réduire les investissements productifs et donc le potentiel de croissance. Cette situation pénalise les ménages algériens car leurs salaires ne sont pas indexés sur la hausse des prix. Les algériens subissent une perte de pouvoir d’achat qui les amènera à court terme à réduire leur consommation ou à limiter leur épargne pour maintenir leur niveau de vie. Pour le cas de l’Algérie et compte tenu de la stagnation enregistrée au niveau de l’évolution des prix du marché et du faible niveau de fluctuation des prix à l’international, il est permis de soutenir que le taux d’inflation connaitra une tendance baissière jusqu’à 2020.
Zacharie S Loutari