Violence dans les stades

Le football algérien victime de violence verbale et physique : Pourrissements à tous les niveaux…

Le football algérien est en train tout simplement de toucher le fond. Non seulement le niveau de notre championnat est des plus faibles, ce sport roi dans le pays est en train de faire parler de lui dans le mauvais sens.

La guerre des tranchées est venue ainsi en rajouter une couche. Le président de la JS Saoura Mohamed Zerouati qui a écopé, dimanche, d’une suspension de six mois par la commission d’éthique de la FAF, est monté au créneau pour remettre en cause la légitimité de l’élection de Kheïreddine Zetchi à la tête de la FAF en mars 2017. «Ce qui m’a intrigué, c’est que je n’ai pas été convoqué ni devant la commission de discipline ni devant la commission d’éthique pour m’auditionner. C’est bizarre qu’on prenne une décision sans entendre l’intéressé », a-t-il expliqué. Pour Zerouati, il s’agit d’un véritable « complot » : « Nous sommes ciblés par un complot car on ne veut plus des gens qui travaillent. La JSS dérange. Je peux aller très loin dans mes propos pour dire que le président de la FAF Kheireddine Zetchi a été élu de manière illégitime», a-t-il lâché, promettant au passage de ne jamais se taire, quelle que soit la réaction des décideurs. Rappelons que Zerouati avait écopé d’une suspension de six mois de toute fonction liée au football, et ce, suite à ses propos mettant en cause l’intégrité de l’arbitrage lors d’une conférence de presse animée le 23 septembre dernier. En fait, il s’agit d’un énième épisode du genre. Les déclarations fracassantes ont souvent marqué la scène footballistique nationale, un phénomène qui s’ajoute à d’autres qui sont en train de ternir l’image de notre football. C’est le cas de la violence qui frappe à chaque fois les stades de football en Algérie et qui a pris une proportion très inquiétante d’autant plus qu’elle intervient en début de saison. Pas plus tard que samedi passé d’ailleurs, l’on a tout simplement frôlé le drame au stade de Bordj Bou-Arréridj à l’issue du match perdu par l’équipe locale contre le MCA. Des violences similaires se produisent régulièrement à travers les stades d’Algérie, mais elles ne sont pas médiatisées. Ces comportements devraient interpeller la FAF et le ministère de la Jeunesse et des Sports à l’effet de mener des actions pour juguler cette violence qui fait peur. En ce sens, la FAF et la Ligue de football professionnel sont appelées à durcir les sanctions contre la violence. En plus des campagnes de sensibilisation, les sanctions à l’encontre des fauteurs de troubles et les instigateurs à la violence doivent être durcies davantage. Au début de cette saison, la LFP et la FAF avaient haussé le ton en rappelant à l’ordre les dirigeants de club qui, à travers leurs déclarations incendiaires, incitaient à la violence. Mais depuis quelque temps, la FAF et la LFP ont fermé les yeux sur plusieurs cas d’où cette recrudescence de la violence. La violence verbale de certains dirigeants et présidents de club est derrière le comportement dangereux de certains supporters. Par ailleurs, le ministère de la Jeunesse et des Sports avait annoncé que des caméras de télésurveillance allaient être placées dans tous les stades d’Algérie. Un projet relégué aux calendes grecques, étant donné qu’à ce jour, ces caméras ne sont pas installées et les auteurs de la violence ne sont pas inquiétés. Au train où vont les choses, l’on craint d’assister à des crimes dans nos stades, comme ça été le cas du joueur camerounais de la JSK qui avait péri lors d’un match de football au stade de Tizi-Ouzou dans un certain été de 2014.
Hakim S.