Ouyahia

Le dossier auto sous le gouvernement Ouyahia : Retour sur les péripéties d’un casse-tête

-Le 21 décembre 2018 : Pour une première déclaration publique sur le dossier, le Premier ministre Ouyahia a tapé fort. «Il n’y aura pas 50 producteurs de véhicules légers ou lourds. La liste sera très limitée. C’est un marché qui va être rétréci et qui sera monopolisé. Nous comptons sur ceux qui sont sur place pour tenir la barre», a-t-il indiqué lors de l’ouverture de la Foire de la production algérienne (SPA). Dans un message à peine voilé adressé aux opérateurs dans le montage de véhicules déjà en place, le Premier ministre délimite le terrain à l’investissement. «Dans l’avenir, vous serez cinq (5) pour l’automobile et cinq (5) pour les camions», a-t-il tranché.

- Le 25 février 2018 : Mustapha Abdelkrim, Conseiller au cabinet du ministre de l’Industrie et des Mines, relance la polémique sur le dossier de l’automobile. «L’État a décidé de mettre de l’ordre dans le secteur automobile. On commence d’abord la réorganisation et l’encadrement du marché des concessionnaires, en passant à l’encouragement de l’investissement et l’intégration de la sous-traitance. L’objectif de l’État ce n’est pas le montage automobile mais celui d’asseoir une véritable industrie du véhicule», a-t-il indiqué au micro de la Radio nationale Chaîne 3.

-Le 5 mars 2018 : Lors des Journées techniques sur la sous-traitance véhicule (JTSV), tenue à l’hôtel El Aurassi, le ministre de l’Industrie et des Mines, Youcef Yousfi, a interpellé les industriels de l’automobile en activité dans le pays. Une réaction qui intervient sur les prix élevés pratiqués sur les véhicules, pourtant fabriqués localement. «Nous avons demandé à l’ensemble des constructeurs locaux de nous remettre les prix. Ces prix seront affichés et l’État veille à ce que les prix des véhicules montés localement ne soient pas supérieurs à ceux importés», a-t-il souligné dans ses propos qui renvoient aux nouveaux cahiers des charges en préparation dans le domaine. Un rappel à l’ordre qui s’impose d’autant plus qu’il s’agit de recadrer les constructeurs sur les objectifs attendus par l’État. «Notre objectif n’est pas le montage des véhicules, même s’il constitue un jalon nécessaire d’apprentissage. Mais, la participation active au processus de fabrication avec une intégration progressive est une condition sine-qua-non du succès de l’implantation et du développement pérenne de l’industrie automobile», a estimé Y.Y.

-Le 14 mars 2018 : Dix jours après, le ministère de l’Industrie et des Mines a tenu sa promesse. En effet, le département de Yousfi a publié la liste des prix de sortie d’usine des marques de véhicules relevant des quatre industriels installés dans le pays.

- Le 15 mars 2018 : la société mixte franco-russe, Renault-Nissan, basée en Russie, a annoncé avoir arraché l’accord des autorités algériennes pour l’approvisionnement de l’usine Renault d’Oued Tlilat (Oran) de kits destinés au montage automobile.

- Mi-mars : une campagne de boycott des véhicules fabriqués en Algérie est lancée sur la toile. Intitulée «Khelliha T’seddi» (Laisse-la se rouiller), cet appel a fait le buzz et a été largement diffusé sur les réseaux sociaux en Algérie. Le motif ? La cherté des prix des véhicules «Made in bladi».

-Le 3 avril 2018 : l’ambassadeur des États-Unis en Algérie, John Desrocher, au cours d’une entrevue avec le ministre de l’Industrie et des Mines, Y. Yousfi, a exprimé l’intérêt de son pays au marché de l’investissement automobile national. À plus forte raison que «les entreprises algériennes et américaines ont beaucoup de choses à faire ensemble pour promouvoir le partenariat bilatéral», a-t-il indiqué, en assurant de la volonté des compagnies américaines à venir investir en Algérie, notamment dans l’industrie automobile.
-Le 15 avril 2018 : les Douanes nationales ont rendu public les chiffres inhérents aux importations des kits destinés au montage automobile concernant la période janvier-février 2018. Ainsi, la facture d’importation des collections CKD/SKD pour véhicules de tourisme et de transports personnes/marchandises s’élève à 449,1 millions de dollars contre 219,5 millions USD pour la même période de 2017. Un montant qui a doublé, soit +104%.
Synthèse F.G.